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vendredi 9 mai 2014

Mulhouse, capitale créative du monde

L’association Old School et l’office de tourisme lancent un concours de créativité afin de valoriser l’image de la ville. Trois visuels seront ainsi déclinés en produits dérivés et dévoilés lors du passage du Tour de France en juillet prochain.

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La boutique de l’office de tourisme de Mulhouse s’associe dans cet appel à création à la Vitrine de l’association Old School, afin de décliner des visuels 100 % mulhousiens.

Jusqu’au 1er juin, les boutiques de la Vitrine de l’association Old School et de l’office de tourisme de Mulhouse et sa région organisent un concours de créativité, afin de réaliser des produits locaux véhiculant une image osée et décalée de Mulhouse. « En déménageant dans ces nouveaux locaux, avenue de Colmar, nous avons pu mettre à disposition du public un espace convivial et surtout une boutique qui compte 1 000 références à ce jour », explique à ce propos le directeur de l’office, Guillaume Colombo. De fait, on y trouve du vin d’Alsace, quelques biscuits, du textile et des cartes postales. Si les marques alsaciennes sont bien présentes, comme Avenue d’Alsace ou Bretzel Airlines, point de produits mulhousiens en dehors d’un carré signé Pierre Fraenkel.

À quelques pas de là, la Vitrine de l’association Old School regorge pourtant de produits créés par des artistes et artisans locaux : livres, disques, décoration accessoire et textile… On y trouve d’ailleurs trois tee-shirts signés Hugues Baum (« Le Petit mulhousien », « Mulhouse c’est pas pour les Mickeys » et « Mulhouse Tetris ») qui seront désormais également en vente à l’office. « Mais trois tee-shirts ne suffisent pas, il en faudrait des dizaines pour que l’on en croise à tous les coins de rue de la ville », s’enthousiasme le président de l’association Old School, Jean-Luc Wertenschlag – d’où cet appel à la créativité locale, avec le leitmotiv suivant comme fil conducteur : « Mulhouse, capitale créative du monde ». Une phrase audacieuse, qui est en fait un mix du slogan de l’office et de celui d’Old School. Les instigateurs de l’opération espèrent en effet qu’elle suscitera des créations originales et décalées.

À Paris, Mulhouse, c’est le goulag

Trois visuels seront en tout cas sélectionnés le 2 juin par le comité de sélection. Ils seront ensuite édités en souvenirs mulhousiens pour le passage du Tour de France le 13 et 14 juillet prochains. Tous les artistes auront deux exemplaires de chaque objet ainsi que 10 % hors taxe des ventes. Le 1er prix sera de surcroît doté de 300 €. Les critères de sélection ? L’originalité, la créativité, le pouvoir évocateur et la subjectivité artistique… Mais si seuls trois visuels sont retenus pour cette première édition de souvenirs, il n’est pas exclu que les deux ou trois visuels suivants soient édités plus tard… Il s’agit en priorité de répondre à l’échéance du passage du Tour de France.

« Je reviens de quelques allers-retours à Paris et pour eux, Mulhouse, c’est le goulag , exagère volontiers Denis Scheubel. À nous de montrer aux secrétaires trilingues parisiennes, à qui il faut doubler le salaire pour les faire venir ici, qu’on a du savoir-faire. Et si on le souhaite, on peut le faire savoir. »

S’INSCRIRE

Envoyez vos propositions graphiques en haute qualité (aux formats Jpeg, Ai, Psd ou Indd avec liens) à concours@danslavitrine.com avant le 1er juin.

(article paru le 09/05/2014 dans le quotidien régional L'Alsace - www.lalsace.fr)

Texte et photos : Dom Poirier

vendredi 20 décembre 2013

Noël : des idées cadeaux cocorico

Quitte à être un peu chauvin et à jouer les Arnaud Montebourg qui auraient troqué la marinière contre un T-shirt « Mulhouse c’est pas pour les Mickeys », voici quelques suggestions de cadeaux 100 % locaux (ou presque) à glisser sous le sapin.

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Le t-shirt d'Hugues Baum : pour tous ceux qui ont Mulhouse dans la peau (photo Dom Poirier)

Une première idée cadeau avec deux créations dont on est fans à la rédaction : les T-shirts « Mulhouse c’est pas pour les Mickeys ! » et « Le Petit Mulhousien » (déclinaison locale du célèbre logo du Petit Marseillais) signés du graphiste mulhousien Hugues Baum.

Ces T-shirts, on les trouve à la Vitrine, 53, avenue Kennedy à Mulhouse. Cinq cents nouveaux exemplaires viennent d’être produits « par une entreprise locale d’insertion » , précise Jean-Luc Wertenschlag, le boss de la boutique associative « des créateurs et des créatures ».

Coupe homme et coupe femme en tailles diverses, version pour enfants, coloris divers (selon les modèles, noir, bleu, orange, rouge)… Chacun devrait pouvoir trouver chaussure à son pied ou plutôt T-shirt à son buste. Tarif ? 18 € pièce. Et rappelons que la Vitrine regorge d’autres créations made in Mulhouse ou dans les parages, qui sont autant d’autres idées sympas de cadeaux cocorico.

Pierre Fraenkel à la carte

Youpi, Pierre Fraenkel a concocté deux nouvelles séries de 16 cartes postales ! « Elles rassemblent tous les boulots que j’ai faits en 2013 » , explique-t-il. Et l’année a été particulièrement riche pour l’artiste mulhousien : invitations dans divers festivals et centres d’art contemporain, forte présence aussi dans sa ville (évoquons par exemple son « Toutakou tu me regardes » apparu en œuvre murale rue de la Moselle)… Ses cartes sont en vente à la Vitrine, 53 avenue Kennedy, 20 € la pochette de 16. Avec un beau bonus : un badge « J’peupa G piscine ».

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Joan continue de creuser ses sillons

Chaque année, le dessinateur de BD Joan ouvre son atelier et propose des objets uniques, étonnants et surtout très rigolos à des prix toujours contenus. Cette année, dans sa production foisonnante, on a remarqué des vinyles sérigraphiés sur le mode des fameuses pochettes Lucie in the skeud , à 15 €. Le tirage est de 50 exemplaires numérotés et dédicacés et on peut les acheter directement chez Joan, au 31, passage des Lauriers (Cité manifeste) à Mulhouse.

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(extrait du Journal L'Alsace du 20 décembre 2013 • www.lalsace.fr)

jeudi 31 octobre 2013

Média /// Radio Huningue, c'est dingue !

Le saviez-vous ? Radio Huningue, c’est dingue. En fait, saviez-vous qu’il y a une radio locale à Huningue ?

Radio Huningue, c’est tout neuf. Ça vient de sortir, ou presque. Depuis lundi, et jusqu’à aujourd’hui 11 h, une quinzaine d’enfants participent à l’atelier radio mis en place par le Forum des jeunes durant les congés scolaires. L’atelier radio fonctionne en partenariat avec l’association Old School, de Mulhouse, qui assure la coordination pédagogique de l’animation. Vanesse Viera, Christophe Schwob et Nicolas Nafzinger encadrent l’atelier radio web avec le MNE (Mulhouse Net Expérience). Et travaillent en vrais pros avec des jeunes qui ont tout à apprendre.

À Huningue, les jeunes ont choisi le skate parc comme thème de leur émission. Ils réalisent tout, depuis le jingle jusqu’aux micros-trottoirs. « À Huningue, le matin à 10 h, ce n’est facile de faire des micros-trottoirs. La plupart des personnes que les jeunes ont interrogées étaient des retraités, qui ignoraient tout ou presque de la pratique du skate », explique Vanesse Viera.

