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jeudi 2 septembre 2010

La parole en liberté

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 02/09/10.

pierre&marlène

Lors de son lancement, fin mai dernier, Radio MNE a réalisé plus de 60 heures de direct et ce sans interruption. (Photo DNA - Cathy Kohler)

Indépendance de ton et programmation musicale originale : Radio MNE, nouvel arrivé dans le paysage médiatique mulhousien, bouscule les codes de ce milieu. Au sein de cette webradio associative, les auditeurs ne se contentent pas d'écouter mais saisissent l'antenne.

Armée d'un équipage éclectique d'animateurs plus déjantés les uns que les autres, Radio Mulhouse Net Expérience (MNE) jette un pavé dans le paysage médiatique local. Cette webradio associative, lancée fin mai dernier, revendique un retour aux sources de la liberté de parole. « Nous voulons diffuser des émissions qui s'inscrivent dans la même veine que les radios libres des années 80. Nous privilégions l'expression sans limites exceptées celles du racisme, de l'homophobie et de l'antisémitisme », précise Franck Richard, coordinateur des ateliers slam et éducation aux médias à Old School.

« Il faut que les Mulhousiens s'emparent de cette plate-forme de libre expression »

Encadrée par les neuf salariés de cette structure (bientôt 14 car cinq postes sont à pourvoir, voir DNA du 14/08), une partie de la cinquantaine de bénévoles anime ce nouveau support de diffusion de l'information culturelle. « La grille des programmes se dessine progressivement, nous avons déjà quelques rendez-vous réguliers (lire papier ci-dessous). Les intervenants sont autonomes, ils réalisent les émissions qui leur correspondent. Radio MNE diffuse et étudie tous les styles musicaux et aborde autant l'actualité, que l'écologie ou le sexe », détaille Franck Richard.

Radio MNE se refuse d'être l'expression d'un parti politique, d'une institution financière ou d'une instance religieuse. Outre son indépendance, elle revendique son statut de lieu de rencontres et d'échanges entre les différentes classes sociales, générations et communautés. « Mulhouse a besoin de mettre en valeur sa diversité culturelle. Cette ville est riche de 150 nationalités mais on peine à savoir où découvrir leurs musiques, leurs traditions. Sommes-nous obligés de passer par un kebab pour rencontrer un Turc ? Il faut que les Mulhousiens s'emparent de cette plate-forme de libre expression », relève agacé Jean-Luc Wertenschlag, chargé du développement à Old School.

Hors des sentiers de la logique commerciale

Radio MNE défend donc un idéal basé sur la proximité - les artistes locaux sont privilégiés - la solidarité et le partage des connaissances, le tout hors des sentiers de la logique commerciale. « C'est l'un des avantages du Web, l'absence d'impératif d'audimat. On aimerait être évidemment très écoutés mais, actuellement, c'est le contenu des émissions qui compte le plus. Le reste viendra plus tard... », assure Franck Richard.

Inès Lazibi.

A écouter, 24 h/24, sur www.radiomne.com. Le local est situé au siège d'Old School au 53, avenue Kennedy à Mulhouse. Renseignements et contacts au Tél: 03 89 33 11 11 ou sur radiomne@old-school.fr

L'univers sexe de Lux

Article des Dernières Nouvelles d'Alsace paru le 02/09/10.

LucieLux

Dans son premier roman, Je ne m'ennuie jamais toute seule, Lucie Lux aborde la masturbation féminine. (Photo DNA - Cathy Kohler)

Lucie Lux anime, tous les mois sur Radio MNE, une émission « lubrico-ludique » où, entourée de chroniqueurs, elle aborde frontalement le thème de la sexualité. Attention, mineurs et puritains s'abstenir...

Gorges profondes : l'intitulé de l'émission radiophonique de Lucie Lux est volontairement provocateur mais si évocateur de l'univers dans lequel cette mystérieuse écrivain évolue. « Il s'agit du titre d'un film pornographique de Gerard Damiano qui, à sa sortie en salle en 1972, avait défrayé la chronique américaine. C'était encore l'époque où ce genre de long-métrage était diffusé dans les cinémas, c'était la période du porno chic », déclare - un peu nostalgique ? - cette animatrice de Radio MNE.

«La fellation, toujours avec un préservatif»

Entourée d'un noyau dur de trois chroniqueurs, dont un homme, elle décrypte, une heure par mois, une facette de notre sexualité. Ses premières émissions, diffusées depuis fin mai, ont tenté de pénétrer les mystères de la fellation - « toujours avec un préservatif, mesdemoiselles », conseille-t-elle - de la sodomie et du cunilingus. « Lors de nos interventions, on se base sur nos expériences personnelles et quelques informations glanées dans des bouquins ou sur Internet, explique Lucie Lux. Le fait d'avoir un homme dans l'émission nous permet de lui poser des questions qu'on n'aborderait pas forcément avec notre partenaire .» Gorges profondes s'adresse à toutes les personnes qui, quel que soit leur âge ou leur orientation sexuelle, s'interrogent sur ce domaine et ne trouve pas forcément un proche auprès de qui se confier.

La masturbation féminine, encore tabou ?

Malgré la libération sexuelle de mai 68 qui, selon Lucie Lux, « n'a pas été d'une grande efficacité même si quelques pratiques ont été désacralisées », le chemin pour une démystification totale du sexe est encore long. « Ce n'est pas parce que, grâce au Web, on a accès plus facilement à des informations sur ce sujet que les mentalités évoluent pour autant. La démocratisation des sextoys n'empêche pas une bonne partie de la population de trouver cela encore dégradant », souligne-t-elle. Ce thème la touche tout particulièrement puisque la trame de son premier livre, Je ne m'ennuie jamais toute seule, relate la relation addictive d'une femme à son godemichet.

I.L.

A écouter en podcast sur www.radiomne.com

samedi 20 décembre 2008

WNE : l'inauguration d'un nouveau studio radio

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace du 20 décembre 2008






























Les associations WNE (Warum Net Experience) et Old School se réunissent pour inaugurer aujourd'hui leur nouveau studio radio. La cérémonie aura lieu à 18h30 au 53 av. Kennedy à Mulhouse (mais on peut venir plus tôt). Voici le programme des réjouissances. 11 h à 13 h, brunch au réfectoire. Rencontres et échanges autour d'un projet de "lieu surnature"l à Mulhouse. En présence de Luc Jambois, directeur de l'agence culturelle Ogaca à Strasbourg. 15 h à 18 h, "ateliers éducation aux médias". Une équipe de neuf jeunes Mulhousiens a créé Radio Cité Jeune en novembre. Ils repartent à l'assaut des médias locaux avec cet atelier radio, en direct sur le net. 17 h, Live ! Le "premier direct du monde" sur wne.fr Réalisation de la première émission en direct sur wne.fr. A vivre sur place ou en ligne. 18 h 30, inauguration du studio radio. Apéro suivi jusqu'à 22 h de "performances en salle de bain" ' "mini-concerts au coin du lavabo". Avec la Boîte à Rimes (slam), Denum (X), Asskar (hip hop) et les élucubrations numériques de KG ' IKX.

