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lundi 22 décembre 2008

Radio : La première de wne.fr

Article paru dans le Journal L'Alsace le 22 décembre 2008

Première émission samedi après-midi pour la nouvelle webradio mulhousienne. Le rouge est mis : interdiction d’entrer. La première émission sur wne.fr vient de commencer… Dans le studio défilent les premiers invités. Aux micros, hyper à l’aise, Qendresa, Méryl, Mohammed, Julien et Medhi se vannent, parlent philosophie et catch… En direct.

Depuis samedi, Mulhouse compte une nouvelle radio, diffusée exclusivement sur le net. Baptisée wne.fr, elle s’appuie sur les associations Old School et Warum net experience (notre édition de vendredi). La première propose notamment des ateliers d’écriture ou d’éducation aux médias aux adolescents mulhousiens. La seconde a été à l’origine de la création, en 2000, d’une première radio web aujourd’hui consacrée aux musiques nouvelles (www.radiowne.org). Après une radio en direct du festival Momix, puis une seconde lors de l’opération Cité Jeune (qui a permis de recruter une partie de l’équipe), la radio va désormais diffuser en continu. Et espère bien étoffer sa programmation grâce aux contributions d’autres amateurs…

ECOUTER www.wne.fr



La toute jeune équipe de wne.fr lors de la première émission, samedi après-midi.
Photo Darek Szuster

jeudi 18 décembre 2008

wne, une radio old school



WNE & Old School vous invitent à l’inauguration de leur nouveau studio radio le 20 décembre 2008 …


Les associations WNE (Warum Net Experience) et Old School se rassemblent pour inaugurer leur nouveau studio radio. L’inauguration officielle aura lieu le samedi 20 décembre à 18h30 à Mulhouse (53 avenue Kennedy). Mais vous pouvez venir plus tôt !

Programme - infoline 03 89 33 11 11 - wne.fr

11h à 13h
Brunch au Réfectoire
Rencontres et échanges autour d'un projet de lieu surnaturel à Mulhouse. En présence de Luc Jambois, directeur de l'agence culturelle OGACA à Strasbourg.

15h à 18h
Ateliers éducation aux médias
Une équipe de 9 jeunes Mulhousiens a créé Radio Cité Jeune en novembre. Ils repartent à l'assaut des médias locaux avec cet atelier radio, en direct sur le net.

17h
Live !
le premier direct du monde sur wne.fr
Réalisation de la première émission en direct sur wne.fr. A vivre sur place ou en ligne.

18h30
Inauguration du studio radio
Apéro suivi jusqu’à 22h de performances en salle de bain & mini-concerts au coin du lavabo. Avec la Boîte à Rimes (slam), Denum (X), Asskar (hip hop) et les élucubrations numériques de KG & IKX ...

Téléchargez le dossier de presse au format pdf, qui présente les associations WNE, Old School et le projet du Réfectoire

mercredi 17 décembre 2008

Bienvenue au Réfectoire !

extrait du premier billet du nouveau blog [refectoire.com]

Entre la fermeture en juillet 2008 de la rue des Verriers, lieu culturel indépendant et novateur qui accueillait une dizaine d'associations, et les demandes nombreuses d'acteurs régionaux à la recherche d'espaces pour créer et diffuser, la nécessité d'un nouveau lieu à Mulhouse apparaît d'actualité.

C'est pourquoi nous lançons une réflexion collective, à base de rencontres multiples, en direction de plusieurs secteurs d'activité. Les domaines suivants pourraient s'intéresser à ce nouveau projet. Dans le désordre : social, patrimoine industriel, jeune public, éducation nationale, arts plastiques, musiques actuelles, économie solidaire, éducation populaire, micro-entreprises, café citoyen ...

Luc Jambois, directeur de l'OGACA Strasbourg, nous accompagne pour mener cette réflexion à son terme. La première rencontre ouverte à tous aura lieu le samedi 20 décembre 2008 de 11h à 13h à l'occasion de l'inauguration du nouveau studio radio WNE à Mulhouse. Mais la route est longue jusqu'à la constitution d'un projet abouti. Nous nous donnons 6 mois, jusqu'en juin 2009, pour créer un collectif autour du Réfectoire, magnifique bâtiment des anciennes usines DMC parfaitement adapté pour devenir un lieu de vie à nul autre pareil, et imaginer un projet novateur et rassembleur.