Faire une émission de radio n’est pas facile. Les jeunes en ont fait l’expérience. Il faut travailler sa voix, son intonation. Trouver un jingle. Ici, on a fait rimer Huningue avec dingue. Avec meringue aussi. « C’est beaucoup d’écriture » , complète Lucie Yahiaoui, responsable des ados au Forum des jeunes.

« Après, on réalise le montage. Une fois l’émission validée par les partenaires, en l’occurrence le forum jeunes, on pourra l’écouter. » Elle sera alors mise en ligne sur le site de la Ville de Huningue, Radio MNE et sur Facebook.

(article paru le 31/10/2013 • www.lalsace.fr • par Nicole Grentzinger)

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Comme dans un vrai studio d’enregistrement, avec du matériel de pro. Photos N.G.

jeudi 3 octobre 2013

Sortir avec... Muriel Hasse-Collin

• Une terrasse l’été, un bar embué l’hiver, tu vas où les yeux fermés ?

Les terrasses de la place de la Réunion, sans préférence, juste pour un moment ensoleillé ! Une place qui manque peut être un peu de verdure cela dit. Le bar où je vais les yeux fermés c’est le Gambrinus, qui allie amitiés, convivialité, mixité avec une qualité d’accueil et musicale. J’ajouterai l’Aventure, pour ses concerts réguliers, de qualité et surprenants.

• Ton plat préféré et dans quel restaurant ?

Je n’ai pas vraiment de plat préféré et j’aime découvrir des plats et des cuisines d’origines variées. Je choisis d’aller soutenir l’ouverture du nouveau restaurant convivial Hoto en face de la caserne Lefebvre, comme je passe un moment de qualité à La table de Michèle, rue de Metz.

• Météo, Bêtes de scène, Festival auto, Scènes de rue, Fête de l’oignon… tu vas où, t’évites quoi ?

Avant tout, je mettrais en avant La Vitrine, boutique des créateurs & créatures, projet Old school dans lequel je m’investis depuis sa création. La pétanque électro, Scène de rue, les Jeudis du parc, Météo…

• Si tu étais le maire de Mulhouse, tu changerais quoi pour faire bouger la ville ?

Je n’ai aucune envie d’être le maire de Mulhouse. Mais je pense que pour faire bouger la ville, il faut bouger soi-même ! Par mon investissement associatif et artistique, je contribue à la dynamisation de Mulhouse et à sa diversité de projets artistiques et culturels. Quand je vois tous les commerces fermés dans le centre-ville, je me dis qu’il y a un potentiel de surfaces d’expressions artistiques qui pourraient faire l’objet de cartes blanches à la création locale qui est nombreuse à Mulhouse…

(interview parue dans le quotidien régional L'Alsace le 3 octobre 2013 • www.lalsace.fr)

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Muriel Hasse-Collin, designer • atelierdartmobile.free.frwww.lalsace.fr

mercredi 25 septembre 2013

La jeunesse se fait entendre sur les ondes

Radio campus, MNE (Mulhouse net expérience) et la web radio Éponyme font leur rentrée. Les deux premières viennent d’installer un nouveau studio dans les bouillonnants locaux de Motoco, à DMC, et toutes les trois préparent trois semaines intenses et créatives de radio en FM, du 5 au 27 octobre.

À l’heure où internet rebat les cartes en matière d’information et donne du fil à retordre à beaucoup de médias traditionnels, la radio, elle, tire son épingle du jeu et fait preuve d’une remarquable vivacité. À Mulhouse en particulier où pas moins de trois stations diffusent de la musique ou des émissions, la plupart du temps sur internet, en marge des grands réseaux nationaux.

Pilier de ces nouvelles pratiques radiophoniques : Radio campus. La radio étudiante vient même de se payer le luxe d’embaucher un salarié en CDI, dans le cadre des emplois d’avenir, dont la mission sera de développer la station. « Nous revendiquons le fait d’avoir un pied dans l’université et un pied dans la cité ! », note Michael Horn, le président de Radio campus. « Notre vocation est d’être un média curieux et de proposer des choses que l’on n’entend pas ailleurs. » Des curiosités, il devrait y en avoir en pagaille, du 5 au 27 octobre, dans le cadre des « Trois semaines de la FM ». Une opération pendant laquelle Radio campus, mais aussi MNE (Mulhouse net expérience) et la web radio Éponyme s’associeront pour diffuser – une fois n’est pas coutume – sur la bande FM, sur la fréquence 107.5. Expérience de radio trinationale

Au cours des deux premières semaines, on entendra de la musique bien sûr (avec l’émission Impuls’rock qui passe du hard et du metal ; la Session Coca mélangé spécialisée dans le hip-hop, le reggae ou le freestyle ou encore des plages réservées à la musique électronique, minimaliste ou expérimentale). Des émissions de société aussi, autour de la politique notamment, ou des temps d’antenne réservés aux étudiants étrangers de Mulhouse, ainsi qu’une intrigante émission « cul… turelle » qualifiée de « lubrico-ludique » !

Pendant la troisième semaine, la créativité radiophonique prendra une dimension internationale puisque des jeunes gens de radios suisses et allemandes viendront se joindre aux Mulhousiens pour proposer une expérience inédite, collective et multiculturelle.

Cette dernière semaine se terminera par une soirée gratuite au Noumatrouff, le vendredi 25 octobre, avec les groupes Ya-Ourt, CypherSucht, Claudio Capéo, London Nebel et Tr3lix, issus de la Regio. Ensuite, du samedi 26 octobre à midi au dimanche 27 à midi, la parenthèse radiophonique se refermera sur une expérience unique. Au Nummer Sieben, chez l’artiste culinaire mulhousien Ben, cinquante casques diffuseront des créations sonores du monde entier. Le public pourra s’allonger dans des sofas pour participer à l’expérience. Quant aux créateurs de sons, ils peuvent s’inscrire sur le site leplacard.org

L’objectif de ces trois semaines de FM, pour les stations locales, est de décrocher le Graal : une fréquence, pas seulement pour quelques jours, mais sur plusieurs mois au moins, sur la bande FM. Toutes espèrent que l’aventure radiophonique éphémère saura convaincre le CAT (Comité territorial de l’audiovisuel), déclinaison locale du CSA, qui attribue les fréquences radios.

En cette période de rentrée, toutes les stations recrutent de nouveaux animateurs ou techniciens tentés par l’aventure. « Il ne faut surtout pas avoir peur de venir. La radio est un média accessible à tous. Le plus dur, c’est d’arriver à aimer sa voix ! » , conclut-on chez Radio campus.

PARTICIPER
Réunion pour les personnes intéressées par la radio, le premier mardi de chaque mois, à 18 h 30, au bâtiment 75 de DMC.

SE RENSEIGNER
Sur les sites internet des radios : radiocampusmulhouse.fr ; radiomne.com et www.radioeponyme.com/la-radio

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'' Antoine Ledermann, de l’association Old school, Jules Roques, embauché depuis trois mois en CDI dans le cadre des emplois d’avenir par Radio campus, et Michael Horn, le président de Radio campus, dans le studio situé à l’université de la Fonderie à Mulhouse. Photo É.C.''

(article paru dans le quotidien régional L'Alsace le 25 septembre 2013 • www.lalsace.fr)

jeudi 29 août 2013

Des images et du souffle

Mardi en fin d’après-midi, les locaux de la Vitrine, 53, avenue Kennedy à Mulhouse, ont été envahis par les amateurs d’images et les amis de Darek Szuster, photographe à L’Alsace , pour le vernissage de son exposition.

Avec en prime, un mini-concert du saxophoniste et clarinettiste belge Joachim Badenhorst. Trois séquences brèves, suspendues dans la moiteur du lieu, offrant un aperçu des prouesses du souffleur, en quête de sonorités pleines et enveloppantes. On le retrouvera samedi, à 12 h 30, à la chapelle, au sein du trio Baloni avec Pascal Niggenkemper (contrebasse) et Frantz Loriot (viol. alto).