Contact: infoline Tél: 03 89 33 11 11 - wne.fr

jeudi 10 avril 2008

Atelier slam à Pulversheim

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 10 avril 2008

Dans le cadre du mois de l'autre, les élèves de première année de BEP Métier de l'Electronique de Pulversheim ont participé à un atelier slam, conduit par l'association mulhousienne "Old School". Ils ont travaillé toute une journée à l'élaboration et à l'enregistrement radio d'un slam. Un cours de français pas comme les autres ! Les élèves ont pu écrire en musique, mais le slam demande du travail : chercher des rimes, des synonymes, redécouvrir les sens et l'essence des mots. Après l'écriture, la lecture : exercice finalement plus difficile. Ils ont appris à donner vie à leurs textes, en s'appuyant sur les différentes tonalités de la voix et en jouant avec la musicalité des phrases.



L'atelier slam a été conduit par l'association mulhousienne «Old school». (Photo DNA))

© Dernières Nouvelles D'alsace, Jeudi 10 Avril 2008. - Tous droits de reproduction réservés

dimanche 10 février 2008

Radiomomix : le festival sur les ondes

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 10 février 2008

Sous l'impulsion du Crea et de l'association Old School, une émission de radio réalisée et animée par des jeunes a couvert toute la durée du festival Momix.

Un jingle, une annonce, et Micromomix arrive sur les ondes ! Durant cinq à sept minutes, les auditeurs de Radio Florival (à 19 h) et RDL Colmar (en matinale) peuvent suivre des reportages, interviews et commentaires relatifs à Momix, le festival jeune public de Kingersheim. Un petit tour en coulisses ? Micromomix n'est pas une émission comme les autres. Née sous l'impulsion du Crea et de l'association Old School, elle est réalisée et présentée par des jeunes de différents quartiers de la ville. Une quinzaine d'adolescents, âgés de douze à dix-huit ans, a pu découvrir le monde de la radio, sous les conseils d'intervenants de Old School. « Nous avons travaillé en amont de l'émission pendant trois mois, à raison de deux heures par semaine. Mais depuis le début du festival, c'est tous les jours » explique Charlie, intervenant.

Un travail de fourmis

Chaque après-midi, pour toute la durée du festival, ils préparent l'émission du lendemain. Alors qu'une équipe reste au studio, d'autres se rendent sur le terrain pour préparer les sujets. Un travail de fourmis, mais qui ne semble pas décourager les participants. « Il faut savoir changer sa façon de parler, et toujours s'adapter à la situation. Mais on devient de plus en plus accroc ! », confie l'un deux. Tour à tour journalistes, monteurs, animateurs ou techniciens, les adolescents ont découvert les différents aspects d'une émission de radio. Et comme les découvertes en appellent toujours de nouvelles, cette expérience leur aura aussi permis d'aller au devant d'un autre univers : le spectacle.

Luc Bohler

D'ici peu, les enregistrements de Micromomix devraient être disponibles sur le site de Old School : www.old-school.fr


Alors qu'une équipe reste au studio, d'autres se rendent sur le terrain. (Photo DNA)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Dimanche 10 Février 2008. - Tous droits de reproduction réservés

samedi 14 juillet 2007

Keven Swift picaresque

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 14 juillet 2007

Le premier disque de Keven Swift Widrig, chanteur folk colmaro-canadien, est paru, édité par le label mulhousien Old School.

Il fallait bien l'enthousiasme de quelques inconditionnels de Hiéro pour que sorte l'opus, enregistré en 2002 au lieu-dit Kirchberg avec son fils Félix. Des bandes perdues retrouvées miraculeusement en quelque sorte. D'autant que depuis, Keven Swift Widrig a cessé de jouer et de chanter. Pour la soirée de lancement du disque, chez Peter, troquet du quartier St-Joseph où il vit, Keven, 47 ans, mèche rebelle et faux -air de David Lynch, s'est bien essayé au périlleux exercice du bras de fer. Mais monter sur une scène avec sa guitare, c'est fini, affirme-t-il avec une conviction aussi solide que celle qu'il lui a fallu lorsqu'il a tué un grizzli à la winchester. C'est tout au moins ce que rapporte ce voyageur d'un séjour au Yukon, au sein de la tribu des indiens Kaska. Né en Nouvelle-Ecosse, à Lockeport, Keven Swift Widrig - il dit être un descendant de Jonathan Swift, papa de Gulliver - est un jour arrivé à Colmar en passant par les Vosges, il y a quatorze ans précisément. Le chanteur, auteur et compositeur y a travaillé avec la Cie Pandora, et y a même donné des concerts. The Colour of the little red schoolhouse - La couleur de la petite école rouge -, titre de l'opus, se réfère à une blague d'enfant du type quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri IV, mais version canadienne. « Savoir répondre à cette question, c'est la base », résume Keven Swift. Ses 14 chansons en anglais vont chercher du côté des Dylan, Cohen et autres Donovan. Ses balades sont des petites tranches de vie aussi poétiques que dissonantes. On y entend les cloches de St-Joseph, il habite dans une ancienne pharmacie, juste en face de l'église colmarienne. Tel Don Quichotte dressé sur Rossinante, Keven Swift Widrig suit des chemins qui peuvent sembler hermétiques, qui lui ont valu des séjours à l'hôpital psychiatrique de Rouffach. Le mal du pays ne le quitte pas, mais quel pays, il serait bien en peine de le dire. Ce n'est en tout cas pas le Canada, pays des porcs-épics, des homards et des chanterelles. En attendant de « raccrocher le fruit sur son arbre », Keven Swift écrit. Son manuscrit a déjà un nom, God and the tourist industry.

