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Tag - Journal L Alsace

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vendredi 15 avril 2011

Un café avec Clémentine dans La Vitrine

Installée à Mulhouse depuis un an, Clémentine Martinez est illustratrice. Sa matière de prédilection : le café, auquel elle ajoute peinture, brou de noix, épices, sable ou feuilles séchées. Une technique à découvrir samedi dans les locaux de La Vitrine.

Depuis quelques semaines, les clients de La Vitrine, située avenue Kennedy, ainsi que les passants, ont découvert le travail d’une jeune illustratrice, en particulier une série de visages asiatiques, Les orchidacées, dont le trait évoque un carnet de voyage. Les visages et les fleurs s’y côtoient, voire s’entremêlent dans une harmonie parfaite, alors que rien ne les destinait à se rencontrer, si ce n’est l’esprit créatif de Clémentine Martinez. « Dans mon travail, le support est extrêmement important. J’utilise de vieux livres qui possèdent une histoire, trouvés dans des brocantes, ou des papiers récupérés, explique la jeune femme de 26 ans. Le sujet découle ensuite des pages du livre. C’est une communication entre le fond et la forme. Les graphismes vont faire vivre mes dessins. » Dans Les orchidacées, il s’agit de vieilles planches de botanique illustrées.

Installée à Mulhouse depuis un an, Clémentine Martinez est Marseillaise. Elle cultive un goût pour le dessin, l’image, la décoration, le design, la mode et l’accessoirisation depuis son plus jeune âge. Bricoleuse au sens propre du terme, elle aime jouer avec les couleurs, et encore plus les matières.

« L’illustration, c’est du design de l’image »

Après un brevet technique en architecture et décoration au lycée d’arts appliqués de Marseille, elle poursuit ses études par un brevet de technicien supérieur (BTS) en design de mode et choisit de se lancer dans l’illustration. « L’illustration, c’est du design de l’image. Il s’agit de raconter une histoire par le dessin, qui devient ainsi un bel objet, un petit bijou même, car j’aime travailler dans le détail et la minutie », raconte Clémentine Martinez.

La touche très personnelle de Clémentine, c’est l’utilisation de café hyperconcentré comme matière première au bout du pinceau, ou parfois sur un trait de bambou. « J’ai commencé il y a sept ans avec le suc, par accident, puis j’ai essayé d’apprivoiser la matière. Le café se travaille à l’infini et permet d’obtenir des effets plus ou moins intenses, précise l’illustratrice. D’habitude, le café sert de lavis, moi, c’est ma matière principale. » Elle y ajoute de la gouache, de l’acrylique, de l’aquarelle, de la peinture à l’huile, du crayon de couleur, de la bombe et un tas d’autres matières naturelles comme le sable, les épices, les feuilles séchées etc. « C’est de la cuisine. L’intention, c’est le travail de la matière pour obtenir du relief, d’où ce jeu de superposition de techniques », commente-t-elle.

Après quelques séries de visages du monde, l’illustratrice s’est intéressée à l’anatomie, et plus particulièrement à l’ostéologie. « J’adore les personnages et les corps. Pour moi, le crâne est un accessoire comme les autres. C’est très graphique et c’est plus sexy qu’un bassin ou qu’un tibia ! », considère-t-elle. Une dizaine de couches successives et une semaine de travail, séchage compris, ont été nécessaires pour cette « tête de mort » revisitée sur fond d’une roue. Feuilles d’or, perles et broderies

Actuellement, Clémentine Martinez travaille déjà sur un autre thème : celui des armures, des casques et des armes à feu, « avec tous les détails de gravure qu’on trouve sur les armures ». Elle aimerait aussi tenter de nouvelles expériences en incrustant des feuilles d’or, des perles ou des broderies. À son compte depuis quelques mois, la jeune femme s’applique à créer un jeu des 7 familles avec huit autres illustrateurs pour le compte de l’association Ustensibles, cherche des éditeurs et démarche des galeries. Elle expose actuellement à Zee Art, à Strasbourg, et sera présente à la place des Arts les 11 et 12 juin à Strasbourg pour une performance. Demain, toute la journée, elle réalisera un diptyque de 100 cm sur 140 cm dans la devanture de La Vitrine. Deux toiles, deux chevalets dirigés vers l’extérieur, des pinceaux, de la gouache, et surtout, deux litres de café !

Y ALLER
Samedi 16 avril, de 10 h à 19 h, à La Vitrine, 53, avenue Kennedy à Mulhouse. Tél. : 03.89.33.11.11.

CONTACTER
Clémentine Martinez, 06.21.97.14.02. Ses illustrations sont visibles sur www.fruitconfit.blogspot.com

Céline Bechler

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Samedi, Clémentine Martinez réalisera un diptyque sous les yeux des passants dans la devanture de La Vitrine, avenue Kennedy, en mêlant plusieurs techniques, dont celle au café. Photo Dom Poirier

(article paru dans le quotidien régional L'Alsace le vendredi 15 avril 2011 - www.lalsace.fr)

dimanche 20 mars 2011

Slam /// Tribune libre pour la poésie de l'urgence

Le slam est un art oratoire particulier, car ouvert à toutes et à tous. Généreuse et populaire, cette pratique de la langue sans tabou se transforme souvent en tribune libre où tout devient possible, de la poésie à la psychologie, de la politique à l'amour, de l'ego surdimensionné au collectivisme absolu. Les rendez-vous sont multiples dans les jours prochains : goûtez au moins !

La grosse actualité slam dans les semaines à venir est une bonne occasion de rencontrer Jo et Frantz, les deux piliers haut-rhinois du genre, porteurs des collectifs « Boîte à Rimes » et « Ex Slam Toi ». Commençons par la question indispensable : mais quel est donc cet art étrange ? Pour Jonathan Rauscher, le slam est « un événement où les gens se retrouvent pour dire des textes, où l'entrée est toujours gratuite, où il n'existe aucune distinction entre les participants, de sexe, de religion, d'argent ou autre, où un verre est offert au premier vers dit ». Mais chaque slameur a se propre définition du mouvement. La preuve par Frantz : « le slam c'est la liberté de penser, d'écrire, de dire et d'y repenser ». Evénement populaire, moment d'émotions, tribune libre permettant de donner la parole à qui veut la prendre, le slam est effectivement une pratique plutôt étonnante dans le paysage culturel : chaque spectateur est invité à devenir « spec'acteur », à monter sur scène, à participer au-delà d'une consommation passive des mots produits par d'autres. Vous aurez compris que la nouvelle association « Ex Slam Toi » est à la recherche de participants motivés par la palabre : au-delà des soirées programmées, vous pouvez venir les rencontrer un jeudi sur deux dans un bistrot transformé en forum.

Jouer avec les mots

Votre agenda slam démarre cette semaine sous le label du ministère de la culture, qui se met à la mode urbaine avec la déclinaison slam de l'opération « Dis moi dix mots dans tous les sens » réalisée dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie en ce moment. Il s'agit de jouer avec choeur – avec – accueillant – main – agapes – fil – harmonieusement – cordée – complice – réseauté. Vous pouvez ainsi rédiger textes, poésies, déclamations, manifestes ou autres harangues pour les présenter sur scène, dès demain à la Kunsthalle Mulhouse ou à Etuefont dans le territoire de Belfort, ou mardi dans le bar « Aux Copains d'Abord », toujours à Mulhouse. Et n'oubliez pas : tout le monde peut être slameur, serait-ce une seule fois. Et dans le petit monde des amis de la « tchatche », vous trouverez toujours quelqu'un pour vous aider à préparer votre texte ou votre diction. Parce que n'importe qui peut dire n'importe quoi ?