Quant à l’exposition des photographies de Darek Szuster autour de la voix et du saxophone, elle est visible à la Vitrine jusqu’au 21 septembre. Une sélection de 16 photographies qui sont autant de souvenirs pour les fidèles du festival.

(article paru dans le quotidien régional L'Alsace le 29 août 2013 • www.lalsace.fr)

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C’est la première fois que Joachim Badenhorst se produit en solo à Météo. Photo Dom Poirier

vendredi 23 août 2013

« Une palette visuelle qu’aucune autre musique ne peut offrir »

Le photographe Darek Szuster doit beaucoup au festival Météo, ex-Jazz à Mulhouse. Il expose une sélection d’images à la Vitrine, jusqu’au 21 septembre.

Choisir 16 images parmi 20 ans d’archives, ou presque. Entre Darek Szuster et le festival, c’est une vieille histoire. Spectateur passionné de Jazz à Mulhouse depuis le début des années 1990, le photographe d’origine polonaise a trouvé là de nombreux amis, dans les premières années de son exil volontaire en France. « J’ai découvert le festival d’abord musicalement, puis très vite, je l’ai couvert pour faire des photos. » Darek Szuster est entré dans la grande famille de Jazz à Mulhouse où il a trouvé, à travers Paul Kanitzer, l’ancien directeur du festival, ses collègues photographes Philippe Anstett et Pascal Bichain, Minouche Lagarde, toute l’équipe de bénévoles, des frères et sœurs de musique, d’images et de fête. « Je me suis senti bien d’emblée dans cette équipe… Il y a beaucoup de bienveillance et au fil des années, les liens se sont renforcés. »

La photographie lui a permis aussi d’entrer dans cet univers de l’improvisation qui n’était pas le sien. « J’écoutais plutôt des groupes punk ou rock à l’époque… Grâce à la photo, je me suis accroché à cette musique qui offre une palette visuelle qu’aucune autre ne peut offrir, explique-t-il. La liberté qui l’accompagne, la générosité rend tout très expressif. Les gestes, les attitudes des musiciens sont les prolongements de la musique. Ils vont jusqu’au bout d’eux-mêmes, c’est très corporel, une sorte de danse avec l’instrument. J’ai toujours essayé de capter ce moment d’acmé dans un morceau, quand on est au bord de la rupture. J’essaie de sentir l’instant où on bascule dans une autre dimension et je déclenche. Il y a une sorte de contrat tacite entre les musiciens et les photographes, une grande proximité, que ce soit pendant les balances, où on photographie plus librement, ou pendant les spectacles. Toutes ces années, j’ai passé la plupart du temps l’œil dans le viseur. Même s’il m’arrive de ne déclencher que trois ou quatre fois, j’écoute ces concerts comme si je regardais un film, de très près et en format 24/36… C’est le milieu le plus convivial que j’aie jamais trouvé. »

Dans la sélection d’images qu’il a accrochées à la Vitrine, des moments d’extase, des yeux clos et des bouches qui expriment le cri, des photographies qui traduisent le très intime, mais aussi ces moments de grâce où les musiciens semblent ailleurs, sur une autre planète, totalement libres et disponibles, tout à la musique qui s’invente là, entière et éphémère. En contrepoint au couple presque charnel du musicien et son instrument, le photographe présente quelques clichés où on voit une harpe, une contrebasse, une clarinette basse esseulées, abandonnées, après avoir tout donné pendant le concert. Capter l’émotion

« Ces images sont assez simples, plutôt old school ! Je ne cherche pas la composition compliquée, ce qui m’importe, c’est de capter l’émotion. J’ai toujours envie de partager cette intensité-là. Et les musiciens nous font de vrais cadeaux. Ils utilisent parfois des objets inhabituels, basculent souvent dans l’irrationnel. » Il y a le plaisir intense qu’on peut prendre à ces concerts qui sont autant de partitions inédites, mais aussi l’ouverture que cette musique apporte en général : « Au-delà de la musique improvisée, ce festival a ouvert pour moi d’autres horizons, dans ma manière de voir l’art en général, quelle que soit la discipline… »

Y ALLER

Vernissage le 27 août à 18 h, agrémenté d’un mini-concert du saxophoniste Joachim Badenhorst. Expo visible jusqu’au 21 septembre à la Vitrine, 53, avenue Kennedy à Mulhouse.

(article paru dans le quotidien régional L'Alsace le 23 août 2013 • www.lalsace.fr)

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Darek Szuster expose ses images à la Vitrine. Photo Denis Sollier

lundi 19 août 2013

Mulhouse, impressions sur t-shirts • par Hugues Baum

Mulhouse, impressions sur ...

Le graphiste mulhousien Hugues Baum interprète à sa façon le thème « Mulhouse, impressions sur… » et s’en explique.

« Vitrine publicitaire avec ses gros logos de marques ou afficheur d’opinion ? Pour moi, le T-shirt, ce basique de la mode, est un magnifique support donné aux graphistes pour s’exprimer et faire voir leur travail. C’est pourquoi j’ai déjà créé deux T-shirts pour l’association Old School, qui gère La Vitrine, deux détournements de logos – Le Petit Mulhousien et Mulhouse c’est pas pour les M, référence à une souris très connue… J’ai aussi l’impression, par là même, d’inscrire mon travail dans l’histoire textile de ma ville. Quel plaisir de voir, au détour d’une rue, sa création portée par un parfait inconnu ! Voilà pourquoi, pour moi, c’est Mulhouse, impressions sur… T-shirt ! Et, vous êtes déjà nombreux à le savoir, les meilleurs T-shirts made in Mulhouse sont en vente à La Vitrine, 53 avenue Kennedy à Mulhouse. »

Carte blanche aux Mains nues

''Chaque lundi, nous consacrons une page à l’œuvre d’un artiste du collectif mulhousien Les mains nues. Ce collectif élargi à une vingtaine de membres a été fondé pour valoriser la création mulhousienne à travers ces publications régulières.

Les artistes – illustrateurs, photographes, peintres, graveurs… – qui se succèdent dans cette page se sont donné une contrainte, que leur œuvre concerne Mulhouse, et un thème de travail, en l’occurrence « Mulhouse, impressions sur ».''

Article paru dans le Journal L'Alsace du 19 août 2013 • www.lalsace.fr

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mardi 23 juillet 2013

Graffitis et géométrie à la Vitrine

Exposition /// Graffitis et géométrie à la Vitrine

Depuis le 16 juillet, des graffitis ont investi les murs de la Vitrine, à Mulhouse. L’artiste, Yrak, de son vrai nom Lucas Stroeble, aspire à se faire connaître des Mulhousiens.

« J’aime bien tout ce qui est graphique » , explique Yrak, l’artiste de 21 ans. L’ancien carreleur de mosaïques, reconverti à plein-temps en graffeur, expose les graffitis futuristes qu’il a créés avec l’aide d’un ami, à la Vitrine, à Mulhouse, jusqu’au 17 août.

« J’ai voulu réutiliser le sens premier du graffiti autrement dit l’art de la lettre, détaille le Mulhousien. Tout en utilisant des objets qui étaient destinés à la poubelle ».

Membre du collectif TVC, Tu vois comment, créé entre autre par son frère Sven, Yrak a développé son propre style, comme les six autres graffeurs.

« Il s’agit de faire du graffiti un courant d’art à part entière, surtout que parmi les jeunes Mulhousiens on a du potentiel » , évoque Yrak. Cette exposition est un pas de plus dans la découverte de cet art de la rue, longtemps critiqué et considéré comme du vandalisme.