Myriam Ait-Sidhoum

www.myspace.com/kevenswift. The Colour of the little red schollhouse, en vente dans les Fnac et sur www.hiero.fr



Keven Swift Widrig. (Photo DNA-Michel Petry)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 14 Juillet 2007

vendredi 29 juin 2007

Douceurs méditerranéennes avec Ahmed El Salam

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 29 juin 2007

Les clients de la Fnac étaient invités il y a peu à une petite pause dans leurs activités commerciales. Une pause en musique, au son de l'oud et des percussions d'Ahmed Daha et de Djamel Ichallal qui invitaient instantanément au voyage vers le sud... D'Andalousie ou de son Maghreb natal, Ahmed Daha adapte depuis maintenant plus de vingt ans les rythmes et la poésie, avec son groupe Ahmed el Salam ou avec d'autres. Il était à l'honneur au Forum Fnac pour la sortie d'un CD deux titres produit par l'association Old School, Baba salem, en vente sur place bien sûr.



Ahmed Daha et Djamel Ichallal. (Photo DNA - Catherine Kohler)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 29 Juin 2007.

vendredi 1 juin 2007

Les nuits en chantier

article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 1er juin 2007 - [www.dna.fr]

Que faire en ville une fois le soleil couché ? Pas grand chose, si on en croit les noctambules mulhousiens. Le sujet a été longuement débattu mercredi soir au café Rey.

Luc Gwiazdzinski l'avait rappelé en préambule : la nuit est le moment idéal pour refaire le monde. Ça tombait plutôt bien. L'objectif de la soirée n'était-il pas de dresser un état des lieux des nuits mulhousiennes ? A vrai dire, chacun savait qu'il ne s'agissait là que d'une première étape.

Un réél malaise chez les acteurs de la nuit

D'évidence, la situation n'est guère reluisante, et c'est plus un remède qu'un constat qui s'impose. « Le simple fait de se réunir pour parler des nuits à Mulhouse est assez accablant », devait noter un intervenant. Bars fermés, rues désertées... L'euphorie qui s'était emparée de la ville à la fin des années 90 semble loin. Provoqué dans le cadre du festival Elephonic #2, ce débat public était alimenté par le chercheur-géographe Luc Gwiazdzinski : autant dire le « M. Nuit » des grandes métropoles européennes, à l'origine d'opérations comme les nuits blanches parisiennes. Délimitations des terrasses, autorisations de concerts refusées, normes incompréhensibles... Sans surprise, les chicaneries administratives subies par les patrons de bar ont dominé les débats. Certes, ni Jean-Marie Bockel ni Michel Samuel-Weis n'étaient là pour répondre. Mais contrairement à l'an dernier où seule Cléo Schweitzer avait fait le déplacement, la municipalité était cette fois représentée par l'adjointe chargée des relations avec les commerçants : Christiane Eckert. Pierre Freyburger, Djamila Sonzogni et Cléo Schweitzer étaient également présents.

L'adjointe a vite opposé aux gérants le nécessaire respect des réglementations, tout en rappelant que son bureau restait ouvert à tous. Un point qui n'a d'ailleurs été démenti par personne. Reste que ces discussions toujours courtoises semblaient révéler chez les acteurs de la nuit un réel malaise. Voire une certaine peur. Jean-Luc Wertenschlag n'a d'ailleurs pas mâché ses mots en accusant la municipalité de freiner les initiatives, allusion claire à l'annulation de L'Arsenal fait sa loi (imputable selon l'intéressé à un refus de subvention, et selon Christiane Eckert au retrait volontaire d'Old School). De part et d'autre, la bonne volonté semblait toutefois l'emporter. « Je suis tout à fait prête à travailler sur un état des lieux de la nuit. D'accord, nous avons notre part de responsabilité, mais j'attends de la part des représentants de la nuit des propositions. Je regrette souvent que lorsque je demande des choses un peu organisées, rien ne vient. La Ville ne peut pas tout faire », a conclu l'adjointe. Elle s'est par ailleurs dite partisane de l'ouverture des discothèques jusqu'à 6 h et des bars jusqu'à 3 h. Mais là, la décision ne peut venir que de la préfecture, qui s'y est selon elle toujours refusée. Reste que le monde de la nuit ne se limite pas aux bars. Et la soirée a aussi été l'occasion de poser quelques questions restées pour l'instant sans réponses. Où diable les 6 500 étudiants dont l'UHA s'enorgueillit passent-ils leurs soirées ? Peut-on encore manger après 22 h 30 ? Quelle épicerie vous dépannera encore à minuit ? A partir de quelle heure est-on condamné à rentrer à pied, faute de tramway et de taxi ? Pourquoi se sent-on (souvent à tort) en insécurité dans certains quartiers ?

Pour ceux qui estiment ces préoccupations accessoires, Luc Gwiazdzinski a vite remis les pendules à l'heure. Oui, la vie nocturne est une composante essentielle de l'attractivité d'une ville. Oui, toutes les expériences ont montré que le développement d'activités nocturnes réduisait la délinquance : la politique du « couvre-feu », loin de l'empêcher, la favorise. Dès lors, pourquoi ne pas ouvrir gymnases et centre socioculturels jusqu'à minuit, comme à Barcelone ? « Quand on s'emmerde, qu'on n'a pas de fric et qu'on est coincé dans un ghetto, on fait des conneries », devait résumer Djamila Sonzogni.

Où diable les étudiants passent-ils leurs soirées ?

Et maintenant, quelles solutions ? La proposition de Luc Gwiazdzinski (formulée l'an dernier mais restée sans réponse) d'organiser avec les élus une traversée de nuit de Mulhouse a été reçue favorablement par Mme Eckert. Et dans l'immédiat, le principe d'une réunion au courant du mois de juin semble acquise. Elle pourrait se tenir à la mairie et rassembler, outre Luc Gwiazdzinski et les élus, des responsables du Quai et de l'UHA. A suivre...

Jean-Michel Lahire

© Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 01 Juin 2007. - Tous droits de reproduction réservés

La dernière édition de l'Arsenal fait sa loi remonte à l'été 2005. Selon Christiane Eckert, l'opération devrait reprendre cette année sous l'égide des seuls cafetiers. (Photo d'archives DNA - Sébastien Bozon)

mardi 24 avril 2007

Au Slam citoyens !

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 24 avril 2007

En l'espace de quelques mois et une poignée de rendez-vous, le Slam prend position sur le terrain mulhousien, mais pas seulement.

C'est avec l'apparition, et le succès, de Grand Corps Malade, que le phénomène Slam s'est récemment imposé dans le paysage musicale français. Au-delà de cet intéressant, mais réducteur forcément, crossover hexagonal, le Slam, pratiqué depuis le milieu des années 80, aux Etats-Unis, a révolutionné, vers les années 2000, la vie de Jonathan Rauscher (aka Jhon do Hazard), alors étudiant à Montpellier. Le flash, comme pour nombre de slammers, ce fut le film-manifeste Slam. Depuis, Joe continue de jouer avec les mots et les textes. A Montpellier, après moults ateliers sauvages, le garçon montera un projet associatif et alternatif, Inkorekt'Association. De retour à Mulhouse, Joe renoue avec le Slam du côté du Poussin Vert à Colmar. C'est là, qu'il rencontre Frédéric Duvaud (aka Fred H). Ce Strasbourgeois, bibliothécaire à Mulhouse, pratique l'improvisation théâtrale et s'affirme néo-conteur.