Voter bleu, rose ou blanc

Si vous êtes sportif dans l'âme et que les mots vous amusent, vous pouvez également vous inscrire à la « coupe de la ligue » et espérer gagner un voyage à Tours pour représenter l'Alsace. Et comme tout est possible dans l'aventure des mots, vous pouvez aussi vous défouler et dire du mal de qui vous voulez. Ou du bien. Ou les deux. Le meilleur, c'est qu'on peut se répondre sur scène, se libérer des maux, parler de soi, évoquer l'urgence sociale ou la beauté des géraniums, la plaisir de voter bleu, rose ou blanc ou la nécessité de planter des éoliennes partout. La liberté est totale, le plaisir souvent au rendez-vous, les sentiments s'envolent entre les phrases … Ensemble, tout devient possible ... ou passable ? Venez écouter, participer, applaudir, rire, sinon vous ne saurez jamais !

SURFER

Y ALLER L'agenda régional du slam :

  • Samedi 19 mars de 13h30 à 14h30 : scène ouverte slam à la Kunsthalle, centre d'art contemporain, 16 rue de la Fonderie à Mulhouse, suivie d'une visite guidée de l'exposition « Salons de lecture » à 15h
  • Samedi 19 mars en soirée à la salle des fêtes d'Etueffont (territoire de Belfort), atelier d'écriture pour découvrir le slam avec Sens Scrupule.
  • Mardi 22 mars : Scène slam « Dis moi dix mots dans tous les sens » aux Copains d'Abord, 13 rue Louis Pasteur à Mulhouse à partir de 20h30.
  • Un jeudi soir sur deux au Duplex, 6 rue des Tondeurs à Mulhouse, rencontre slam, scène d'entraînement en présence de musiciens, forum et plus. Prochaines réunions ouvertes à tous les 24 mars et 7 avril.
  • Samedi 9 avril 20h30 à Marckolsheim (67) : lancement de la Ligue Slam de France en présence de nombreux slameurs, dont U-Bic et JDHZ.
  • Mardi 19 avril 20h30 : Sélection Coupe de la Ligue Slam de France, tournoi de qualification aux Copains d'Abord à Mulhouse.

(extrait du quotidien régional L'Alsace du 18 mars 2011 - www.lalsace.fr)

vendredi 20 août 2010

MNE, la web-radio « avec des vrais gens à l’intérieur »

(article paru dans L'Alsace le 19/08/10)

(Photo: Darek Szuster)

Mulhouse net experience — MNE — aura bientôt 3 mois et s’apprête à pousser le volume.

Ce jour-là, histoire de se roder pour la rentrée, ils avaient préparé un direct avec Cali, en Colombie où Vanessa, une de leurs collègues, colombienne, est en vacances. Prévue pour 15 h 30, l’émission démarre avec pas mal de retard, avant que la liaison ne soit finalement… interrompue. Problèmes techniques en rafale. Du coup, repli tactique sur un duplex avec Paris et Viviana, la sœur de Vanessa. Le tout, entrecoupé de grands éclats de rires, de quelques morceaux de cumbia, mais aussi d’intéressants témoignages sur le pays du cartel de Medellin, des Farc et d’Ingrid Betancourt et aussi d’une société à deux vitesses, celle où l’on survit entre chômage et insécurité et celle, où l’on croise en limousine sur les belles artères de Bogota. Car, Radio MNE, ce n’est pas que de l’impro, un joyeux bazar, c’est, délibérément, une web radio du net, pas comme les autres : « La plupart, c’est des ordinateurs, présidés par un ordinateur, dont le secrétaire est un ordinateur, nous, c’est une web-radio avec des vrais gens à l’intérieur », définit Jean-Luc Wertenschlag, l’un des hommes-clé du nouveau media mulhousien.

« L’esprit des premières radios associatives »

« Notre but, définit J-L W, c’est de retrouver l’esprit des premières radios associatives des années 70, 80, mais sur le web, ou dans ta poche, si tu télécharges une émission sur ton I-phone… La radio n’est qu’un outil, pour permettre à des gens très différents, à toutes les tribus musicales imaginables, de se rencontrer ».

Depuis son mémorable « 72 heures de direct non-stop » inaugural, fin mai, MNE tâche de transcender ce credo avec une trentaine d’émissions, qui ont déjà connu une première diffusion : entre « l’agenda Bretzel » du mardi, avec Pierre et Marlène, qui égrène tous les événements où il faut être entre Bâle, Mulhouse et Fribourg, et ce « Mad world of DJ Bush », où l’on découvre « des musiques jamais entendues ». Des débats aussi, des rencontres, de quoi percer l’enveloppe ébouriffée du slogan : « La seule radio où n’importe qui peut faire n’importe quoi, mais pas n’importe comment ». Car, derrière, il y a un pack de valeurs que Jean-Luc Wertenschlag déballe, pêle-mêle : « Humour, éducation populaire, liberté, anti-racisme, solidarité, échanges culturels ». Et, après un temps : « Mais tu peux aussi faire une émission sur le tuning ! ». Tout cela, porté par un esprit, une structure et des personnages, dont l’histoire a commencé bien avant MNE (voir ci-dessous), et dont le dernier avatar est l’association Old School, laquelle fait encore bien autre chose que de la radio.

Texte : Luc Marck

jeudi 12 août 2010

eRikM, le platiniste du déséquilibre

Plasticien, compositeur, musicien, eRikM est un artiste polymorphe et hyperactif d'origine mulhousienne. A l'invitation du festival météo, il revient dans sa ville natale pour une carte blanche de toutes les couleurs.

Il fait partie de ceux qui ont donné aux platines de DJ leurs lettres de noblesse en dehors des dancefloors des discothèques. Membre dans sa prime jeunesse des groupes précurseurs Daddy Long Legs ou Kill the Thrill, eRikM a depuis parcouru un chemin impressionnant, s'installant à la friche Belle de Mai à Marseille, multipliant les collaborations et les créations dans le monde entier. Le réjouissant festival météo, démarrage le 12 août au parc Salvator, invite l'enfant prodige à partager ses rencontres, à travers une carte blanche itinérante le 22 août, un concert à DMC le 26 et un atelier «austral» ...

Jogging sundgauvien

Le voyage en autocar du dimanche 22 août s'annonce curieux et vagabond, mélangeant allègrement découverte de lieux dédiés à l'art contemporain et de performances secouées. A l'heure du déjeuner, après la visite de l'expo MoNo à l'espace Gantner de Bourogne, on dégustera sans se déplacer Norbert Möslang en hors d'oeuvre. Cet aventurier suisse, l'un des mentors d'eRikM, moitié du duo Voice Crack disparu en 2002 - après avoir joué sous le théâtre de la Sinne en 1969 (!), a représenté la Confédération Hélvétique à la Biennale de Venise en 2001. Artiste visuel et sonore, il fut l'un des premiers à détourner les objets électroniques du quotidien «électroménagé» dès les années 70. On file ensuite au CRAC d'Altkirch pour accompagner le «Jogging» de Natacha Muslera, chanteuse performeuse qui aime courir sur un tapis roulant jusqu'à l'épuisement … Avant-dernière étape de ce périple campagnard, la FABRIKculture d'Hégenheim, où eRikM s'acoquine avec dj Sniff, platiniste japonais installé à Amsterdam, responsable d'un centre de recherche et de développement sur le son, un genre d'IRCAM en plus alternatif. En soirée, rendez-vous final à la Kunsthalle de Mulhouse et changement de génération pour vivre l'installation de Julien Clauss, jeune Strasbourgeois vivant entre Marseille et la Drôme. Que va nous proposer cet adepte de radio dans la nature, de vibrations radicales et de concerts audio-tactiles ? Peut-être une combinaison à revêtir pour sentir physiquement les sons qui nous transperceront ...

Expérience industrielle à DMC

Les aficionados de météo, les Mulhousiens qui aiment leur ville et les curieux de l'oreille ne rateront pas la suite des pérégrinations d'eRikM le 26 août sur le site des anciennes usines DMC. Lieu propice s'il en est pour du son industriel à son meilleur, une expérience en compagnie de FM Einheit, percussionniste des mythiques Einstürzende Neubauten. Et ceux qui en veulent toujours plus s'inscriront au stage «Austral», une semaine de création et d'improvisations dont l'issue est heureusement incertaine ….