Samedi, au cours du vernissage, il réalisera une œuvre en direct et soumettra ses graffitis aux regards critiques des visiteurs.

Y ALLER Jusqu’au 17 août. Du mardi au vendredi de 10 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 19 h ; le samedi de 10 h à 19 h. Entrée gratuite. Vernissage samedi 27 juillet à 18 h.

Aurélie Albert

(article paru le 23/07/2013 dans le quotidien régional L'Alsace • www.lalsace.fr)

Yrak

Yrak, jeune Mulhousien de 21 ans, expose pour la première fois à la Vitrine, à Mulhouse, ses graffitis entre ancienne école et futurisme, et ce jusqu’au 17 août.Photo Denis Sollier

lundi 8 juillet 2013

La Vitrine passe à la télé !

Pour la dernière émission "Secret Déco" sur Alsace 20 avant les vacances, Caroline Boeglin visite le gîte tout blanc de Patricia, Quetsche et Mirabelle à Ichtratzheim. Focus spécial sur un lieu unique: La Vitrine Old School à Mulhouse, idéal pour dénicher un objet déco made in Alsace.

Emission du 25 juin 2013 :

www.alsace20.tv/VOD/Art_de_vivre/SecretDeco

ALSACE20

Initiative /// La com’ aussi peut être sociale et solidaire

À l’initiative de l’association Old School, une agence de communication sociale et solidaire s’est créée à Mulhouse. Elle rassemble une palette de talents (graphistes, rédacteurs, photographes…) et s’adresse à un public qui n’a habituellement pas recours à ce genre de service.

D’un côté, des graphistes, rédacteurs, web-designers, photographes, vidéastes… Des gens capables de concocter un dossier de presse, un site web, des affiches ou des flyers dignes de ce nom, voire de monter un événement de A à Z.

De l’autre, un public – associations ou organismes entrant dans le champ de l’économie sociale et solidaire – qui communique peu, pas du tout ou mal. Et qui n’a habituellement pas recours à des agences de communication classiques. « Soit parce qu’il n’en a pas les moyens, soit parce qu’il est trop éloigné de ce monde-là » , résume Vanessa Viera.

Membre de l’association mulhousienne Old School (qui gère, entre autres, la Vitrine, boutique de créateurs locaux ou encore radio MNE), Vanessa a coordonné ce projet innovant, qui vise à mettre en contact les « talents » et ceux qui ont besoin d’eux pour mieux communiquer. Ainsi est née L’Agence de communication sociale et solidaire (un nom qui a le mérite de la clarté !), une agence de com’ pas comme les autres, associative et sans but lucratif. « Les prestations sont accessibles ou peuvent se faire sous forme d’échanges de services » , précise la coordinatrice.

Avec le soutien du Fonds social européen

À l’origine de cette agence, on trouve un projet soutenu par le FSE (Fonds social européen) à hauteur de 17 000 € et pour lequel ont été définis « un profil de prestataires et un profil de projets à soutenir » , explique Vanessa Viera. Parmi ces derniers, au nombre d’une dizaine, citons le Studio du loup (un studio mulhousien d’enregistrement) pour qui les talents de l’agence ont constitué un dossier de presse ; la marque de vêtements Paccidi, créée par un jeune Nigérian de Bourtzwiller ; ou encore l’AS Coteaux handball… Autant de structures qui n’auraient jamais eu les moyens de s’offrir les services d’une agence de communication. Grâce au FSE, elles ont bénéficié de celle créée par Old School.

Mais, lancé en octobre dernier, le projet s’est terminé officiellement le 30 juin. Et désormais, l’Agence de communication sociale et solidaire doit voler de ses propres ailes. Et donc se faire connaître.

Pour cela, elle avait rassemblé, le 27 juin dernier, les talents qui la compose et invité des associations et des institutionnels du secteur, tout cela dans une salle située au premier étage du restaurant Ô Hot Pot, avenue Kennedy, à Mulhouse, à deux pas de La Vitrine. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard, car il s’inscrit dans les services proposés par l’agence. « C’est une salle pour l’instant inoccupée, mais qui peut accueillir des événements » , explique Sylvain Freyburger, rédacteur indépendant, que l’on connaît bien à L’Alsace pour faire souvent appel à sa (bonne) plume. Membre de l’Agence, il a rédigé un petit texte de présentation pour cette salle. « Histoire que les gens sachent qu’elle existe et que sa location n’est pas très chère. »

Une vitrine pour les talents

Pour les personnes comme Sylvain, l’Agence de com’façon Old School est un moyen de se faire connaître, notamment grâce à la vitrine offerte par son site internet. « C’est un autre but de l’agence : nous accompagnons des gens qui se trouvent dans des situations à risque ou qui sont en insertion professionnelle » , ajoute Vanessa Viera. Mais chacun, au sein de l’Agence, demeure libre et indépendant. « Et ceux qui ont bénéficié des services de l’Agence peuvent aussi devenir des prestataires. »

La toute première réalisation de l’Agence a été celle d’un petit journal sur le Marché des créateurs, premier du nom, qui s’est tenu mi-juin sur la place Franklin. Et, parmi les projets en cours, figure la création de nouvelles cartes de fidélité pour les clients du restaurant solidaire La table de la Fonderie. « Il s’agit de changer de stratégie de communication pour coller au projet de La table », explique Vanessa Viera. Et faire des cartes que les clients bénéficiant du tarif « solidaire » n’aient plus honte de dégainer… La com’ sociale et solidaire, c’est ça !

SE RENSEIGNER

L’Agence de communication sociale et solidaire, 53, avenue Kennedy à Mulhouse. Tél. : 03.89.33.11.11. Mail : info@old-school.fr. Site internet : http://lagence.old-school.fr

Hélène Poizat (article paru dans le quotidien régional L'Alsace le 08/07/2013 • www.lalsace.fr)

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Une partie des talents de l’agence sociale et solidaire, avec Jean-luc Wertenschlag (4 e en partant de la gauche) et Vanessa Viera (1 re à gauche) de l’association Old School . Photo Darek Szuster

dimanche 30 juin 2013

Edition /// Pas de crocodile dans le jardin de Lili, Gaspard et Zéphir

Le Mulhousien Gilles Baum vient de publier avec le dessinateur Thierry Dedieu deux albums chez Gulf stream éditeur, le début d’une longue série.

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La collection devait s’appeler Contre nature. Finalement, l’éditeur a opté pour La nature te le rendra. Conçue pour de très jeunes lecteurs, cette collection a pour ambition de sensibiliser les enfants au respect de la nature sans se prendre la tête… C’est-à-dire à travers des petites histoires simples et ludiques et pleines de bon sens.

Les deux premiers volumes sont parus. J’ai adopté un crocodile conte les déboires d’un petit garçon tout content de promener son bébé crocodile dans la poche de son polo et qui finit par ne plus gérer la présence de cet hôte toujours plus encombrant, au point de finir par lui servir… de dîner.

Le deuxième ouvrage de la collection, Un Mur sur une poule, commence comme une jolie comptine, une poule sur un mur qui picote du pain dur… et s’achève dans l’univers cauchemardesque des élevages en batterie.

Rencontre avec Dedieu

Gilles Baum, Mulhousien de naissance et Kingersheimois d’adoption, père de famille nombreuse, caressait l’envie depuis longtemps déjà d’écrire des livres pour les enfants. « Ça a commencé avec mon métier d’instituteur. J’ai découvert toute la richesse de la littérature jeunesse, ça m’a donné envie de m’y mettre. » Plus tard, il y a eu la naissance de Gaspard, puis Zéphir, puis Lili. Un trio de dévoreurs de livres à la maison.