Démocratiser la poésie, la dépoussiérer de ses poncifs encombrants

Joe et Fred unissent leurs voix et leurs passion avec l'envie d'ouvrir le format Slam à l'art oratoire en général. « On ne s'interdit rien, aucune forme de textes : écrits, lus, parlés, contés, improvisés, rythmés... Il s'agit de permettre aux mots d'investir l'espace public et urbain ». Ce sera donc du Spoken Words, titre générique de la première soirée, fin janvier au bar l'Avenue à Mulhouse. Un rendez-vous acrobatique, concocté dans l'urgence, qui, contre toute attente, rassemble un large public conquis par cette drôle de discipline. Et c'est dans cette dynamique du Slam que s'engouffre dans la foulée la Direction Départementale de Jeunesse et Sport, flanquée de l'association Old School et du Noumatrouff. A la clé, un stage de formation au Slam et une soirée au bar Les Copains d'Abord à Mulhouse. Pour Jonathan Rauscher, le Slam « est un mouvement artistique, culturel et social marqué par la volonté de rendre la création et l'expression orale accessibles au plus grand nombre : démocratiser la poésie, la dépoussiérer de poncifs encombrants. Le Slam donne la parole à celui qui la veut, le temps d'un texte et quelque soit son style, du coup de gueule salutaire à la badinerie improbable ». Aujourd'hui, une dizaine de personnes s'est agrégée autour du collectif La boite à rimes. Et à raison d'un ou deux ateliers hebdomadaires, la petite bande prépare de nouveaux rendez-vous, invente des textes, autour de sons, d'images, de livres, journaux ou tracts électoraux. C'est une nouvelle fois à l'Avenue (en face de la Tour de l'Europe à Mulhouse) que La Boite à rimes invite à jouer avec les mots, ce jeudi 26 avril, à partir de 20h30. On retrouvera ensuite ces slammers à la librairie Bisey à Mulhouse pour un commando littéraire (le 29 mai), au festival Loutfibus et sur la grande scène de Rencontres et Racines, le 23 juin, à Audincourt.

Daniel Carrot

Contact. boite.à.rimes@gmail.com


Le collectif La Boite à rimes. (Photo DNA)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 24 Avril 2007

dimanche 28 janvier 2007

Les musiques actuelles à la loupe

© Dernières Nouvelles d'Alsace, Dimanche 28 Janvier 2007

Demain lundi débute un trimestre de formation aux musiques actuelles, fruit d'un partenariat entre Hiéro Colmar, par le biais de son programme EuropPop, le CDMC et les Dominicains. Pour les amateurs et les professionnels.

« Ce semestre qui débute demain part d'un besoin de formation dans des domaines divers, pas que pour les musiciens, mais aussi à l'attention des graphistes, des managers, des régisseurs, des salariés et des bénévoles des associations », explique Jean-Luc Wertenschlag, de Hiéro Colmar, en co-production sur ce projet avec le CDMC (Conseil départemental pour la musique et la culture Haute-Alsace).

« Depuis la Star Ac', pas mal de jeunes s'intéressent à la variété. Il faut répondre à cette nouvelle demande »

 « 600 professeurs de musiques salariés sont concernés par le CDMC. Depuis la Star Ac', pas mal de jeunes s'intéressent à la variété. Il faut répondre à cette nouvelle demande, mais ces enseignants n'y sont pas forcément formés », poursuit Jean-Luc Wertenschlag.
 Les musiques nouvelles sont donc ici appréhendées dans leur globalité, avec des intervenants de choix. Demain est abordée la question de la micro entreprise, des démarches administratives à sa gestion.
 Le mois prochain sera évoquée la professionnalisation du groupe. Stéphan Le Sagère, auteur de Profession, artiste, édité par l'IRMA, membre du Conseil supérieur des musiques actuelles, évoquera l'intermittence, la question des contrats, et avant tout cette question décisive, amateur ou pro ?
 L'histoire des musiques actuelles, le cahier des charges techniques pour un concert - délocalisé au Caf' Conc d'Ensisheim , lnternet, le multimédia, les sujets abordés sont vastes.
 Le voisin allemand fera également l'objet d'un module de formation. La Jazz ' Rock Schule de Fribourg s'intéresse en effet de longue date aux musiques actuelles, il peut être enrichissant de se pencher sur son fonctionnement. « L'idée est de pousser les intervenants et les stagiaires à franchir le Rhin, leur expérience peut nous servir », remarque Jean-Luc Wertenschlag.
 Les frais d'inscription peuvent être pris en charge par l'employeur. Il reste des places dans tous les modules de formation.

M. A.-S.

Inscriptions et renseignements au 03 89 74 94 63. www.cdmc68.com. contact@cdmc68.com.
 Lundi 29 Janvier. De 9 h 30 à 12 h 30 au CDMC aux Dominicains. La micro entreprise, avec Dominique Wadel. Tarif : 5 €.  Lundi 19 et mardi 19 février. De 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30 au CDMC aux Dominicains. La professionnalisation du groupe, avec Stéphan Le Sagère. Tarif : 50 €.  Jeudi 1er et vendredi 2 mars. De 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30 au CDMC aux Dominicains. Les Repères Historiques et Stylistiques, avec Louis Chrétiennot. Tarif : 50 €.  Vendredi 9 mars. De 14 h 30 à 17 h 30 au Caf'Conc d'Ensisheim. Les aspects techniques des répétitions et du concert. Avec Rémy Bux. Tarif : 5 €.  Jeudi 19 et vendredi 20 avril. Le 19 de 14 h 30 à 17 h 30 et le 20, de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30 au CDMC aux Dominicains. L'initiation au multimédia, avec Karim Oudina. Tarif : 45 €.  Lundi 23, mardi 24 et vendredi 27 avril. De 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30 au CDMC aux Dominicains. Le fonctionnement de nos voisins à Freiburg, avec Zeus B. Held. Tarif : 35 € (bus, dîner et concert).



Trois mois de formations aux musiques actuelles.

vendredi 26 janvier 2007

La Vieille Ecole en live

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 26 janvier 2007

Date mémorable dans la carrière de La Vieille Ecole, pourtant rompue à l'exercice de la scène, le 14 août 2006. Ce soir-là, le combo mulhousien a joué devant 7 500 personnes au théâtre de plein air, juste avant Jamiroquaï. C'était à la Foire aux vins de Colmar.