Ce retour vitaminé d'eRikM dans la ville de son enfance s'annonce fertile en rebondissements. L'artiste désormais phocéen est reconnaissant à Adrien Chiquet, maître des cérémonies «météorologiques», d'être le moteur d'un festival central au niveau européen, qui permet de voir ce qui n'existe pas ailleurs, loin de toute frilosité culturelle. Programmé en fin d'année au Japon et en Asie, eRikM reste cependant accro à la cité du Bollwerk dans l'âme. «Chez moi, c'est Mulhouse, pas Marseille. Mes copains d'enfance, mes amis, ma famille sont ici. Et la ville a changé, s'est embellie. Il y a des moyens ici qui n'existent pas dans le sud. Les propositions culturelles sont impressionnantes, surtout avec les villes à côté. Et les jeunes d'ÖDL vont finir par avoir un lieu pour remplacer la Verrerie. Juste, les numéros des bus ont changé, ça m'énerve, il faudrait revenir aux anciens numéros (rires). Mais je resterai à Marseille pour la lumière et la qualité de la vie ...»

Y ALLER

  • 27e édition du festival météo jusqu'au 28 août à Mulhouse ville et campagne.
  • Journée «in bus with eRikM» le dimanche 22 août : départ du bus à 11h à la Kunsthalle Mulhouse, Norbert Möslang à 12h30 à l'espace multimédia Gantner de Bourogne (90), Natacha Muslera à 15h30 au CRAC Altkirch, eRikM + DJ Sniff à 19h à la FABRIKculture à Hégenheim, Julien Clauss à 21h à la Kunsthalle Mulhouse.
  • Stage eRikM du 23 au 27 août au conservatoire.
  • ErikM & FM Einheit + Maja Ratkje solo le 26 août à 17h30 à la friche DMC. Expo MoNo jusqu'au 18 septembre à l'espace Gantner Bourogne.


SURFER

(article paru le vendredi 13 août 2010 dans le quotidien régional L'Alsace - www.lalsace.fr/)

lundi 25 janvier 2010

Slam /// Les poètes urbains du quotidien extraordinaire

Grosse semaine slam à venir en Alsace : concours pour partir en vacances au Mans, scènes ouvertes de tous les côtés, soirées festives, échanges multiples … On savait que Strasbourg et Mulhouse sont des places fortes régionales, du slam mais désormais même Colmar succombe au charme citoyen de cette langue libérée ...

Le slam reste un mouvement relativement mystérieux. A part le fameux Grand Corps Malade qui a propulsé cet art oratoire sous les projecteurs de Seine Saint Denis avant d'envahir la France entière, les slammeurs restent souvent inconnus du grand public. La semaine prochaine sera l'occasion pour les Alsaciens et leurs voisins de découvrir «pour de vrai» ce mode d'expression impressionnant de liberté. Avec trois soirées programmées à Strasbourg, Mulhouse et Colmar, les curieux n'auront plus aucune excuse : le slam est livré sur un plateau près de chez vous !

Mulhousiens échangistes

Un concours autour du festival Le Mans Cité Chanson est le prétexte de ces réjouissances verbales. Jhon do Hazar et Fred H., deux Mulhousiens à la langue bien pendue, ont fait le déplacement dans la Sarthe l'an passé, et sont revenus la tête pleine d'envies échangistes et la besace remplie d'un alléchant règlement de tournoi. Les sélections pour désigner deux tchatcheurs qui iront tous frais payés se pavaner au Mans en mars prochain se déroulent à Strasbourg mercredi et à Mulhouse jeudi. Les inscriptions sont ouvertes, mais il est possible d'attendre le dernier moment pour poser son nom sur la liste des postulants. Les règles du concours sont simples : chaque intervention sur scène doit être courte, pas plus de 3 minutes et 24 secondes très précisément, sous peine de se faire tirer les oreilles. Cela est plutôt une bonne chose : si jamais vous avez une envie irrépressible de zapper le poète qui accapare le micro, dites-vous que le temps d'aller visiter les toilettes il aura disparu ...

Le secret de la tarte aux poireaux

Au-delà de cette compétition officielle, les trois soirées permettront à tout un chacun de monter sur scène, de s'emparer du micro et de déclamer le texte de son choix. Vous rêvez de déclarer publiquement votre flamme à l'amour de votre vie ? Vous voulez réciter la fantastique poésie d'un auteur moldave que vous chérissez ? Vous avez envie de raconter l'aventure incroyable de votre vie en trois minutes chrono ? Vous ressentez subitement le besoin urgent de transmettre au monde entier la recette secrète de la tarte aux poireaux ? Le slam est fait pour vous, venez le rencontrer, et si vous avez peur, emmenez vos enfants !

S'INFORMER

Infoline Old School tél. 03 89 33 11 11. Infos et inscriptions aux tournois sur place ou en écrivant à boite.a.rime@gmail.fr pour Mulhouse et à oazart@gmail.com pour Strasbourg. Pour préparer son voyage au Mans : http://www.lemanscitechanson.com

Y ALLER

Entrée libre les trois soirs. Scène et tournoi slam, micro accessible à tous. Mercredi 27 janvier 21h chez Jeannette et les Cycleux, 30 rue des Tonneliers à Strasbourg. Jeudi 28 janvier 20h30 aux Copains d'Abord rue Pasteur à Mulhouse. Soirée de clôture slam jam festive (hors tournoi) vendredi 29 janvier 21h au Poussin Vert, route de Neuf-Brisach à Colmar.

(article paru dans le quotidien régional L'Alsace le vendredi 22 janvier 2010 - http://www.lalsace.fr)

mercredi 15 avril 2009

En mai, slame comme il te plaît! (article paru dans le supplément week-end de l'Alsace, le 30/04/09)

Oaz’art et Old School organisent en Alsace « Paroles », le premier festival slam du 5 au 9 mai. L’occasion pour le public néophyte de découvrir cet art oratoire et pour tous de prendre la parole lors d’une des nombreuses scènes ouvertes.

C’est à Chicago, en 1984, que Marc Smith a l’idée d’organiser des joutes oratoires dans les bars de la ville afin de dépoussiérer les scènes ouvertes de poésie. L’objectif était d’y apporter une dimension ludique, notamment grâce à la participation du public sollicité en tant que membres du jury. Il tire son nom du verbe to slam (claquer, jeter) qui rappelle la manière dont les poètes scandent leurs vers. Arrivé en France dans les années 90, cette nouvelle forme d’expression s’est développée et diversifiée pour aboutir à un véritable slam « à la française » décliné sous diverses formes telles que le spoken word, le one man show poétique ou encore les scènes ouvertes. Depuis quelques années, de nombreux artistes mettent en avant sa vocation pédagogique en organisant des ateliers d’écriture dont les objectifs résident dans la création et l’interprétation de textes, sans oublier la possibilité offerte aux jeunes de s’exprimer librement.

Un vers dit, un verre offert

La scène ouverte en est la déclinaison la plus pratiquée en Alsace, basée sur un principe simple : un verre est offert au participant en échange du premier texte déclamé. Chaque inscrit prend la parole au micro sous les encouragements bienveillants d’une assistance où se mêlent tous les milieux, toutes les origines sociales. Ainsi se succèdent sur scène des personnalités différentes tels qu’un jeune rappeur, un retraité amateur de poésie classique, une étudiante, ou encore le patron du bar, tous animés par la même volonté de partager un texte… autour d’un verre.