Et puis, il y a eu la rencontre avec un auteur-illustrateur fétiche de Gilles Baum, Thierry Dedieu. « J’avais emmené mes élèves à une rencontre à la médiathèque du Drouot, on avait lu notamment l’un de ses titres devenus un classique, Yacouba. » Ce bel album paru en 1994 est régulièrement réédité et trône dans toutes les bonnes bibliothèques enfantines. Depuis, l’auteur a sorti deux autres ouvrages pour former une trilogie.

« J’ai adoré le graphisme, la simplicité des textes, la force expressive des dessins… Et depuis cette rencontre, j’ai des échanges réguliers avec Thierry Dedieu, j’ai fini par lui proposer des textes. »

Le réseau de l’auteur reconnu dans le monde de l’édition a fait le reste. Gilles Baum a d’autres idées pour poursuivre la collection, sur la consommation hors-saison, la destruction des arbres en Amazonie…

D’autres projets sont nés. En septembre sortira un ouvrage intitulé Un Royaume sans oiseau.

« L’écologie est un thème qui revient tout le temps, constate-t-il, le monde de l’enfance, les animaux et la nature sont très liés. » Il suffit, pour s’en rendre compte, de voir avec quelle application Lili, 4 ans, arrose les radis… Gilles Baum a la fibre verte, mais ne veut pas, surtout pas, être « pédagogique ». « J’essaie de procéder de façon ludique, quand j’ai une idée, je cherche à l’expliquer de façon décalée aux enfants. »

RENCONTRER

Gilles Baum sera à la Vitrine (53, avenue Kennedy à Mulhouse) pour présenter ses livres le 3 juillet à partir de 15 h 30 (Collection « La nature te le rendra », 11 €).

Frédérique Meichler

(article paru dans le quotidien régional L'Alsace le 29/06/2013 • www.lalsace.fr)

jeudi 2 mai 2013

Une journée Old School à La Vitrine

Assemblée générale, pique-nique, ateliers en tout genre, spectacle et speed-dating solidaire : l’association Old School a investi hier La Vitrine, boutique dédiée aux créateurs mulhousiens.

Que faire un 1er Mai ? L’association éducative et culturelle mulhousienne Old School s’est dit que c’était un bon jour pour faire parler d’elle. Et quoi de mieux que d’organiser son assemblée générale devant les locaux de sa Vitrine, 53, avenue Kennedy, à 11 h, alors que passent plus de 1500 manifestants…

Lors de cette AG, un peu bruyante, il a donc été question de transformation de l’immeuble dans lequel elle réside : avancement des travaux à la cave, où se trouvera prochainement la webradio MNE, petits changements dans la boutique La Vitrine et mise en place d’ateliers de création dans différents appartements. « Le but est de faire à terme un vrai immeuble créatif », remarque le directeur Jean-Luc Wertenschlag. Et de la créativité, hier, il y en avait à tous les étages. Des ateliers pour créer des badges ou des tee-shirts uniques, peindre sur les murs – les enfants s’en sont donné à cœur joie avec des feutres spéciaux – ou encore des projections de vidéos, dans un petit cinéma aménagé dans un appartement.

Au milieu de tout ça, les participants à cette journée ont pu avoir un petit aperçu, en avant-première, du futur spectacle de l’humoriste mulhousien Pierrick Wybrecht, J’veux pas travailler. Après son premier succès Métro, boulot, Mac Do, cette satire sur les avancées technologiques et la télé promet de sacrés fous rires. Enfin, après un speed-dating solidaire, où l’on pouvait faire la connaissance de différents talents mulhousiens (graphistes, photographes, vidéastes, rédacteurs) prêts à venir vous aider à réaliser vos projets, la journée s’est terminée par un petit apéro.

Et comme cela bouge toujours à La Vitrine, le dessinateur Laurent Lolmède y sera en dédicace aujourd’hui, à 17 h 30. Au préalable, grâce à Old School et à Vincent Vanoli, il aura participé à une visite dessinée du zoo avec des collégiens du Saint-Exupéry à Mulhouse. Enfin, vendredi à 18 h, ce sera – toujours à La Vitrine – le vernissage de la nouvelle expo de l’artiste mulhousien Johanny Melloul (voir notre page Mulhouse à Mains nues du lundi 29 avril dernier).

G.L.

Y ALLER

La Vitrine, 53, avenue Kennedy à Mulhouse.

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Les enfants étaient ravis : pour une fois, ils pouvaient dessiner sur les murs sans se faire gronder. Photos Darek Szuster

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De nombreux artistes étaient présents pour animer différents ateliers. Photos Darek Szuster

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Un public chanceux a découvert en avant-première une partie du nouveau spectacle de Pierrick Wybrecht. Photos Darek Szuster

(article paru le 2 mai 2013 dans le quotidien régional L'Alsace • www.lalsace.fr)

Diptyques artistiques d’un épicurien

Portrait /// Sébastien Bozon photographe de presse

Diptyques artistiques d’un épicurien

Mulhousien d’adoption, mais Parisien de naissance, le photographe de presse Sébastien Bozon expose encore cette semaine une série de diptyques à la « Vitrine » de Mulhouse. L’occasion de découvrir un artiste au parcours atypique qui alimente régulièrement nos éditions notamment dans la rubrique sportive…

Est-il tombé dans un bain de révélateur ou pire de fixateur ? Difficile à dire. En tous les cas Sébastien Bozon, du haut de ses 35 printemps avoue avoir toujours eu ce rapport très particulier à la photo… photo dont il a fait son métier après ses études aux Beaux-Arts à Mulhouse.

« J’ai démarré dans un laboratoire avant de prendre un boîtier en main »

C’est par hasard qu’il a embrassé la carrière de photographe de presse. « J’avais décroché un travail de laborantin à l’agence de DNA de Mulhouse. Ca m’a conduit à travailler à la rédaction en tant que correspondant essentiellement sur la locale et aux sports », raconte le photographe.

Les rencontres mais aussi son propre parcours lui ont forgé son style.

« J’ai eu la chance de travailler avec des professionnels qui m’ont apporté leur regard sur mon travail. Les six années aux Beaux-Arts ont aussi aiguisé mon approche de la prise de vue, du cadrage. J’ai longtemps pris des photos pour moi en soirée comme au Noumatrouff… Je faisais un travail très graphique. De là m’est venue cette envie de montrer ces clichés et de les associer par deux, je trouvais que cela fonctionnait assez bien. Les deux images mises côte à côte font émerger une troisième piste de lecture et donne ainsi une autre approche de l’image d’origine », raconte-t-il.

Chaque photo a sa propre histoire

Depuis 12 ans maintenant il parcourt la région. Depuis six ans, il travaille essentiellement pour l’AFP, l’Agence France presse. Il collecte des milliers de photos avec une conviction : « Ce n’est pas la peine d’aller au bout du monde pour faire du beau sujet ». Pour cette exposition, il a fait un choix d’une vingtaine de clichés, pris dans la région et mis en duo. « Des diptyques (96 x 32,5 cm) qui ne répondent à aucune règle en particulier ou alors juste à mon envie. Certains sont narratifs, d’autres figuratifs. Chaque photo a sa propre histoire à raconter et l’association des deux raconte autre chose ».

Si Sébastien Bozon vit de son métier, de sa passion, il est lucide et sait qu’il fait partie des quelques privilégiés pouvant vivre de ce choix. « Cela fait douze ans que je tisse un réseau. J’ai jusqu’à dix employeurs (Le Parisien, Le Matin, Le Monde, le Moniteur, Le Parlement…). Mais il ne faut pas se voiler la face, c’est un métier en pleine mutation tout comme la PQR (presse quotidienne régionale) ».

Exposition photo de Sébastien Bozon à la Vitrine, 53 avenue Kennedy à Mulhouse. Ouvert du mardi au samedi de 11 h à 19 h ( ✆ 0 389 331 111). Entrée libre.