La prestation ne restera pas que dans les têtes, puisque Old School distribue ces jours-ci le DVD de la performance, réalisé et co-produit par ArtWaves. Les titres de La Vieille Ecole, Tout le monde, 10 ans après ou Hip hop salsa y figurent, mais aussi ceux de Jesers, Serge Moniz en solo, et ses interprétations de Bonnie and Clyde et de Le poinçonneur des Lilas. L'occasion de retrouver la bande à Jesers, DJ Vagio, Ali, Fyl, Mimi et Renaud, et son world hip-hop mâtiné de sonorités cap-verdiennes. En bonus, deux clips, Limité mon gars, du groupe, réalisé par Lili ' BekO, et Le poinçonneur des Lilas, de Jesers, réalisé par ArtWaves.

DVD en vente sur http ://shop.hiero.biz. Tarif : 14 €.

Vendredi 26 janvier. A l'initiative d'Old School, quatre groupes sur scène à l'occasion de la sortie de leurs albums respectifs : La Vieille Ecole, Divas (rock), Sined (electropop) et Sons des Disco (electrokitsch). A 20 h 30 au Noumatrouff, 57 impasse de la Mertzau. Entrée 5 €. 03 89 32 94 10. La Vieille Ecole sera à 17 h à la FNAC Mulhouse.




La Vieille Ecole, le 14 août dernier. (Photo archives DNA)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 26 Janvier 2007. -

mercredi 24 janvier 2007

Soirée Old School

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 24 janvier 2007

A l'occasion de la sortie de leurs albums et même d'un DVD, quatre groupes locaux se retrouvent sur la scène du Noumatrouff.

Trois CD et un DVD-live. Cela valait bien un concert en commun, surtout lorsqu'on vient de surcroît d'intégrer la même écurie : l'agence de promotion Old School, qui a proposé à une dizaine de groupes haut-rhinois de les aider à se faire connaître (voir DNA du 20 janvier).

La vieille école et Sined, Sons of Disco et Divas partageront donc vendredi la scène du Noumatrouff pour un concert exceptionnel. Quatre groupes, quatre styles, quatre actualités. Groupe phare de la scène hip hop mulhousienne depuis une bonne douzaine d'années, La vieille école sort ainsi carrément son premier DVD live. Enregistré l'été dernier à la Foire aux vins de Colmar, ce dernier reprend onze titres et présente bien sûr quelques indispensables bonus : un clip de La vieille école et un autre de Jesers Serge. Autre vétéran : Denis Scheubel. Un vieux routier de la pop, ancien acolyte de Fred Poulet, qui tente aujourd'hui sous le pseudonyme de Sined l'aventure en solo avec un 5e album intitulé Bruits Roux, recueil électrop au ton intimiste et décalé. Un univers à mille lieues du rock flamboyant de Divas, qui sort lui aussi un album cinq titres bourré d'énergie. Quant à Sons of Disco, ce tout jeune duo colmarien s'est largement fait remarquer ces derniers mois avec ses compositions « electrokitsch ». La preuve : leur CD est déjà dans les bacs. Voilà l'occasion de le redécouvrir. Tous ces albums seront bien sûr disponibles vendredi soir au Noumatrouff, ainsi qu'à la Fnac de Mulhouse.

J.-M.L.

Vendredi 26 janvier à 20 h 30 au Noumatrouff, 57 impasse de la Mertzau. Entrée 5 €, gratuit pour les membres Hiéro et Old School. 03 89 32 94 10.

La vieille école.

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mercredi 24 Janvier 2007.

samedi 20 janvier 2007

Sur les sentiers de la gloire

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 20 janvier 2007

Old School et le Noumatrouff ont décidé d'offrir à certains groupes haut-rhinois un accompagnement personnalisé.

Tous les musiciens vous le diront : le tout n'est pas de jouer, encore faut-il être écouté. D'où la nécessité d'élaborer une solide stratégie de développement, histoire de mettre toutes les chances de son côté. Un dossier de presse bien ficelé ou un site internet ne font certes pas tout. Mais ça aide... Forte de son expérience avec La vieille école, l'association mulhousienne Old School a donc décidé de prendre le taureau par les cornes. Elle vient de lancer sa propre agence de promotion d'artistes, avec le soutien du fonds social européen. « Nous nous sommes dits qu'à force de rencontrer des gens, de trouver des plans de concerts et de négocier des partenariats, un travail plus collectif pourrait être mis en oeuvre, d'autant que nous sommes très sollicités », explique son directeur Jean-Luc Wertenschlag. Une dizaine de groupes se sont vus proposer les services de l'agence, choisis parmi ceux présentant le plus fort potentiel : Sons of Disco, Denis Scheubel, Denum, Parano, Force Fed, Divas, Ahmed el Salaam, La vieille école, Keven Swift... Après recensement de ses besoins, chacun bénéficiera d'un accompagnement personnalisé. L'objectif ? Faire accéder un groupe de l'écurie à une notoriété nationale. « C'est plus un tremplin qu'on essaie de construire qu'une tour d'ivoire », commente Jean-Luc Wertenschlag. Si jamais quelque chose se passe avec un groupe, il va nous quitter, on le sait ». Des actions de promotion spécifiques viendront compléter le dispositif : à Mulhouse, elles prendront la forme d'une série de concerts dans les bars de la ville, en février. Et Old School projette d'organiser des soirées alsaciennes à Paris afin de faire connaître la scène régionale. Stratégiquement, cela pourrait avoir lieu juste avant le Printemps de Bourges... Un bonheur n'arrivant jamais seul, le Noumatrouff dégaine au même moment une offre similaire, avec cette fois l'aide du Conseil général du Haut-Rhin et du Conseil régional. « Cela existait déjà avant, mais maintenant on le formalise », précise Olivier Dieterlen, bien décidé à voir la structure jouer à plein son rôle de centre de ressources pour les musiques actuelles. Là encore, la formule de l'accompagnement personnalisé a été retenue. Qu'il s'agisse de trouver des dates de concerts, peaufiner sa scénographie ou élaborer du matériel de promo, le Noumatrouff met toutes ses compétences à disposition. Quitte à recourir à des intervenants du Conservatoire de Mulhouse pour tout ce qui concerne l'aspect artistique. Deux groupes se sont déjà vu proposer une convention : Last Minutes et Valiumvalse. D'autres sont en négociation. Concurrentes, les deux initiatives ? Complémentaires, plutôt. Chez Old School comme au Noumatrouff, tout le monde tombe d'accord sur la nécessité d'accompagner davantage les musiciens. Et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues : « pour faire décoller la scène locale, il faut des lieux de diffusion mais aussi des labels, des tourneurs, des éditeurs...C'est tout un tissu qui fait que des groupes peuvent émerger », estime Olivier Dieterlen. Issu de la scène strasbourgeoise, Abd al Malik vient tout juste de percer. La prochaine découverte alsacienne sera-t-elle enfin haut-rhinoise ?