U-Bic (alias Lucie Rivallé) a rencontré le slam à Bordeaux, sa ville natale, en 2004 et en est rapidement devenue « accro ». Arrivée à Strasbourg il y a trois ans, elle s’attache à faire vivre cette culture urbaine en organisant des sessions slam par le biais de l’association Oaz’art et poursuit son engagement avec le festival Paroles. Electron libre ayant tendance à vouloir être dans plusieurs dimensions en même temps, cette petite chose n’attaque que la nuit, munie d’un stylo Bic plastique. A l’occasion du festival, le groupe Planète U-Bic présentera le spectacle « Mange et tais-toi »: quelque part sur la planète U6, en l’an 2057, quatre individus atypiques, qu’en apparence rien ne relie, survivent dans un ghetto pour artistes bannis. Leur plus grande angoisse : devoir renoncer au rêve. Alors ils cherchent le meilleur moyen de résister à la Pensée Unik. Un fabuleux voyage où la poésie moderne se mêle à la musique, au théâtre, à la magie … . Accrochez vos ceintures!

Plus de vingt slameurs de France, Suisse et Belgique interviennent pendant « Paroles ». Formés au théâtre, à la musique, au conte ou simples amateurs de poésie, ces beaux parleurs vous feront découvrir leur univers accompagnés de musiciens, ou dépouillés de tout artifice. Loin du verbiage que l’on nous sert de plus en plus, les mots claquent, le verbe questionne et la poésie réunit. Les nombreuses scènes ouvertes, véritables tribunes de libre expression populaire, offriront à chacun l’occasion de devenir acteur du festival en prenant la parole.

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Programme 5 mai à Colmar, scène ouverte au Poussin Vert avec des slameurs venus de Lille, Toulouse, Lyon, Paris, de Suisse et de Belgique. 6 au 8 mai à Ostwald et Sélestat, quatre concerts de spoken word. Les 7, 8 et 9 mai à Mulhouse, ateliers pour professionnels, amateurs et jeunes. 9 mai à Mulhouse, dernière scène ouverte du festival au bar Les Copains d’Abord. Infos tél. 03 89 33 11 11 web www.oazart.com.

vendredi 27 mars 2009

Chanson: Jesers un autre monde

Article paru dans le Journal l'Alsace le vendredi 27 mars 2009

A côté de ses scènes avec La Vieille Ecole, Serge Moniz, alias Jesers, a démarré il y a deux ans un projet musical voyageur baptisé « J’aimerais qu’on sème ». Dakar sera la prochaine étape de cette aventure multimédia qui respire l’amour. Rencontre ce soir à Mulhouse avant le décollage.

Tout a commencé en 1994 avec Napo’n’Co, métamorphosé dès 1996 en Vieille Ecole. Le groupe hip hop phare de Mulhouse, mené par Jesers au chant et au texte, a vécu sa petite carrière de façon surprenante, virevoltant du printemps de Bourges aux Eurockéennes, s’envolant aux Etats-Unis, au Canada et au Japon, se payant le luxe de négocier un contrat discographique avec Skyrock puis Sony, au risque de ne pas signer à l’arrivée. Aujourd’hui, la Vieille Ecole reste un mystère vivant : personne ne comprend vraiment pourquoi cette formation explosive sur scène et dotée d’un tube indémodable – le fameux « Limité mon gars » - n’a pas percé au niveau national. Heureusement, en musique, tout comme en politique, il n’est jamais trop tard. La preuve, le groupe tournera dans deux mois en Hollande, fidèle à un engagement virtuel de jouer uniquement à plus de 500 km de Mulhouse … La Vieille Ecole ne disparaîtra jamais !

Derrick n’arrêtera pas le Sergent Garcia

Serge Moniz fait une rencontre déterminante en 2007. Arnaud Masson, producteur, musicien et ingénieur du son, le sollicite pour un projet musical réalisé avec des collégiens autour de l’œuvre de Serge Gainsbourg. Deux reprises hip hop particulièrement attachantes concluent cette première collaboration. Et l’étincelle née autour de Gainsbarre allume la mèche de « J’aimerais qu’on sème », projet d’album au long cours. Les deux artistes fourmillent d’idées et multiplient les « featuring ». Les invités seront nombreux autour de cette création oscillant entre chanson, rap, slam et world music. Au gré des envies et des rencontres, des personnages savoureux mettent leur talent au service de ce « work in progress » dont on attend impatiemment la version finale. Le Sergent Garcia, le plus latino des musiciens français, apporte sa touche salsa avec bonheur, le percussionniste toulousain d’origine sénégalaise Arona N’Diaye Rose (fils de Doudou, dis donc !) nous transporte en Afrique, le batteur londonien de Jamiroquai, Derrick – pas encore inspecteur – remixe un titre, sans parler des artistes régionaux de toutes les couleurs qui posent un texte, un visage, une voix, un son, pour transformer ce premier opus en concentré planétaire d’un bonheur rafraîchissant. On visitera ainsi avec émotion le clip mêlant langage des signes et poésie sonore réalisé avec Adamo, à retrouver sur le myspace.

Voyage musical à Dakar

L’envie de poser des mots plus personnels, ressentie à l’occasion d’ateliers d’écriture slam dans les lycées de la région, un besoin intense d’évoquer l’amour, fermentée à force de visions d’images sanglantes tirés des conflits planétaires, et la volonté de s’ouvrir à d’autres musiques sont également à l’origine de ce projet multimédia. Celui-ci se déclinera en sons, en images, en carnets de route et en clips accrocheurs. La tournée du groupe culte Tam Tam 2000 (dans lequel le père de Serge officie) en Afrique dans les jours qui viennent est une belle opportunité. Une équipe de vidéastes et photographes est constituée afin d’accompagner ce voyage sur la terre des ancêtres. Serge n’a jamais mis les pieds au Sénégal et au Cap Vert, les deux pays où sont nés ses parents. Ce retour aux sources permettra l’enregistrement d’un nouveau titre avec une vingtaine de percussionnistes de Dakar et la réalisation d’un carnet de voyage forcément coloré. Avec une ferveur sentimentale pour ce continent magnifique, l’artiste mulhousien veut chanter la richesse, l’hospitalité, la famille, les rires et les paysans du continent noir. « On peut trouver ça pauvre de vivre à même le sol, mais ils n’ont pas besoin de carrelage ». Même s’il y en a ce soir aux Copains d’Abord pour la petite présentation musicale de « J’aimerais qu’on sème », l’Afrique sera dans tous les esprits.

JLW

Concerts

Jesers en showcase acoustique ce soir 21h avec le guitariste Marc Geschickt au bar les Copains d’Abord, rue Pasteur à Mulhouse. Entrée libre, Infos tél. 0 389 560 939 e-mail artswaves@voila.fr. Tournée au Sénégal et au Cap Vert avec Tam Tam 2000 du 3 au 17 avril. Mini-tournée en Hollande avec le groupe La Vieille Ecole du 4 au 6 mai.

Ecouter

MP3 de l’album de Jesers en préparation en écoute sur www.myspace.com/jesersserge. CD « Jesers Serge » en hommage hip hop à Serge Gainsbourg en écoute sur le site www.jesers.com. Site officiel du groupe La Vieille Ecole : www.vieille-ecole.com. Tous ces CD sont en vente en ligne à l’adresse http://shop.old-school.fr.

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vendredi 13 mars 2009

Joël Hubaut, grossiste en art

Article paru dans le Journal L'Alsace le vendredi 13 mars 2009

Il nous secoue, nous submerge, nous projette, nous exalte. Ses productions multiples traquent la vérité, l’invraisemblance, l’art et la vie. A 60 ans passés, Joël Hubaut, grossiste rêveur en art dérangeant, poursuit son chemin vers la mythologie moderne. Avec un arrêt dans la case « Kunstler surprise » demain à Mulhouse.