Alain Cheval

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Le photographe mulhousien Sébastien Bozon expose une partie de son travail à la Vitrine. Photo DNA – A.C

(article paru dans les DNA le 02/05/2013 • www.dna.fr)

lundi 15 avril 2013

Création et fabrication maroquinerie artisanale - Pièces d’exception

Pétillante et fourmillante d’idées, Julie Camille conçoit depuis un an des sacs et des pochettes en cuir véritable, sur la base de ses propres patrons.

Parisienne d’origine, c’est à Toulouse qu’elle acquiert son savoir-faire. Après un premier diplôme Métiers de la mode et de l’industrie connexe, elle décroche un bac professionnel « Artisanat et métiers d’art, option tapisserie d’ameublement ». Durant un an, à Londres, Julie Camille apprend à voler de ses propres ailes, découvre un pays où «on apprend à se libérer dans sa façon de s’habiller» et elle s’amuse d’une mode avant-gardiste. Avant de se mettre à son compte, cinq années passent… Durant ce laps de temps, elle conseille ses client (e) s au sein de Maisons de France en Allemagne. L’opportunité et sans doute aussi l’envie de voir s’animer les croquis qu’elle continue inlassablement de crayonner poussent la jeune femme à franchir le pas. Ephélide, sa marque de fabrique ?

Un clin d’œil à ses jolies taches de rousseur

Le défaut signe le véritable cuir. Essentiellement de veau mais aussi de vachette et parfois d’agneau, de chèvre et d’autruche, transformer le cuir «c’est juste un régal», affirme t-elle. Il est parfaitement possible de travailler cette matière noble entièrement à la main cependant, pour ne pas trop alourdir le temps de fabrication et le prix de vente de ses sacs et autres accessoires, elle s’appuie d’une machine à coudre triple entraînement. Et de rapporter l’anecdote suivante : «C’est avec cette même machine que j’ai appris mon métier. Je l’ai racheté à mon ancien maître d’apprentissage qui vient d’arrêter… à 76 ans.» De ses années passées auprès de lui, elle apprend notamment qu’ «il ne faut pas chercher un cuir sans défaut car c’est celui-ci qui caractérise le vrai cuir».

Soucieuse de respecter une certaine éthique, Julie veille à exercer son art en minimisant son impact sur l’environnement. Quant aux peaux utilisées, elles proviennent uniquement de tanneries françaises dont, principalement, celle de Strasbourg. Perfectionniste et minutieuse, ses créations se caractérisent par les formes, les tailles, les coloris ou encore les détails.

Aujourd’hui à Illzach

Les occasions de rencontrer la maroquinière sont peu nombreuses car son atelier et son domicile sont basés à environ 150 km de Mulhouse, de l’autre côté de la frontière. Bonne nouvelle, elle est présente aujourd’hui dimanche à l’exposition Talents d’Elles à Illzach ( voir aussi page 45 ).

Créations à découvrir à la Vitrine, 53 avenue Kennedy à Mulhouse. Autre exposition le 5 mai, marché du terroir et de l’artisanat à Saint-Cosme (près de Dannemarie).

Contacter Julie Camille au 06 75 14 82 06 ; www.alittlemarket/boutique/ephelide_maroquinerie.

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Elégants, intemporels et fonctionnels, les sacs de Julie Camille sont tous des pièces uniques. Commandes possibles. PHOTO DNA

(article paru dans les DNA le 14 avril 2013 • www.dna.fr)

dimanche 7 avril 2013

Les confrontations photographiques de Seb Bozon

Le photographe de presse mulhousien Sébastien Bozon expose une série de diptyques à la Vitrine jusqu’au 20 avril. Des associations d’images dont naissent de nouvelles histoires.

Pour cette exposition à la Vitrine, le photographe Seb Bozon s’est inspiré de la théorie du réalisateur Eisenstein « 1 + 1 = 3 », reprise plus tard par Godard, selon laquelle deux images en produisent une troisième. En associant des images fixes qui n’ont rien à voir entre elles (lieux, sujet, focale…), il fait émerger une troisième voie de lecture et donne ainsi une autre approche de l’image d’origine.

Après des études aux Beaux-Arts, le Mulhousien a pris la voie du reportage de presse. Depuis 13 ans, il parcourt la région et le monde pour la presse régionale et depuis six ans essentiellement pour l’AFP, l’Agence France presse. Des milliers de clichés qu’il a ramenés, dont beaucoup ont été publiées dans le Top shots de l’AFP, il en a choisi 16 pour les transformer en huit diptyques (96 x 32,5 cm). « Certaines sont narratives, d’autres figuratives. Il y a ce que peut raconter chaque photo individuellement et ce qu’elles racontent l’une à côté de l’autre. Il y a une association, loin d’être laissée au hasard qui fonctionne » , confirme Seb Bozon.

De la chasse au crocodile dans les Vosges à un reportage sur l’Aïd à Mulhouse en passant par des clichés drôles ou surprenants pris en Allemagne, en Suisse ou en Espagne, ces confrontations d’images prennent sens par leur construction, leur lumière ou leur pointe d’humour.

Une approche esthétique de la photo

À travers son travail, le jeune homme revendique une approche esthétique de la photographie de presse. « Il ne s’agit pas seulement de ramener une image publiable. La photo de presse correspond à une vision, à des choix , estime-t-il. Avant, je proposais mes sujets et on me payait pour ça, c’était facile. Désormais, je travaille aussi sur des sujets que je n’ai pas nécessairement envie de proposer à une agence de presse, sans pour autant savoir ce qu’ils deviendront. »

Y ALLER
Exposition photo de Sébastien Bozon, jusqu’au 20 avril à la Vitrine, 53, avenue Kennedy à Mulhouse. Ouvert du mardi au samedi de 11 h à 19 h. Tél. : 03.89.33.11.11. Entrée libre.

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Le photographe mulhousien Seb Bozon n'a pas laissé place au hasard dans le choix des images associées (photo François Torelli)

(article paru le 06/04/2013 dans le quotidien régional L'Alsace • www.lalsace.fr)

dimanche 3 mars 2013

Dans l’atelier de… Muriel Hasse-Collin, designer textile

 Dans l’atelier de… Muriel Hasse-Collin, designer textile Avec son Atelier d’art mobile (qu’elle écrit en un mot), Muriel Hasse-Collin distille ses créations textiles qui mêlent des images désuètes et des couleurs acidulées.

Article paru le 03/03/2013 dans le quotidien régional L'Alsace • Texte et photos : Dom Poirier

Situé proche du tribunal de grande instance à Mulhouse, le logement de Muriel Hasse-Collin et de sa petite famille fait également office de show-room. En montant les escaliers, on découvre déjà une partie de son travail avec des toiles imprimées inspirées de ses collages, textiles ou papiers. Au premier étage, la cuisine et la salle de bain sont largement ornementées de mosaïques. « J’en réalise également pour des collectivités ou chez les particuliers, intégrant parfois des objets personnels » , illustre l’artiste.

La vie en « appartelier »

La décoration est haute en couleur, affichant au fil des créations l’évolution de son travail. Nappes, coussins, horloges, toiles, rideaux… le salon n’est pas épargné. Un salon qui accueille une machine à coudre et un bel ordinateur où Muriel traite ses photographies. « Je prends mes propres images pour le travail de couleurs et de textures. Je fais des gros plans de nature, de fruits, etc. Pour ce qui est du collage proprement dit, je le réalise à l’étage, dans mon atelier. » La demeure est vaste, mais l’espace est légitimé par la présence de trois enfants et d’un joli stock de tissus et de papiers imprimés en tout genre. « Je me suis fait maudire à cause du poids des cartons lors de notre déménagement à Mulhouse », s’amuse-t-elle, face à cet amas de matières premières.