Le blog refectoire.com est un espace de dialogue largement ouvert à tous ceux qui ont envie de participer à cette utopie qui peut se transformer en réalité dans pas si longtemps ...

vendredi 1 juin 2007

Les nuits en chantier

article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 1er juin 2007 - [www.dna.fr]

Que faire en ville une fois le soleil couché ? Pas grand chose, si on en croit les noctambules mulhousiens. Le sujet a été longuement débattu mercredi soir au café Rey.

Luc Gwiazdzinski l'avait rappelé en préambule : la nuit est le moment idéal pour refaire le monde. Ça tombait plutôt bien. L'objectif de la soirée n'était-il pas de dresser un état des lieux des nuits mulhousiennes ? A vrai dire, chacun savait qu'il ne s'agissait là que d'une première étape.

Un réél malaise chez les acteurs de la nuit

D'évidence, la situation n'est guère reluisante, et c'est plus un remède qu'un constat qui s'impose. « Le simple fait de se réunir pour parler des nuits à Mulhouse est assez accablant », devait noter un intervenant. Bars fermés, rues désertées... L'euphorie qui s'était emparée de la ville à la fin des années 90 semble loin. Provoqué dans le cadre du festival Elephonic #2, ce débat public était alimenté par le chercheur-géographe Luc Gwiazdzinski : autant dire le « M. Nuit » des grandes métropoles européennes, à l'origine d'opérations comme les nuits blanches parisiennes. Délimitations des terrasses, autorisations de concerts refusées, normes incompréhensibles... Sans surprise, les chicaneries administratives subies par les patrons de bar ont dominé les débats. Certes, ni Jean-Marie Bockel ni Michel Samuel-Weis n'étaient là pour répondre. Mais contrairement à l'an dernier où seule Cléo Schweitzer avait fait le déplacement, la municipalité était cette fois représentée par l'adjointe chargée des relations avec les commerçants : Christiane Eckert. Pierre Freyburger, Djamila Sonzogni et Cléo Schweitzer étaient également présents.

L'adjointe a vite opposé aux gérants le nécessaire respect des réglementations, tout en rappelant que son bureau restait ouvert à tous. Un point qui n'a d'ailleurs été démenti par personne. Reste que ces discussions toujours courtoises semblaient révéler chez les acteurs de la nuit un réel malaise. Voire une certaine peur. Jean-Luc Wertenschlag n'a d'ailleurs pas mâché ses mots en accusant la municipalité de freiner les initiatives, allusion claire à l'annulation de L'Arsenal fait sa loi (imputable selon l'intéressé à un refus de subvention, et selon Christiane Eckert au retrait volontaire d'Old School). De part et d'autre, la bonne volonté semblait toutefois l'emporter. « Je suis tout à fait prête à travailler sur un état des lieux de la nuit. D'accord, nous avons notre part de responsabilité, mais j'attends de la part des représentants de la nuit des propositions. Je regrette souvent que lorsque je demande des choses un peu organisées, rien ne vient. La Ville ne peut pas tout faire », a conclu l'adjointe. Elle s'est par ailleurs dite partisane de l'ouverture des discothèques jusqu'à 6 h et des bars jusqu'à 3 h. Mais là, la décision ne peut venir que de la préfecture, qui s'y est selon elle toujours refusée. Reste que le monde de la nuit ne se limite pas aux bars. Et la soirée a aussi été l'occasion de poser quelques questions restées pour l'instant sans réponses. Où diable les 6 500 étudiants dont l'UHA s'enorgueillit passent-ils leurs soirées ? Peut-on encore manger après 22 h 30 ? Quelle épicerie vous dépannera encore à minuit ? A partir de quelle heure est-on condamné à rentrer à pied, faute de tramway et de taxi ? Pourquoi se sent-on (souvent à tort) en insécurité dans certains quartiers ?

Pour ceux qui estiment ces préoccupations accessoires, Luc Gwiazdzinski a vite remis les pendules à l'heure. Oui, la vie nocturne est une composante essentielle de l'attractivité d'une ville. Oui, toutes les expériences ont montré que le développement d'activités nocturnes réduisait la délinquance : la politique du « couvre-feu », loin de l'empêcher, la favorise. Dès lors, pourquoi ne pas ouvrir gymnases et centre socioculturels jusqu'à minuit, comme à Barcelone ? « Quand on s'emmerde, qu'on n'a pas de fric et qu'on est coincé dans un ghetto, on fait des conneries », devait résumer Djamila Sonzogni.