Joël Hubaut est un artiste multiforme sévissant dans l’art contemporain, mais pas seulement. Ce personnage infréquentable et inclassable est connu pour ses performances spectaculaires, son talent très particulier à rire et réfléchir de tout – et aussi de n’importe quoi, son activisme absurde à tendance punk … Pour situer son action, il suffit de se rappeler qu’il a détenu en 1982 le record du monde de lancer de camembert, une discipline sportive qu’il a inventé. En 1972, agacé par la prolifération d’événements pop baba-cool, il organise à Honfleur un premier festival Mixage. Il tente alors de mixer armée, police et religion en organisant un match de foot étudiants/CRS et une messe pop en mouillant un curé blousé avec un groupe free jazz encerclés par une course cycliste, au grand dam de l’évêché. En 1996, il rêve « Ce sera tout ouvert ou rien ! » à Auvers sur Oise : « Je rêve d’un week-end à la campagne en Touraine avec des Martiens et des académiciens en habit vert et aussi des jardiniers, des souris vertes et Dominique Voinet, je rêve de sauter dans les vergers et de me retirer tous les petits vers du nez. Je rêve de me teindre les cheveux en vert comme Baudelaire et débouler dans la prairie à fond en Land Rover pour épater les vipères, qu’il pleuve, qu’il mouille, c’est la fête à la grenouille ! Vive le soleil vert ! »

En Land Rover pour épater les vipères

Le plus incroyable, c’est que ce fou furieux bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle proportionnelle à son délire artistique halluciné. On retrouve son installation « La baie des baies » chez Agnès b en 2007, une performance « Tranches de Quai » à l’école des Beaux-Arts de Mulhouse en 2006, un concert avec Joëlle Léandre à Besançon, une performance au palais de Tokyo et quantité d’invitations à visiter le monde, d’Amérique en Asie. Ses installations dérangent l’ordre établi, la nudité conceptuelle attire les curieux et sa réflexion sur l’épidémie et la contamination suscite l’interrogation. Même s’il est surtout connu pour ses performances et ses textes poétiques, son talent protéiforme dévore tous les modes d’expression : il dessine, expose, peint des objets divers, enregistre des disques, écrit des livres, crée une maison d’éditions, dirige une revue sonore … Et j’en oublie …

Renifler à 300 mètres

Energie décalée, activité multipliée, recours à la parodie, pratique de l’absurde, tout déstabilise chez ce Normand d’adoption. Cet artiste singulier opère entre tragédie et comédie, sans jamais laisser indifférent. N’est-ce pas le rôle de l’art que de provoquer des débats qui n’en finissent pas ? Les petites culottes en lévitation favorisent-elles de façon subliminale le néo-constructivisme migrateur ? Vouloir renifler à 300 mètres, est-ce vraiment une bonne idée ? Mélanger corps et nourriture est-il encore surprenant en l’an 2009 ? La poésie sonore a-t-elle encore un avenir ? Pour trouver quelques fragments de réponse, il vous suffit de venir à la rencontre de Joël Hubaut et de son invitée Léa le Bricomte, artiste plasticienne et performeuse, dès demain à la Kunsthalle de Mulhouse. Pour un plongeon revigorant dans le petit monde de l’art contemporain qui déborde …

Concert ?

Intervention (entre poésie sonore et gastro-performance) avec Léa le Bricomte dans le cadre de « Kunstler ZurpriZe », carte blanche à l’association Old School, demain, samedi 14 mars de 16h à 22h à la Kunsthalle, centre d’art contemporain de Mulhouse, 16 rue de la Fonderie. En compagnie d’autres surprises sonores, graphiques, sensorielles, visuelles, gustatives, olfactives … Entrée libre. Infos tél. 03 69 77 66 28 web http://kunsthallemulhouse.fr.

Ecouter

Site officiel http://joelhubaut.jujuart.com. MP3 en écoute sur www.myspace.com/joelhubaut

Manger l’art, c’est bon (photo DR)

lundi 22 décembre 2008

Radio : La première de wne.fr

Article paru dans le Journal L'Alsace le 22 décembre 2008

Première émission samedi après-midi pour la nouvelle webradio mulhousienne. Le rouge est mis : interdiction d’entrer. La première émission sur wne.fr vient de commencer… Dans le studio défilent les premiers invités. Aux micros, hyper à l’aise, Qendresa, Méryl, Mohammed, Julien et Medhi se vannent, parlent philosophie et catch… En direct.

Depuis samedi, Mulhouse compte une nouvelle radio, diffusée exclusivement sur le net. Baptisée wne.fr, elle s’appuie sur les associations Old School et Warum net experience (notre édition de vendredi). La première propose notamment des ateliers d’écriture ou d’éducation aux médias aux adolescents mulhousiens. La seconde a été à l’origine de la création, en 2000, d’une première radio web aujourd’hui consacrée aux musiques nouvelles (www.radiowne.org). Après une radio en direct du festival Momix, puis une seconde lors de l’opération Cité Jeune (qui a permis de recruter une partie de l’équipe), la radio va désormais diffuser en continu. Et espère bien étoffer sa programmation grâce aux contributions d’autres amateurs…

ECOUTER www.wne.fr



La toute jeune équipe de wne.fr lors de la première émission, samedi après-midi.
Photo Darek Szuster

mercredi 9 juillet 2008

Arc-et-Senans célèbre l’utopie avec une «Nuit bleue»

Article paru dans le Journal Le Pays le 9 juillet 2008
La saline d’Arc-et-Senans organise samedi sa «Nuit bleue». Histoire de marquer au travers d’un vrai festival de l’électo les utopies musicales d’aujourd’hui.

Festival à la croisée des explorations sonores et visuelles organisé par l’association «Elektrophonie», la «Nuit Bleue» présente sur une nuit entière une série de concerts acousmatiques et électroniques ainsi que des installations sonores, plastiques et vidéo. Rassemblant pour la septième fois des musiciens souvent qualifiés d’architectes sonores et des plasticiens spécialisés dans l’intervention in situ, la Nuit Bleue invite à explorer les croisements entre son, art et architecture.

Architecte des sons

En amont de la «Nuit Bleue», à partir d’aujourd’hui mercredi, la saline Royale d’Arc-et-Senans accueille la première édition d’une rencontre intitulée «ArchitecTones». Conçue et programmée par Rahma Khazam, journaliste et critique d’art, avec la participation d’Yvan Etienne, commissaire et artiste, cette rencontre réunira 14 intervenants de différents pays européens pour deux journées dédiées au son, à l’art et à l’architecture. Des rendez-vous décidément très en avance sur l’esprit et les utopies chères à Claude-Nicolas Ledoux.

Y ALLER A partir d’aujourd’hui mercredi et samedi 12 juillet de 21 h à 7 h du matin à la saline royale d’Arc et Senans. Suivez la Nuit bleueen direct sur WNE http://stream.radiowne.org:8000/kkwne.m3u

Alain Roy

La saline se pare d’incroyables couleurs comme ici avec l’installation du plasticien Thierry Boucton en 2005.

dimanche 23 mars 2008

Le conte est bon

article paru dans le Journal L'Alsace le 23 mars 2008 [www.lalsace.fr]

Heur-reux les organisateurs du récent festival Récits tout-terrain : le succès a dépassé leurs espérances.

Emmanuelle Filippi est ravie : « Jamais les soirées contes n’avaient déplacé autant de monde ! Le succès du festival a dépassé nos espérances », se réjouit la responsable du récent festival RTT. Les 12 spectacles professionnels proposés ont réuni une soixantaine de personnes en moyenne, avec des « pointes » de fréquentation pour la soirée d’ouverture du 12 mars aux Copains d’abord et l’intervention dans le centre ville samedi 15. « D’après nos calculs, nous avons touché mille personnes environ avec les spectacles ouverts au public ; une centaine lors des rencontres en lieux privés — cabinet médical, service de pédiatrie, centre de réadaptation et boulangerie. »

Autre élément positif : « La participation aux scènes ouvertes, contes et surtout slam. » Hormis le spectacle d’Olivier Hédin, où une partie de la salle a été dérangée par trois gamins très dissipés, « nous n’avons eu que des échos favorables ». Pour Emmanuelle Filippi, l’affaire est entendue : « Il y a un vrai public pour le conte et encore plus pour le slam à Mulhouse. » Et pas n’importe quel public, parole de conteur : « Olivier Hédin, pourtant familier des interventions tout terrain, nous a confié qu’il n’avait jamais vu un public aussi ouvert, chaleureux et à l’écoute ! »

Bref, l’équipe du festival (composée des associations Perles d’histoires, Old School, Des livres et les contes, avec le concours de l’Afsco, des Copains d’abord, du cinéma Bel Air, de la Fnac et soutenues par la Ville, Jeunesse et Sport et la Préfecture) est bien décidée à récidiver l’an prochain.