Si le duplex de Muriel Hasse-Collin est intimement lié à son atelier, c’est que la créatrice a voulu mêler vie de famille et création textile. « Depuis que les enfants sont plus grands, je me consacre presque entièrement à mon atelier d’art mobile » , explique la designer textile. Un concept (qu’elle écrit : Atelierdartmobile) que Muriel a créé il y a huit ans pour animer des ateliers d’arts plastiques pédagogiques auprès des enfants. Des ateliers portés par quelques structures de la Ville de Kingersheim. « Nous avons réalisé de nombreuses fresques avec des enfants de 9 mois à 12 ans ainsi que leurs parents » , se remémore-t-elle, enthousiaste.

De nouvelles collaborations

Avide d’émulation artistique, Muriel aime s’entourer d’autres créateurs. Elle a débuté en 2010 en réalisant une série de Petits cahiers avec l’illustratrice Fanny Delqué. Elle poursuit avec Estelle Specklin et sa marque de vêtement Poupet Pounket en fabriquant des kits de robes à faire soi-même. Puis elle illustre les nouvelles érotiques de la sulfureuse Lucie Lux. Il en découlera également une gamme de badges disponibles à la Vitrine, comme beaucoup de ses créations.

Aujourd’hui, elle travaille avec Ferni, un jeune créateur aussi brillant qu’insolant. « Il est super créatif du haut de ses 20 ans et je le conditionne un peu » , tempère Muriel. Elle crée d’ailleurs le merchandising de son groupe les Enfants modèles. Mais elle ne compte pas s’arrêter là, car elle a déjà en tête de collaborer avec Lili Aysan ou encore Clémentine Martinez. Quand la machine est en marche…

SE RENSEIGNER

Sur le site internet de Muriel Hasse-Collin : atelierdartmobile.free.fr

L'OBJET

Le pouf aux fruits

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Installés au village pro des Eurockéennes de Belfort depuis deux ans, les poufs aux fruits de Muriel Hasse-Collin se sont également illustrés l’été dernier sur le trottoir de la Vitrine, à Mulhouse. Muriel en a réalisé 16 exemplaires en utilisant des gros plans de rhubarbe, de mirabelles, de framboises, de myrtilles et de cerises givrées. Elle y a associé des images de baigneuses ou de pin-up des années 50, son sujet de prédilection.

Le pouf est utilisable en intérieur et en extérieur. Les motifs sont imprimés sur microfibre anti-UV et lavables d’un coup d’éponge. La structure est en polystyrène expansé, spécialement réalisée par une société haut-saônoise (avec une densité de 30 kg au mètre cube, pour être précis). Comptez 280 € pour le 50/60/60 cm et 500 € pour le 120/50/60 cm. En vente à la Vitrine.

Parcours Formation

Collégienne, Muriel Hasse-Collin se vouait à une carrière de restauratrice d’œuvres d’art. À 19 ans, elle entre à la Haute école des arts du Rhin (Hear, anciennement le Quai), à Mulhouse, en section design textile. Deux ans plus tard, elle revient à ses premières amours en suivant un Deug d’histoire de l’art à Strasbourg. En 1994, Muriel termine son cycle de cinq ans à l’école mulhousienne des beaux-arts. En fin de cursus, elle découvre l’univers des créateurs de motifs d’impression à Paris. « C’est un milieu très dur, exigeant et mal payé. Il est même fréquent de voir dans le commerce des motifs qui nous ont été refusés » , justifie l’artiste. En parallèle, avec son époux Jean-Damien Collin, ils créent la fédération Hiéro Colmar, avant de s’installer durablement à Mulhouse.

Aujourd’hui

À l’origine de la Vitrine, la boutique des créateurs locaux de l’association Old School (avenue Kennedy à Mulhouse), Muriel travaille régulièrement en tant que bénévole, vendant parfois ses propres créations.

samedi 2 mars 2013

Plus loin que le bout de son nez

Cernay : Au lycée du Bâtiment

Plus loin que le bout de son nez



« Les Français sont arrogants », « les femmes ne peuvent pas faire les mêmes choses que les hommes », « les blondes sont bêtes », « les hommes sont machos »… Dans le cadre du Mois de l’Autre, l’association TEJE organisait lundi des ateliers contre les clichés au lycée du Bâtiment à Cernay.

Repas libanais , chaînes télévisées du monde entier, réseau internet mondial… à une époque où se qui se passe de l’autre côté de la planète est accessible, on constate malgré tout un repli sur soi, une folklorisation des identités culturelles, une dominance de la pensée unique.

L’association strasbourgeoise « Travailler Ensemble Jeunes et Solidaires » TEJE (qui signifie aussi tisser en espagnol) a été sollicitée par Sandrine Kalt, professeur de la classe de 1ere TAE (technicien assistant architecte et économiste) et Hélène Trzebiatowski dans le cadre du Mois de l’Autre, pour proposer un atelier contre les préjugés et les clichés.

Les jeunes ont été amenés à définir un cliché, à prendre conscience de leur existence et du mécanisme qui aboutit à ce que nous en ayons.

Débat mouvant

Ils ont eux-mêmes écrit des clichés qui les dérangent et par le biais d’un débat mouvant, ont appris à argumenter : pour ou contre une idée, ils devaient se positionner à droite ou à gauche de la pièce, mais les indécis avaient aussi la possibilité de se placer au centre, dans « la rivière du doute » et de changer de place au fur et à mesure du débat.

« Les Français sont arrogants » : « les touristes le disent souvent quand ils sont à Paris ! » « Paris n’est pas la France, ici ce n’est pas vrai ».

« Les filles ne peuvent pas travailler dans le bâtiment et faire comme les hommes » : « elles n’ont pas assez de force » ; « Plus besoin d’autant de force aujourd’hui pour travailler dans le bâtiment, il existe des machines et des études ont prouvé que les femmes sont plus résistantes ».

« Les barbus sont des terroristes » : « c’est TF1 qui le dit » ; « moi je connais des barbus qui ne sont pas terroristes… »

Les jeunes ont découvert les mécanismes du stéréotype et combien plus un stéréotype nous touche de près, plus il est difficile de se focaliser sur la réalité des choses. Le but de ces ateliers : développer son esprit critique, raisonner et prendre conscience de la diversité. Un mécanisme peut être plus naturel dans une grande ville que dans une petite commune périurbaine. Un travail qui ne manquait pas de pertinence.
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(article paru le 08/03/2013 dans les DNA • par Michèle Marchetti • www.dna.fr)

jeudi 28 février 2013

Exposition /// De la fantaisie dans le monde guindé des mots

D’abord connu pour ses messages collés sur les panneaux d’affichage public, Pierre Fraenkel les immortalise sur des toiles à découvrir actuellement à La Vitrine, la boutique associative des créateurs mulhousiens, ainsi qu’à l’Entrepôt. Les toiles sont conformes au minimalisme des affiches : un message noir qui saute aux yeux sur un fond blanc, avec une calligraphie maintenant familière aux Mulhousiens…

S’agit-il de slogans, de poésie, de messages personnels ? Une chose est sûre, l’œuvre de Fraenkel n’a d’équivalent ni dans la rue, livrée aux injonctions publicitaires et aux indications utilitaires, ni dans votre salon. Un « Prout Prout » qui s’étale sur une grande toile, qui va oser l’accrocher dans son intérieur douillet ?

« I nid you »

Il y a bien sûr des messages moins directs, mélanges incomparables et immédiatement identifiables de jeux de mots et de fautes d’orthographe façon SMS, aboutissant à de savoureuses collisions de sens. Les doubles sens franco-anglais et amoureux, comme « I nid you » ou « I love you tout », semblent inspirer tout particulièrement l’artiste. Fraenkel décline actuellement son style d’ateliers d’écriture en commandes institutionnelles, sans jamais perdre de vue la rue, son espace de création primordial.