Jean-Michel Lahire


Renseignements : www.old-school.fr et www.noumatrouff.com


Le Noumatrouff. Et La vieille école.

© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 20 Janvier 2007. - Tous droits de reproduction réservés

mardi 16 mai 2006

Festival Elephonic

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 16 mai 2006

C'est une impression ou Mulhouse se bouge ?... Alors que partout, la ville se teinte du jaune et rouge des rames du tramway et que les commerçants (même...) sortent de leur morosité, du côté culturel aussi souffle un petit vent printanier.

Du côté du nouveau pôle festif de la rue Pasteur l'on s'agite, au sein d'une fort réjouissante association de bienfaiteurs musicaux qui regroupe les collectifs Contigo Cultural, Old School, Cobweb, Hiero Mulhouse et le tout récent Bastion : autour des chaleureux patrons du bar Aux Copains d'abord, cette association fédère une quinzaine de commerçants du secteur. Elephonic, premier du nom, est le fruit des réflexions de ces différents partenaires : quatre soirées de musique, animations et débats, dans une ville qui en manque cruellement, estiment les organisateurs. Pour Michel, Nicolas, Fanny, Gilles, Mathilde et Franck, réunis dans cette aventure festivalière, il est urgent de «réhabiliter le bruit» en investissant lieux privés et espaces publics, mais aussi d'amener les gens, les jeunes en particulier, à être acteurs plutôt que spectateurs.

C'est au café Rey que débute Elephonic, ce mercredi 17 mai, avec un débat citoyen autour du passionnant sociologue Luc Gwiazdzinski. « C'est beau une ville la nuit », nous dira-t-il sûrement, lui qui analyse la vie nocturne. Mais une ville animée, ce que Mulhouse tend à ne plus être du tout ! Chauds échanges en perspective, auxquels sont conviés et espérés les élus. Dans la perspective de ce débat, un site internet spécial est ouvert : changerlanuit.com

Elephonic n'entend pas faire dans la discrétion

Jeudi 18 le bar Aux Copains d'abord se prêtera au jeu d'un « claque-son » : une scène ouverte à la chanson, la poésie, aux idées. Vendredi c'est sur le principe du Barathon que le festival poursuit sa route : quatre groupes en quatre lieux, le tout gratos. La Parenthèse accueille Sined, le Montaigne convie le groupe Divas. Aux Copains d'abord on pourra entendre le groupe Parano, puis tout le monde convergera au Tam Tam qui reçoit la Vieille Ecole. Samedi les festivités démarrent en journée, avec à partir de 14 h théâtre de rue, fanfares, expos et performances dans tout le quartier Pasteur. A 18 h, vernissages itinérants des expos qui sont présentées durant toute la durée du festival puis musique au Noumatrouff avec le collectif strasbourgeois Ideo puis le collectif Imagin'I son, jusqu'à point d'heure... A noter aussi que les affiches qui annoncent le festival un peu partout en ville sont toutes différentes, pièces uniques conçues par des artistes amis.

Elephonic, comme son nom pachydermique le suggère, n'entend pas faire dans la discrétion dans le magasin de porcelaine mulhousien...

C.S.C.


Quelques visages d'Elephonic réunis aux Copains d'abord. (Photo DNA)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 16 Mai 2006.

lundi 15 mai 2006

Le bruit positif

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 15 mai 2006

Le collectif d'artistes Contigo investit le quartier Pasteur de Mulhouse du 17 au 20 mai. Quatre jours de débats, spectacles, expositions pour réhabiliter le bruit et la fête.

Elephonic est né d'une rencontre entre deux groupements mulhousiens, le collectif d'artistes Contigo et l'association de hip-hop Old school et de leur envie commune de se réapproprier leur ville. Juillet 2005. Old school organise son festival annuel, l'Arsenal fait sa loi. Le principe : investir un quartier de Mulhouse pendant trois jours pour rendre le hip-hop à la rue. Sur invitation, le collectif Contigo anime l'un des lieux. Le festival lui plaît. En octobre dernier, il rappelle Old school pour lui faire part de son désir de créer son propre événement.

La musique, les pas de danse, les cris de joie sont synonymes de joie et de gaieté

Même volonté d'investir la rue, mais en poussant plus loin la réflexion citoyenne autour du sonore, du bruit. Surtout la nuit. « A Mulhouse, il n'y a que deux bars qui ferment après trois heures du matin, observe Franck Richard, responsable d'Old school. Et ils n'organisent rien, pas de concert ou d'événement un peu hors du commun. » Exceptions à la règle, deux jours par an au mois de juillet, les débits de boisson ont l'autorisation de rester ouvert plus tard. Deux jours, c'est peu, signe que la vie de nuit véhicule des a priori négatifs.

« Contigo comme nous-mêmes cherchons à redorer le blason du bruit », explique Franck. La musique, les pas de danse, les cris de joie ou les « Santé » scandés un peu fort quand la soirée est vraiment bonne ne sont rien d'autre que du bruit, mais tous synonymes de joie et de gaieté. Alors pourquoi les autorisations sont-elles si difficiles à obtenir, pourquoi les gendarmes frappent aux portes des fêtards plus que de raison ? « Les tensions et conflits se multiplient entre individus, communautés et quartiers de la ville nocturne. La ville qui dort, la ville qui travaille et la ville qui s'amuse ne font pas toujours bon ménage", écrit le sociologue Luc Gwiazdzinski, enseignant universitaire qui travaille sur les enjeux économiques du monde de la nuit.

Des tournées de nuit avec les élus pour les sensibiliser à un milieu mal connu

Luc Gwiazdzinski organise également des tournées de nuit avec des élus pour les sensibiliser à un milieu que ceux-ci connaissent mal. Il récolte des sommes d'information pour ses travaux et fait le point avec les politiques au petit matin. A Amsterdam, les habitants ont d'ailleurs élu un maire de nuit pour pallier ce problème. Mercredi, le sociologue sera présent à Mulhouse pour ouvrir le festival avec un débat citoyen sur ce thème, afin de permettre aux habitants de se réapproprier le bruit. Elephonic va donc s'employer pendant ces quatre jours à battre en brèche tous les préjugés qui entourent les bruits de la fête. Leurs moyens sont simples. L'autorisation pour tous les commerçants, principalement les bars et les restaurants, de fermer à trois heures du matin de mercredi à samedi a été obtenue. Le festival se termine samedi soir au Noumatrouff. Objectif : « construire le bruit d'une nuit multi-arts azimutée. »

C.D.