A.S.

samedi 15 mars 2008

Slam au lycée

Journal L'Alsace du du samedi 15 mars 2008

Une douzaine de lycéens du Louis-Armand ont participé jeudi à la session d’initiation au slam proposée par la Boîte à rimes.

Du slam au déjeuner. Un petit plat mitonné par Fred et Alfred, membres de la Boîte à rimes, à l’occasion du festival Récits tout-terrain.
Un festival consacré au conte, aux récits contemporains et à ses formes actuelles, slam et spoken word, qui a fait parler dans la ville tout au long de la semaine.
Une douzaine de lycéens avaient répondu présents pour découvrir le slam, cette « poésie de l’urgence » scandée.
Ils ont écouté avec intérêt les textes slammés par Fred et les récits d’Alfred. Avant de passer aux travaux pratiques, le meilleur moyen pour s’essayer à un nouveau sport.
Exercice retenu : écrire un texte sur la base du récit conté en simultané par Alfred. Mention spéciale à Amandine, qui s’est jetée à l’eau avec un répondant impressionnant.





Slam en travaux pratiques au CDI du lycée Louis-Armand avec la Boîte à rimes. Photo Denis Sollier

dimanche 9 mars 2008

Ça va faire des histoires…

article paru dans le Journal L'Alsace le 9 mars 2008 [www.lalsace.fr]

Des histoires contées dans la rue, au bistrot, aux Coteaux, à la Fnac, au cinéma Bel-Air ou à la bibliothèque centrale : le festival « Récits tout-terrain » démarre lundi. Ouvrez grand vos oreilles…

« Toutes sortes de récits, dans toutes sortes de lieux, histoire de profiter de ses RTT » : la « semaine des diseurs » va être chargée. Surtout si on y ajoute le second tour des élections, qui va sans doute aussi beaucoup faire parler… Lancé par l’association Perles d’histoires, le festival « Récits tout-terrain », premier du nom, démarre lundi. Une quinzaine de rendez-vous grand public sont programmés jusqu’à vendredi (lire ci-contre). Des animations seront également organisées en milieu scolaire, hospitalier, mais aussi dans une boulangerie… Avec une même envie « d’aller vers les gens, de leur donner la parole, d’échanger et de partager ». Objectif numéro un de ce festival : dépoussiérer l’image du conte. Anachronique cette forme de récit dans notre monde d’image et de technologie ? Certainement pas, répond Emmanuelle Filippi, conteuse et membre de l’association Perles d’histoires.

Dire le monde d’aujourd’hui

« Le conte, ce n’est pas que des princes et des fées ! Il s’adresse à tous les âges. On constate souvent que les adultes sont aussi captivés par le récit que les enfants qu’ils accompagnent ». « C’est aussi la forme la plus signifiante possible : des histoires transmises au fil des générations, polies par les ans et à chaque fois recrées par le conteur… Le conte peut faire rire, rêver, réfléchir. Mais surtout, il dit le monde d’aujourd’hui. D’où l’idée de l’associer aux expressions contemporaines du spoken word et du slam ». Autre ambition du festival : recréer à Mulhouse une manifestation autour du conte. Car la cité du Bollwerk est un vivier, assure Emmanuelle Filippi. « La formation "1,2,3 contez" y a fait naître une génération de conteurs… Qui se sentait un peu orpheline depuis la disparition des soirées contes de la bibliothèque ». Le coup de pouce donné par Véronique Mateus, conseillère d’éducation population à la direction départementale de la jeunesse et des sports, a convaincu les 15 membres de Perles d’histoires de se lancer dans l’aventure. Ont suivi la Ville de Mulhouse et les autres associations, Des Livres et les contes, Coque Licorne, Old School, le cinéma Bel-Air, l’Afsco, le bar Les Copains d’abord, la Fnac, etc.

SE RENSEIGNER Festival Récits tout-terrain, du 10 au 15 mars à Mulhouse. Réservations conseillées au 03.89.33.11.11. Informations complémentaires et programme sur www.10h00.org

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Emmanuelle Filippi, conteuse mulhousienne et membre de l’organisation du festival, sera à la fois en scène et en coulisses.

mercredi 19 septembre 2007

L’esprit « village » de l’Arsenal

Article paru dans le Journal L'Alsace le 19 septembre 2007

C’est une artère commerçante à part, avec une vraie personnalité. Mais la rue de l’Arsenal semble partagée par une frontière invisible. D’un côté, on sourit, de l’autre, on râle.

« Vers 1900, la rue de l’Arsenal, c’était vraiment le centre-ville, c’était la rue du Sauvage de l’époque », assure Gérard Boos, le créateur du salon de coiffure éponyme, aujourd’hui tenu par son fils Jean-Philippe. Un salon qui ne remonte pas à 1900, mais qui affiche tout de même une trentaine d’années au compteur. Avec le restaurant Saüwadala et quelques autres, Coiffure Boos est l’une des institutions de cette rue en courbe douce, qui part de la place de la Concorde, actuellement en plein chantier, et débouche avenue Kennedy.
La rue de l’Arsenal possède une vraie unité architecturale, avec ses immeubles anciens aux façades colorées. Tout le long, les petits commerces de toutes sortes s’égrènent. Pas de grandes enseignes, pas de franchisés : c’est une rue commerçante différente. « Elle a une vraie identité, confirment Solange Schulmann et Jeanne-Marie Jan, de la boutique Artisans du monde. On s’y plaît. En s’installant ici, on a attiré une nouvelle clientèle car la rue est très passante… » Piétonnisation demandée

« Sympa », « beaucoup de charme », avec un « esprit village » pour les uns, « un peu parisienne » selon un autre avis, la rue recueille de nombreux satisfecit. Mais quelques reproches sont récurrents : manque de stationnement, problème de circulation. « Depuis que le parking Buffon est payant, il y a moins de passage », constate ainsi Ahmet Tolu, du doner kebab El Bistal. La concentration en restaurants et bars fait de la rue de l’Arsenal l’une des artères de la ville qui s’anime le soir. Animation toute relative, comme le fait remarquer avec ironie Bertrand Lepabic, cuisinier au restaurant Noti, ouvert depuis un an et demi. « On ne peut pas dire que ce soit vraiment animé, regrette-t-il. Et si ça bouge, les riverains se plaignent. » Éternel problème mulhousien… « Cette rue a une image sympathique, mais ça pourrait être mieux. Et puis, il ne devrait pas y avoir de voitures. » Si la demande de piétonnisation revient souvent, elle ne recueille pas l’unanimité des commerçants.

Une frontière invisible, à l’angle rue des Franciscains/rue de la Loi semble couper l’artère en deux. En effet, en se rapprochant de l’avenue Kennedy, l’ambiance change, les mécontents apparaissent. Ainsi, Nabil Toua, de la boutique Animal center, fait part de sa colère en brandissant la lettre qu’il vient d’envoyer au maire. Principal grief : le stationnement, devenu payant dans les rues alentours : « Et puis ils ont sacrifié quelques places pour une piste cyclable que personne n’emprunte. La rue de l’Arsenal est en train de mourir économiquement », assure-t-il en prenant l’exemple de la boulangerie La gerbe d’or qui vient de mettre la clé sous la porte. « Les agents du stationnement guettent le moindre truc. Et les bars, dès qu’ils font un peu de bruit, on leur envoie les flics… » Même son de cloche, mais avec encore plus d’acrimonie au bureau de tabac Holbein. « Si on pouvait partir, on partirait. Le tram m’em… L’insécurité devient pénible, ça braille, ça se bagarre », râle le buraliste, en jetant un œil plein de sous-entendu vers la Grand-rue toute proches.

