L'Arsenal de l'anti Front
Par JLW le vendredi 3 mai 2002, 13:14 - ReVu de Presse - Lien permanent
Article paru dans les Dernières Nouvelles
d'Alsace le 3 mai 2002
Après l'imposante manifestation du 1er mai (voir les DNA d'hier), les
Mulhousiens, à l'appel du Collectif du 21 avril, ont poursuivi leur
mobilisation contre le péril de l'extrême droite, en investissant les bistrots
de la rue de l'Arsenal, devenus pour un jour, forums d'une démocratie française
à réinventer... Alors qu'hier soir, Yann Tiersen et les Têtes Raides
débarquaient, sans prévenir, mais dans le cadre d'une offensive tournée contre
Le Pen, du côté du Noumatrouff, c'est encore les cultures alternatives, et donc
les plus mal soutenues, mais aussi les plus rebelles, qui invitaient, mercredi,
les Mulhousiens à prendre la parole dans les bistrots de la rue de l'Arsenal.
Une tentative, plus ou moins réussie, d'interpellation du politique, de l'élu,
et donc d'un certain service après-vente, par les électeurs. Et tant Jean-Marie
Bockel, député-maire PS de Mulhouse, que ses adjoints ou conseillers
municipaux, tant Francis Hillmeyer, député-maire UDF de Pfastatt, qu'Arlette
Grosskost, candidate de la Droite républicaine aux législatives à Mulhouse, se
sont prêtés à ce difficile exercice. Difficile, en effet, d'avouer que
cette irrésistible montée de l'extrême-droite était le douloureux symptôme d'un
certain échec du politique. De cette politique que tous les élus présents
revendiquent comme un engagement total pour défendre des idées et faire bouger
des choses. Alors, si mercredi, le « Tous pourris », qui fait le lit
de l'extrême-droite, n'était pas de mise, on sentait comme une impuissance, un
désespoir de ne pas y arriver malgré tout, une angoisse presque existentielle
et ce besoin, affiché ce mercredi (mais pour combien de temps ?) d'enfin
écouter ce peuple dont on se gargarise... Ces citoyens, un peu déboussolés,
fortement mobilisés, étonnés qu'on les entende et qui, par leur présence,
manifestaient le désir, l'espoir, que la Politique, le Politique affirment à
nouveau des vrais choix... « Faîtes-nous rêver ! »...