Où diable les étudiants passent-ils leurs soirées ?

Et maintenant, quelles solutions ? La proposition de Luc Gwiazdzinski (formulée l'an dernier mais restée sans réponse) d'organiser avec les élus une traversée de nuit de Mulhouse a été reçue favorablement par Mme Eckert. Et dans l'immédiat, le principe d'une réunion au courant du mois de juin semble acquise. Elle pourrait se tenir à la mairie et rassembler, outre Luc Gwiazdzinski et les élus, des responsables du Quai et de l'UHA. A suivre...

Jean-Michel Lahire

© Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 01 Juin 2007. - Tous droits de reproduction réservés

La dernière édition de l'Arsenal fait sa loi remonte à l'été 2005. Selon Christiane Eckert, l'opération devrait reprendre cette année sous l'égide des seuls cafetiers. (Photo d'archives DNA - Sébastien Bozon)

dimanche 4 février 2007

Petits concerts entre amis

Journal L'Alsace du 4 février 2007

C’était vendredi soir au Nouma la soirée des talents régionaux proposée par l’association Old School. Fréquentation honorable, avec au programme quatre groupes dont l’association se promet d’assurer l’avenir avec « une équipe au service des musiciens d’ici », comme le proclamaient les flyers invitant à la soirée. Un avenir qui tarde il faut bien l’avouer à déboucher sur de grands espaces pour certains tels Denis Scheubel qui en "poor lonesome songwriter" arpente les grands espaces musicaux dans ses confidences au seul manche de sa compagne de guitare. On aime Sined comme un bon vieux copain baladeur qui déroule sa solitude murmurée et à qui on voudrait donner un coup de main pour un vrai décollage, mais il faudra certainement comme pour Fred Poulet s’armer de patience avant la juste reconnaissance du talent.

Une préoccupation qui ne semble pas trop défriser les quatre daltons de Divas qui en trois coups de cuillère à pot ont balancé leur rock ravageur, avec une énergie qui n’avait rien du désespoir. Mais ces "guitar heroes" se la jouent un peu trop pour ne pas devenir à la longue agaçants.


Après l’abattage à la tronçonneuse des Divas, on retrouvait le cotton club des Colmariens de Sons des Disco pour une electrokitsch pillant allègrement Jacno, Taxi Girl et compagnie. Bidouilleurs et farfouilleurs de sons, les deux compères offrent des instants distrayants, follement nostalgiques, mais pas au final tellement mobilisateurs.

Après cette récréation sucrée, le public saluait une nouvelle fois la tribu de la Vieille École dont l’actualité se dégustait sous la forme d’un DVD mais qui à part le plaisir qu’elle procure n’a plus grand-chose à prouver dans le landernau mulhousien et devrait enfin pousser l’audace hors du pré carré.


Là encore, petite soirée entre amis pour se réchauffer mais pas de grosse révolution dans le paysage musical local. Old School devra s’atteler à la tâche pour que les musiciens d’ici quittent le cercle des amis pour devenir des musiciens reconnus ailleurs…

Jean-Marie Valder

jeudi 6 juillet 2006

Piétonnisation : L'Arsenal repart au combat

article paru le 6 juillet 2006 dans le [Journal L'Alsace]

Au lendemain du 21 avril 2002 qui propulsait l'extrême droite au second tour des présidentielles, un collectif de Mulhousiens citoyens se mobilisait pour construire une société plus ouverte et plus conviviale. Il milite pour la piétonnisation partielle de la rue de l'Arsenal, en vain.

« C'est vraiment une toute petite chose qu'on demande, qui ne coûte pas un rond ! Piétonniser la rue de l'Arsenal le vendredi et samedi soir à partir de 19 h et le dimanche toute la journée, juste pendant l'été… » Jean-Luc Wertenschlag, président de l'association Old School et bénévole actif du festival « L'Arsenal fait sa loi », ne cache pas son découragement. Depuis des années, il réclame avec d'autres citoyens mulhousiens cette piétonnisation partielle de la rue de l'Arsenal, en vain. L'idée a germé au lendemain de la première édition du mini-festival « L'Arsenal fait sa loi », en septembre 2003, manifestation créée pour rapprocher les habitants. Ce jour-là, la rue retrouvait toute sa convivialité, grâce à sa fermeture aux voitures.