La rue de l’Arsenal, décidément, ne recueille pas l’unanimité.

Hélène Poizat

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Bertrand Lepabic, du restaurant Noti, fait partie des commerçants favorables à une piétonnisation.
Photo Hélène Poizat

mardi 21 août 2007

En direct du Japon : La Vieille École fait un tabac

Article paru dans le Journal L'Alsace le 21 août 2007
Suite et fin de l’aventure japonaise de La Vieille École, avec un concert donné dimanche soir que les Mulhousiens, comme les Japonais, ne sont pas près d’oublier…

On avait quitté La Vieille École à Fukuoka, juste avant leur départ pour l’île de la salsa, lieu du 11e festival de musique caribéeenne où les Mulhousiens devaient jouer dimanche soir. « Une île de rêve », dixit Jesers, chanteur de la Vieille École. Après le ferry, « un van nous conduit vers nos bungalows : de petites habitations locales typiques situées à un kilomètre de la plage et au pied de collines couvertes de fleurs ».

Le festival débute samedi. « 1500 personnes, des stands partout en bord de plage, deux scènes — une petite et une beaucoup plus grande. Les groupes s’enchaînent. L’organisation est impressionnante de rigueur, les gens chaleureux et l’ambiance, folle ! » Les Mulhousiens profitent de cette première journée pour tester la température de l’eau, la souplesse du sable nippon et pour faire connaissance avec les autres groupes à l’affiche du festival. Réveil dimanche à 8 h 30 pour les balances, toujours « sous un soleil de fou ». À 15 h 30, l’heure de gloire est arrivée. La Vieille École entre en scène, après une présentation plus qu’élogieuse du présentateur. « Le concert démarre en trombe. On n’a rien compris, raconte Jesers. Une ambiance de dingue, tout le monde avec le sourire et cette île japonaise qui se met à ressembler à la République dominicaine ! ».

Pas sûr que le public comprend quand Jesers s’adresse à lui en japonais, mais la musique se passe de traduction. « Ça saute dans tous les sens. Quand on attaque Limité on gars, le morceau qui tournait sur les radios locales, c’est l’explosion. Le public hurle. L’organisateur du festival arbore un grand sourire. À la fin du concert, il nous a serré dans ses bras. Nous, on l’a remercié pour sa confiance et remercié François pour ce moment hors du temps ». Car La Vieille École a fait un tabac : « Le public n’a bougé comme ça pour aucun autre groupe. On nous a même dit qu’on avait volé la vedette à Oscar Leon ! » Suit une séance de dédicace et surtout de photos — on n’est pas au Japon pour rien ! — qui va se poursuivre jusqu’à deux heures du matin. Le public japonais s’arrache les T shirt, CD et DVD ramenés par François et n’arrive pas à comprendre pourquoi les Français ne font pas pareils en France ! Quant à la directrice adjointe de l’institut franco-japonais, qui s’est mobilisé pour faire venir La Vieille École au Japon, elle a contacté le groupe pour un projet au Liban et en Palestine. Les Mulhousiens n’ont pas fini de faire école…

Propos recueillis par Anne Schurrer

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La Vieille École sur la scène du festival caribéen à Nokonoshima.

dimanche 19 août 2007

En direct du Japon : Le marathon promotion

Article paru dans le Journal L'Alsace le 19 août 2007
Suite de la chronique du voyage au Japon de La Vieille École, groupe hip hop mulhousien invité au festival de salsa de Fukuoka au Japon.

Jeudi 16 août. Pendant que Jesers, le chanteur de la Vieille École, tente de rattraper son sommeil perdu en vol quelque part entre Helsinki et Tokyo, le reste de la troupe affronte la chaleur matinale pour aller faire du shopping — comme quoi, le lèche-vitrines n’est pas l’apanage des filles… L’après-midi, la Vieille École a rendez-vous à 30 km de la ville, dans les studios d’une radio nipponne branchée world music, hip hop et latino. Interview, improvisation avec un groupe japonais dont personne n’a réussi à prononcer le nom, concert de percussions par Phil… La rencontre va durer quatre heures ! Le CD promotionnel de la Vieille École, envoyé par les bons soins de François, le manager du groupe, à Santiago, le directeur du festival où vont jouer les Mulhousiens, tourne dans quelques bars de Fukuoka. Un mini fan club s’est même créé : le « sushi oldskool », c’est-y pas kawaï (mignon) ça ?

Vendredi 17 août. Réveil à 8 h pour être deux heures plus tard dans les locaux de Love FM et de sa consœur dont, encore une fois, personne n’a réussi à comprendre le nom. C’est un américain francophone qui mène l’interview. Français, anglais, japonais fusent dans le studio. Comme le veut la tradition — et s’il y a un peuple attaché à la tradition, c’est bien le nippon — l’interview se termine par un freestyle (improvisation) « du feu de dieu », en direct s’il vous plaît. Dans les locaux de la radio suivante, les Mulhousiens enregistrent aussi un spot publicitaire pour le festival. « L’après-midi, nous tombons par hasard sur le studio vitré d’une radio qui arbore l’affiche du festival », raconte Jesers. N’écoutant que son professionnalisme, François, le manager, s’empare d’un des derniers CD de promotion et toque à la vitre. Le voilà qui tente de faire comprendre aux animateurs que le groupe, là, joue au festival dont ils assurent la promotion. Bingo : la Vieille École se retrouve dans le studio, sur les ondes de la radio qui va leur consacrer 20 minutes de programme, le tout sans interprète, avec des Japonais qui tentent de parler anglais, un Jesers qui répond en français et un François héroïque qui traduit tout ça en anglais d’Hirtzfelden… Aussi incroyable que ça paraisse, l’un des animateurs radio dans le studio était la semaine précédente à Colmar !

Samedi 18 août. Après un dernier round promotionnel, pour la télévision cette fois, la Vieille École fait ses bagages pour l’île de la salsa où a lieu le festival.

A.S.


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Interviews radio, passage à la télé : à Fukuoka, La Vieille École fait un tabac !

Japon : La Vieille École sur les ondes

Article paru dans le Journal L'Alsace le 19 août 2007
Le groupe mulhousien poursuit son périple au Japon. Interviews radio, enregistrement de spot publicitaire, passage télé : à Fukuoka, La Vieille École fait un tabac. Un mini fan club a même été constitué !

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A Fukuoka, le groupe mulhousien a enchaîné les interviews radio et télé, menées dans un joyeux mélange d’anglais, de français et de japonais.

vendredi 17 août 2007

Un départ au pas de course

Article paru dans le Journal L'Alsace le 17 août 2007
Invité à se produire dans le cadre d’un festival musical à Fukuoka, le groupe mulhousien La Vieille École est au Japon toute cette semaine (notre édition de mardi 14 août). Chronique quotidienne de ce voyage avec les membres du groupe. Aujourd’hui : départ au pas de course et gros décalage horaire...

Mardi 5 h 45. Après le ramassage à Mulhouse fait par François Horn, le manager de La Vieille École, et son fils, direction Fribourg en Allemagne pour y prendre un train à 6 h 55. On devine le footing matinal… Le groupe a tout juste le temps de sauter dans le train, de savourer les galettes bretonnes ramenées de vacances par Jesers avant d’apprendre qu’ils ont raté l’arrêt pour se rendre à l’aéroport. 10 h 20. Toujours au pas de course et en nage, les voilà à l’aéroport. Embarquement immédiat. François le mananger joue un remake de Forest Gump et bat des records de vitesse dans le hall de l’aéroport. L’avion décolle dans 25 minutes. Au check in, Forest Gump s’est mué en Casper tant il est pâle. Mais ça y est : Ali, Giova, Jesers, Phil, Didier (qui remplace Mimi) et François sont dans l’avion, direction Helsinki. 17 h 20. «Après une escale de trois heures, nous embarquons pour Tokyo. Neuf heures de vol et les télés qui ne fonctionnent pas…» Mercredi 10 h 15. « Arrivée à Tokyo. Une fatigue de fou. Nous sommes partis à 5 h 45, il est 10 h 15. Calcul étrange ! »

15 h 50. La Vieille École est dans le bus. Direction un autre aéroport pour rejoindre, par avion, Fukuoka au sud. Le passage à la douane permet au groupe de faire sa désormais traditionnelle photo en compagnie de policiers du cru (une série lancée à Détroit). « La chaleur humide est insupportable mais les gens sont très aimables ». À peine le temps de souffler à l’hôtel et puis il faut enchaîner avec la première interview, donnée à la radio, en présence d’une interprète. Un tour à Fukuoka, dans un immense centre commercial et au lit !