A consulter, le programme complet d'Elephonic sur http ://contigo.cultural.free.fr - Renseignements : 06 74 39 70 23.



Luc Gwiazdzinski sera présent à Mulhouse pour ouvrir le festival avec un débat citoyen afin de permettre aux habitants de se réapproprier le bruit. (Photo archives DNA)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Lundi 15 Mai 2006

mardi 20 septembre 2005

L'Arsenal piéton en 2006

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 20 septembre 2005

Old School écrit au Maire.
Dans un courrier adressé en ces termes à « Monsieur le jeune sénateur-maire d'une jeune ville de Mulhouse », l'association Old School écrit :

« Nous organisons depuis plus de trois ans de joyeuses manifestations dans le quartier de l'Arsenal. La dernière, L'Arsenal fait sa loi, a eu lieu fin juillet, pour le plaisir et le bonheur de tous, habitants, spectateurs, commerçants, associations et artistes. Nous avons à plusieurs reprises évoqué à l'occasion de ces aventures culturelles urbaines la possibilité d'une piétonisation partielle de la rue de l'Arsenal. Nous avons ainsi convaincu une large majorité d'habitants et de commerçants du quartier de l'intérêt de cette idée. Cette opération favorise la convivialité et le dialogue entre citoyens, permet d'accueillir les enfants et les familles dans un espace sécurisé et débarrassé des gaz d'échappement, appelle les artistes à investir le domaine public, bref elle ne présente que des avantages... L'été prochain, les travaux du tram seront achevés et ne seront plus un obstacle à ce projet. C'est pourquoi nous vous suggérons une mesure simple et efficace. Pendant tout l'été, c'est-à-dire du 21 juin au 21 septembre 2006, la rue de l'Arsenal deviendrait piétonne tous les vendredis et samedis à 19 h, ainsi que le dimanche toute la journée. Nous nous tenons bien entendu à votre entière disposition pour étudier cette opération de façon plus fine ».

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 20 Septembre 2005.

mardi 2 août 2005

Les bonheurs d'un week-end

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 2 août 2005

Satisfaits ! Les festivals Scènes de rue et l'Arsenal fait sa loi, qui ont animé le centre-ville de Mulhouse le week-end dernier, ont réjoui leurs organisateurs... et les spectateurs venus en nombre.

« Samedi, c'était le bonheur, commente Niama Laverdure, coordonatrice du festival Scènes de rue. Les compagnies étaient ravies de jouer devant autant de monde. On a eu énormément de retours favorables. A la fois des artistes qui sont tous repartis avec une image dynamique de la ville, et du public qui nous a félicités pour la qualité des spectacles. »

2500 fans de feu

En tête des suffrages officieux, le spectacle de feu de la compagnie La Salamandre qui clôturait le festival samedi soir sur la place de la Réunion. « Plus de 2 500 spectateurs », estimait un des membres de la troupe. Et un public très attentif qui n'a eu aucune difficulté à entrer dans l'univers hypnotique des Doubistes. Autre grosse satisfaction, les Trois points de suspension de la compagnie Un poisson sur la branche. « Des programmateurs suisses et allemands ont immédiatement " acheté " le spectacle. Le public leur a même demandé un rappel. » Exigence accordée, rare dans ce domaine. Niama Laverdure souligne également le rôle des cinq compagnies locales ayant participé à Scènes de rue. « Elles ont joué un rôle moteur en emmenant un public différent. »

Complémentarité

Une petite enquête effectuée auprès des spectateurs par les organisateurs laisse toutefois entrevoir un point faible : la signalétique. « On a encore beaucoup de choses à améliorer dans ce domaine. C'est une question essentielle qu'on aura à traiter pour l'an prochain. Comme toujours, c'est une question de budget. » Autre point négatif, mais là, le budget n'y peut rien, les trois spectacles annulés (sur 16) pour cause de pluie, dont celui du vendredi soir. « Du coup, les spectateurs et même les artistes étaient bien contents de pouvoir se rabattre sur la place de la Concorde, pour les concerts de l'Arsenal fait sa loi, estime Niama Laverdure en soulignant la « complémentarité » qui existe entre les deux événements. Et si la municipalité préfère que la distinction entre les festivals soit bien faite, « l'essentiel, c'est que le public y trouve son compte ».

Piétonnisation

Franck Richard, de l'association Old School qui organise l'Arsenal fait sa loi, veut lui aussi mettre en avant le travail qui a été fait en commun par les équipes des deux festivals. Des interactions visiblement du goût d'un public qui, loin de se demander où on voulait bien l'entraîner, s'est joyeusement laissé guider, de rue en place et de square en rue, par la bonne humeur contagieuse des artistes de rue. « Il n'y avait qu'à voir la concentration de monde sur la place de la Concorde samedi soir pour voir que le festival a été un succès, même si on souhaiterait que les rues deviennent piétonnes plus tôt dans la journée ».

Franck Richard voit plus loin. « Il serait bien de pouvoir organiser ce genre de manifestations plus d'une fois l'an. Nous avons la structure et les bénévoles. Il ne nous manque que les moyens. »

M.Pf.



Les Krishnous, par la troupe des Goulus. Une secte de mauvaise foi qui a su trouver de nouveaux adeptes dans la Cité du Bollwerk.(Photos DNA - Sébastien Bozon)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 02 Août 2005.

dimanche 31 juillet 2005

La pluie fait sa loi sur l'Arsenal

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 31 juillet 2005


Etrange soirée que celle de vendredi dans le centre-ville de Mulhouse... La pluie a joué un mauvais tour aux deux manifestations de plein air qui devaient animer les rues jusqu'à tard dans la nuit.

Tant les organisateurs de "Scènes de rue" que de "L'Arsenal fait sa Loi" ont joué au chat et à la souris avec un temps capricieux, tout le matériel technique étant évidemment à protéger de la pluie.