Sur des toiles de tous formats, sur des cartes postales et photos « in situ » et même sur des sachets en papier personnalisés, ses créations sont à croquer sous toutes leurs formes, dans tous les recoins de La Vitrine.

Y ALLER

Micro-exposition de Pierre Fraenkel jusqu’au 12 mars à La Vitrine, 53 avenue Kennedy à Mulhouse. Du mardi au samedi de 11 h à 19 h.

Sylvain Freyburger



Vous les avez aimés dans la rue ? Retrouvez les bons mots de Pierre Fraenkel dans votre salon.

(photo Sylvain Freyburger)

(article paru dans le quotidien régional L'Alsace le 27/02/2013 • www.lalsace.fr)

dimanche 10 février 2013

Premier de bordée

Portrait Jean-Luc Wertenschlag

Premier de bordée

Premier de cordée bordélique et infatigable sherpa des contre-cultures bollwerkiennes, Jean-Luc Wertenschlag n’aime rien tant qu’inoculer des idées alternatives et connecter des gens autour de projets. Son but, changer le monde depuis Mulhouse – rien que ça – à condition de ne pas tomber dans la routine. Et de garder trois longueurs d’avance sur les institutions.

Le Zorro associatif c’est lui, qui signe d’un Z qui veut dire W. À la ville comme à la campagne, Jean-Luc Wertenschlag traverse le monde en coopérateur désintéressé comme une terre à défricher puis à transmettre. Là où d’autres se résignent et pensent que tout a été fait, il « plante des graines à droite à gauche, puis passe l’arrosoir ».

« J’ai mis longtemps à comprendre qu’en politique quand on disait oui, ça voulait dire : ‘‘Va te faire foutre’’»

La vocation de ce touche-à-tout dont on dit qu’il a dix idées à l’heure remonte à ses années d’études strasbourgeoises, « de très longues vacances où on faisait semblant d’aller à la fac », passées en concerts et en soirées plutôt qu’à la BNU. « À Mulhouse, on trouvait que c’était un peu mort. Avec Jean-Marc Henni ( Journal des Spectacles) on a créé Bistrot, un fanzine recto verso « pour annoncer ce qui se passe ». Penser, c’est agir. Médias et rock fascinent JLW.

« Ce qui me motive c’est de réunir des gens »

On le trouve dans Radio Fréquence Mulhouse, à Dreyeckland Colmar, et aujourd’hui sur « la radio libre associative » internet MNE qu’il a créée, chez Radio Coteaux Expérience, et dans l’éducation aux médias que porte depuis 2005 l’association Old School auprès des lycéens. « L’idée c’est de leur faire comprendre la différence entre publicité, communication, et information. Aujourd’hui l’éducation passe aussi par l’éducation aux médias ».

Les médias et le rock. En 1988, Wertenschlag organise depuis Mulhouse une improbable Fédération pour la Maison du Rock. « Mais j’ai mis longtemps à comprendre qu’en politique quand on disait oui, ça voulait dire : « Va te faire foutre ! ». Du coup les rockeurs mulhousiens tapent de la Gibson sur la table et organisent un concert sauvage devant la mairie avant d’inaugurer La Filature, encore en chantier, avec un concert pirate des Casse-Pieds.

Wertenschlag sera ensuite, avec d’autres, à l’origine de la Fédération Hiéro («en hommage au Hiéroglyphe de Tom et Arty, sorte de Canard Enchaîné local ») qui aboutira en 1992 à la création du Noumatrouff. Un Nouma sur lequel il nourrit quelques regrets : « Au départ dans notre esprit ce n’était pas seulement une salle de rock. C’était un véritable lieu alternatif : on voulait une crèche, du théâtre, des expos, de la BD ». Il en tire un enseignement qui vaut toujours aujourd’hui : « Quand on est précurseur, on est souvent rattrapé par l’institution, c’est la logique des choses. Ce n’est pas grave, il y a toujours quelqu’un derrière qui réinvente quelque chose ». L’essentiel est de garder une longueur d’avance sur les récupérateurs qui transforment les utopies associatives en services à la population ou en business. L’agitateur culturel au look d’adolescent attardé mûrit : qu’importent les apparences, ce qui compte c’est le sens qu’on donne aux choses. La page Nouma est tournée sur un retentissant flop financier (la gestion l’ennuie mais il a appris à s’entourer) et Jean-Luc Wertenschlag passe à la naissance de nouveaux projets. « C’est ce qui me motive, réunir des gens, rassembler des personnes différentes, inventer de nouvelles formes, investir des lieux sortant de l’ordinaire ».

M. et Mme JLW ont le plaisir de vous annoncer la naissance de…

On le trouve en 2006 à Bergheim dans le vide culturel d’un vignoble où on préfère refaire le toit de l’église que d’investir dans la culture. « On y a lancé un festival jeune public, Louftibus en 2006 sur l’idée de la transmission parents-enfants et enfants-parents ». Il participe à la naissance de C’est dans la vallée, à Sainte-Marie-aux-Mines.

Avec Old School, avenue Kennedy, il poursuit cet inlassable travail d’essaimage, convaincu que la culture et les rencontres font tomber les préjugés et améliorent la vie. C’est l’idée de la Bibliothèque vivante présentée lors du dernier Tout Mulhouse lit, où des gens réservés comme des livres racontent leur existence. Et pourquoi pas l’élargir à un imam ? propose-t-il. Et pourquoi ne pas utiliser des Mulhousiens venus des quatre coins du monde pour faire la promotion du territoire plutôt que d’envoyer en Chine des chargés de mission ?

Derrière un caractère d’ours grogne un authentique amoureux de Mulhouse. Avec La Vitrine, il en défend les artistes et créateurs en lançant fin 2012 le Système Mulhousien de Surprises, sorte d’Amap culturel destinée « à transformer en réalité économique la créativité locale ». « Cette ville au potentiel incroyable que Strasbourg et Colmar n’auront jamais, ce côté je rentre dedans, j’invente, cette énergie populaire », s’enflamme-t-il, revendiquant au passage la préfecture et la capitale régionale.

Un passionné de Mulhouse

Dans une ville disparate et bariolée, l’important est de se parler. « La politique, la religion, sont des tabous dans le monde associatif. Mais lorsque les associations ne peuvent plus dire de mal des collectivités qui les subventionnent c’est la fin de la démocratie. Si on laisse le monopole de la liberté d’expression au FN, c’est triste : il faut s’emparer des sujets : c’est la vie de la cité. »

Déjà candidat sous l’étiquette « les Femmes et les enfants d’abord puis aux législatives 2012 sous la bannière du Parti Pirate, JLW n’exclut pas de venir bousculer la partie de cartes municipale en 2014. Les jeux, il s’y connaît, Old School a créé son propre Mistigri. Et des idées il en a. « Refuser la piétonnisation de la rue de l’Arsenal est une erreur, avoir fermé la maison des artistes de la rue de Thann aussi, faire un rond-point à 2 m€ à l’écluse de Riedisheim et dire qu’il n’y a pas d’argent pour l’extension du tram, je ne suis pas d’accord ».

Finalement ce qui l’intéresse, c’est de changer le monde. « Je ne vois pas ce qui peut faire avancer autant que ça, c’est la seule chose intéressante sur Terre dans sa vie professionnelle et associative ». Et changer le monde, ça commence par Mulhouse.

Grégoire Gauchet • DNA du 9 février 2013 • www.dna.fr

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Du «Fabrique toi-même ta salle de concert» au «Comment créer sa radio associative», le kit Jean-Luc Wertenschlag, adepte du « Faites-le vous-même », vu par son ami et compagnon de route, le dessinateur Joan.

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