Propos recueillis par Anne Schurrer


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La désormais traditionnelle photo de La Vieille École à l’étranger, prise en compagnie de la maréchaussée locale.

mardi 14 août 2007

La Vieille École en concert au Japon

Article paru dans le Journal L'Alsace le 14 août 2007


Le groupe de hip hop mulhousien s’envole aujourd’hui pour Fukuoka au Japon. Direction le 11e festival caribéen de Tiempo Iberoamericano, où les Mulhousiens seront non seulement les seuls rappeurs mais aussi les seuls Français à l’affiche !

« C’est un truc de dingue ! », lance Jesers, chanteur de La Vieille École, ce collectif mulhousien de hip hop festif et métissé à l’image du groupe lui-même. « Jouer au Japon, c’était mon rêve. Pour moi, ça paraissait hors de portée, totalement utopique ! Pouvoir emmener notre musique là-bas, c’est vraiment énorme ! » Excité comme une puce, mais toujours posé, Jesers : « Ce concert, c’est aussi le fruit d’un travail de persévérance : pour un groupe qui est dans le bâtiment la semaine, il y a peu de chances d’aller jouer au Japon. Du coup, c’est encore plus appréciable parce que la musique n’est pas notre métier ! ». Après Détroit et Montréal l’an dernier, La Vieille École part donc à la conquête du Japon. Toujours grâce à François Horn, manager du groupe depuis un an et demi avec Horn system managing, spécialisé dans les groupes de salsa. C’est d’ailleurs à Cuba que le manager a rencontré le directeur de Isla de salsa, le festival où les Mulhousiens vont jouer dimanche 19 août. Organisé par l’association Tiempo Iberoamericano sur une petite île à dix minutes de ferry de Fukuoka, Isla de salsa en est à sa 11e édition. Cette année, la tête d’affiche est Oscar Leon. « On est comme des gamins ! Ce festival n’a jamais programmé de groupe français : la première fois qu’ils font venir un groupe français, c’est un groupe de hip hop. Et de Mulhouse, pas de Strasbourg ! On est tous super fiers. Là, on se sent vraiment alsaciens ! »

Si Jesers avoue n’avoir « aucune idée de ce qui va se passer, ni même de l’endroit où on va jouer », il se réjouit d’avance du « dépaysement total ». « On m’a toujours parlé d’un public très fan, très à fond, un peu comme en Afrique. Dans l’esprit, les Japonais sont restés très old school : comme les Suisses ou les Allemands, ils ont gardé les bases du hip hop — le graf, la danse — et les valeurs à l’origine du mouvement. Je suis vraiment impatient de découvrir tout ça. Et de voir comment on va se débrouiller sans lettres ! »

Bio

1994- Collectif originaire de Mulhouse, La Vieille École est née sur les cendres Napo’n’Co. Elle réunit Jesers, « rappeur-carreleur d’origine capverdienne » (chant lead/textes), DJ Vagio « italien jusque dans la peau » (compositeur/musiques), Ali « une connaissance venue d’Algérie » (chœur/chant), et « deux percussionnistes d’origine sénégalaise » : Fyl (chœurs/djembé/timbales) et Mimi (congas). Cette rencontre humaine, familiale et musicale entre différentes nationalités a donné naissance à un rap festif et décalé, tantôt rythmé par le reggae, le ragga, le raï ou la salsa.

2007- En plus d’une décennie, La Vieille École a fait la première partie de nombreux groupes (TTC, Diam’s, Saian Supa Crew, Killa Carltoon, Massilia Sound System, Sergent Garcia, Zebda, K2R Riddim, Dee Nasty, MC Solaar, Alliance Ethnik, Arsenik, Driver) ; a joué sur les scènes de France, de Suisse et d’Allemagne et participé à de nombreux festivals, dont le festival des Arts de Detroit aux USA et les Francofolies de Montréal l’an dernier. Les membres du groupe ont aussi des projets solo : Jesers a sorti un CD reprenant Bonnie & Clyde et Le Poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg l’an dernier ; Fyl et Mimi jouent dans d’autres formations.

SURFER

www.vieille-ecole.com

Anne Schurrer


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La Vieille école -ici au festival Bêtes de scène en 2005- part aujourd’hui pour Fukuoka où le groupe mulhousien participera au festival Isla de salsa. Archives Denis Sollier

mardi 7 août 2007

L’Arsenal et ses week-ends festifs

Article paru dans le Journal L'Alsace du 7 août 2007

Le quartier mulhousien de l’Arsenal fait la fête un week-end sur deux cet été. Avec des rues enfin piétonnes, concerts, soirées et animations sont au programme. L’occasion de découvrir Mulhouse comme elle devrait être tous les soirs, et un jeune groupe : Primaturé.

Prenant la suite de « L’Arsenal fait sa Loi » qui n’a pas eu lieu en raison du refus de la mairie d’autoriser des rues piétonnes chaque week-end en été, « L’Arsenal en fête » est organisé par les commerçants du quartier qui ont pris le relais de l’association Old School. Sous la houlette d’Arnaud Lang, patron motivé du bar l’Atomika, les rues se transforment en zone piétonne à partir de 19 h, avec la possibilité d’organiser concerts, soirées et animations.

Du rock en espagnol

Primaturé est un tout jeune groupe sundgauvien qui chante fort du rock en espagnol. Le groupe s’est construit autour de Marlon Saquet. Ce jeune homme de 16 ans n’est pas inconnu des aficionados du rock régional, puisque ses parents jouaient il y a une quinzaine d’années dans le mythique gang rock « the Gimmicks ». Baigné par les décibels dès son plus jeune âge, le garçon a démarré sa « carrière » de façon très précoce. C’était en 1996, alors qu’il n’avait que 5 ans : un certain Kem, actuellement programmateur des Eurockéennes, à l’époque musicien des Well Spotted, lui confiait sa batterie au Noumatrouff pour sa première apparition publique. Et depuis, il n’a jamais arrêté de jouer… C’est à l’occasion d’un exercice collectif proposé par son professeur de musique qu’il fonde Primaturé en 2004 avec deux camarades de classe, Alexandre et Éric. Après des dizaines et des dizaines de répétitions, le groupe évolue avec l’apparition d’un quatrième larron, Dorian, qui prend le micro et se lance dans le chant. Leur musique est un rock énervé et rentre-dedans, teinté d’un brin de métal et d’un zest de grunge, les textes assénés en espagnol (le chanteur a passé 10 ans en Argentine) apportant une touche groove exotique rafraîchissante. On peut écouter les deux titres déjà enregistrés sur leur site My Space référencé ci-dessous. Encore mieux, on peut découvrir leur répertoire d’une dizaine de chansons en live plein air vendredi rue de l’Arsenal. Et comme les rues seront piétonnes, vous pouvez emmener enfants et grands-parents sans risque.

Y ALLER L’Arsenal en fête » a lieu un week-end sur deux cet été de 19 h à 3 h, avec concerts, soirées et animations, dans les rues de l’Arsenal, de la Loi et des Augustins. Ce week-end, concerts de Primaturé vendredi et Papa Chouch samedi. A écouter sur le site www.myspace.com/primature. Prochains rendez-vous les 24 & 25 août et les 7 & 8 septembre.

JLW


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Primaturé, à découvrir vendredi à Mulhouse. Dessin Joan

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