Dans le secteur de la rue de l'Arsenal fermé aux voitures depuis 19 h, on trouvait un bienheureux refuge auprès des jeunes artistes de Cobweb et d'Arts média production qui vernissaient plusieurs expositions et proposaient des performances, mais le reste de la soirée fut maussade, une seule scène ayant pu être installée place de la Concorde. La succession de concerts entre les deux scènes initialement prévue n'a donc pu se faire et seuls, ici ou là, quelques notes se faisaient entendre devant un maigre public abrité comme il pouvait. La fanfare ska de Karavan orchestra a donné le maximum pour réchauffer les coeurs, tout comme les petits jeunes de Caracole, repliés au « Greffier ». Berezina musicale donc pour tous les habitués de la rue de l'Arsenal qui s'étaient réjouis de retrouver l'esprit frondeur et libre de « L'arsenal fait sa loi », et tristesse pour le collectif « Old School » obligé de jouer petit bras... Les bars et les DJ ont néanmoins fait le plein jusqu'à 3 heures du matin, autorisation exceptionnelle. Tous les espoirs se sont reportés sur la soirée de samedi...

C.S.C.

Aujourd'hui encore, de la vie autour de la rue de l'Arsenal : repas de quartier rue des Franciscains à 13 h et projection en plein air de « Delicatessen » de Caro et Jeunet à 21 h 15.



Une seule scène a pu être installée, place de la Concorde. (Photo DNA)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Dimanche 31 Juillet 2005.

mercredi 4 août 2004

L'Arsenal en fête et piéton : Vision d'avenir ?

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 4 août 2004

Le quartier « Arsenal » a retrouvé son calme estival (et ses voitures...) après avoir connu durant trois jours un bon coup de chaud : l'opération « l'Arsenal fait sa loi » y a fait régner l'ordre anarchique de la musique, des conversations jusqu'à pas d'heures et du mélange...

 Joyeuse anarchie qui n'aura peut-être pas été du goût de tous les riverains (ils ne manqueront pas de le faire savoir à la mairie !), mais qui aura mis à jour surtout la soif de sorties et d'animations du plus grand nombre... Entre « Scènes de rues » et « Arsenal fait sa loi », les touristes en balade à Mulhouse ce week-end auront eu une bien belle image de la ville, hélas éphémère... De vendredi soir à dimanche soir, en famille ou en bandes de copains, toutes générations confondues, habitués du quartier et Mulhousiens de passage ont profité des rues libérées et des concerts (parfois un peu « hard ») en différentes scènes ouvertes et à la chapelle Saint-Jean (saisissante prestation notamment de Pascale Ott à la harpe électrique), des ateliers pour les enfants et de performances artistiques proposées par les collectifs Cobweb et Zanzib-r : des animations, certes, mais surtout un souffle, un état d'esprit...

De Cobweb à Spielberg

 L'idée de se réapproprier sa ville et d'y faire dialoguer ses habitants : ce quartier central, riches en commerces et en bars a donc fait office pour trois jours de microcosme « idéal ». Drivée par l'association Old School, Peggy, Jérémy et Jean Luc en tête, qui ont eu la malice et « l'opportunisme » d'y intégrer une opération périphérique (projection du film de Steven Spielberg « Minority Report » dimanche soir), de se raccrocher aux « Scènes de rues » voisines et d'ajouter un marché aux puces (fréquenté dimanche matin mais qui s'est vite étiolé, température aidant) et un repas de quartier qui a réuni plusieurs dizaines de personnes autour des tables installées rue des Franciscains, repas tiré du sac. Ainsi, avec une belle maîtrise du système D, l'opération peut indiscutablement être qualifiée de réussie : « populaire » et culturelle, « l'Arsenal fait sa loi » a fait plaisir à voir, et accessoirement posé quelques questions d'importance sur l'avenir du quartier, son animation, son éventuelle piétonisation ponctuelle. Mais surtout, elle a été organisée par de « simples citoyens », en une fédération d'énergies et d'intérêts très divers, et à l'abri des mainmises et des tutelles habituelles... Libre.

C.S.C.




Un marché aux puces a complété la fête. (Photo DNA)

© Dernières Nouvelles D'alsace, Mercredi 04 Août 2004

dimanche 1 août 2004

Les belles heures piétonnes

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 1er août 2004



Premières heures de festivités réussies et fréquentées, vendredi soir dans le secteur de la rue de l'Arsenal. A l'initiative du collectif Old School, « l'Arsenal fait sa loi » a bien démarré.

 Le quartier est fermé aux voitures exceptés quelques têtus et dangereux irréductibles, tout ce week-end, et il est bon d'y flâner en toute tranquillité... Concerts divers et surtout échanges et convivialité autour des nombreuses terrasses : habitants et habitués de ce triangle d'or de l'animation nocturne, familles et bandes de jeunes, badauds venus pour les « Scènes de rues » et poussant la balade, par la musique attirés, tous ont fait bon ménage, sourires aux lèvres.
 Un état d'esprit « vacanciers » et partageur qui était exactement celui souhaité par Peggy Roig, cheville ouvrière de l'organisation éclair de cette manifestation, certes déjà défrichée en 2003, mais bien musclée par cette étudiante en maîtrise Culture et communication, native du quartier. Autour d'elle, de nombreux bénévoles, têtes connues ou nouvelles fédérées sous la bannière de l'association Old School, et une quinzaine de groupes et d'artistes, venus bénévolement eux aussi, de Strasbourg, Belfort, Besançon et Mulhouse.

De bonnes ondes

 Avec des bouts de ficelle, les 1 000 € de la bourse « Envie d'agir », l'aide logistique, tout de même, de la mairie, et beaucoup d'énergie, « L'Arsenal fait sa loi » répand donc tout ce week-end sur le quartier ses bonnes ondes. Un courant informel et quelque peu débridé, à l'image du « Café citoyen » annoncé devant « Le Greffier » et qui s'est réduit en grande partie finalement à un inusable et récurent affrontement entre deux frères gentiment ennemis de toujours, l'adjoint à la culture Michel Samuel-Weis et Jean-Luc Wertenschlag, père fondateur du Noumatrouff et agitateur d'idées, autour de quelques bonnes questions : destruction malheureuse du « Phoenix », trou béant place de la Concorde (l'adjoint eut beau jeu de répondre que l'endroit est privé...), avenue du Caumont, silence pesant autour de la Cour des Chaînes, « Bêtes de scènes » réduit à la portion congrue, piétonnisation de la rue de l'Arsenal.
 Aux airs manouches de Terno Sinto ou techno de Jujudoka, de Sergent Poppers ou d'Hamid Vincent, la soirée s'est donc écoulée, sous les étoiles et la douceur de vivre...

C.S.C.

La suite aujourd'hui : marché aux puces de 6 h à 18 h rue de l'Arsenal et repas de quartier rue des Franciscains.



Concerts, échanges et convivialité autour des nombreuses terrasses.(Photo DNA - A.-P.)

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