400 signatures

Le collectif lance une pétition et réunit 400 signatures. Mais la mairie reste imperméable à ses arguments. La rue de l'Arsenal est « un axe stratégique du nouveau plan de circulation », explique l'adjoint Eugène Riedweg. Y compris le soir après 19 h et le dimanche, apparemment. « Un comble lorsqu'on construit un tramway pour dissuader les automobilistes d'encombrer le centre », constate-t-on. Le collectif ne baisse pas les bras pour autant. Deux nouvelles éditions de la manifestation « L'Arsenal fait sa loi » remportent un grand succès, attirant dans la rue momentanément piétonne plusieurs milliers de visiteurs. Des terrasses partout, des petites animations festives, les enfants qui peuvent jouer, tout le secteur noir de monde… Lorsque l'équipe organisatrice se réunit à l'automne dernier pour parler avenir, elle renouvelle sa demande de piétonnisation partielle de la rue : même combat, mêmes tranches horaires. La réponse de la Ville tombe plusieurs mois plus tard, même refus.

Un rendez-vous avec le maire

Aujourd'hui, le collectif est exaspéré et réclame un rendez-vous avec le sénateur maire Jean-Marie Bockel, faute d'avoir convaincu ses adjoints. Y aura-t-il une 4e édition de « L'Arsenal fait sa loi » cet été ? Les bénévoles s'interrogent pour savoir s'ils ne vont pas investir leur énergie et leur enthousiasme ailleurs. Et de citer avec nostalgie l'époque où le centre historique était un peu plus vivant qu'aujourd'hui : « Quand je pense à un endroit comme la Cour des Chaînes, un site magnifique, réhabilité avec de l'argent public, aujourd'hui inaccessible… Ce qu'on veut, c'est juste que la vie reprenne ses droits. Pas question de balancer des tonnes de décibels, mais de faire des choses soft, légères, consensuelles, en concertation avec les commerçants, les habitants, les assos… » Jean-Luc Wertenschlag espère encore convaincre. Il a des arguments. On le sait, les touristes ne s'éternisent guère, Mulhouse a du mal à se débarrasser de sa réputation de ville morte. Il suffit de se promener un peu ailleurs en France pour mesurer le déficit d'animation nocturne l'été. Il y a aussi tous les Mulhousiens qui ne partent pas en vacances et qui s'ennuient… « Y a-t-il encore des élus à Mulhouse qui écoutent les citoyens ? La balle est dans leur camp », conclut-il.

Frédérique Meichler

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Et si la vie reprenait ses droits, rue de l'Arsenal, en fin de semaine ? Photo F.M.

jeudi 22 septembre 2005

Rue de l'Arsenal : l'été à pied ?

article paru dans le Journal L'Alsace le 22 septembre 2005 - [www.lalsace.com]

L'association Old School demande une piétonnisation de la rue tous les week-ends de juin à septembre. La mairie n'est pas emballée.

« Monsieur le jeune sénateur-maire d'une jeune ville de Mulhouse… » C'est en ces termes que l'association Old School s'adresse à Jean-Marie Bockel dans une lettre qu'elle vient de lui faire parvenir : « Nous organisons depuis plus de trois ans de joyeuses manifestations dans le quartier de l'Arsenal. La dernière, l'Arsenal fait sa loi, a eu lieu fin juillet pour le plaisir et le bonheur de tous, habitants, spectateurs, commerçants, associations et artistes… »

Dimanche aussi

Que réclame Old School ? Une piétonnisation partielle de la rue de l'Arsenal les vendredis et samedis à partir de 19 h ainsi que le dimanche toute la journée du 21 juin au 21 septembre. « L'été prochain, les travaux du tram seront achevés et ne seront plus un obstacle à ce projet… », argumente l'association. Qui affirme avoir « convaincu une large majorité d'habitants et de commerçants du quartier de l'intérêt de cette idée ».

La majorité ?

Elle ajoute : « Cette opération favorise la convivialité et le dialogue entre les citoyens, permet d'accueillir les enfants et les familles dans un espace sécurisé et débarrassé des gaz d'échappement, appelle les artistes à investir le domaine public. Bref elle ne présente que des avantages… » Ce n'est pas tout à fait l'analyse de la mairie. Christiane Eckert, adjointe chargée du commerce juge « impossible » la mise en place de la proposition d'Old School. « L'Arsenal fait sa loi est une bonne initiative, que nous soutenons. J'ai proposé à la rue de l'Arsenal et à la rue de la Loi une piétonnisation un samedi soir par mois. Nous ne pensons pas pouvoir aller au-delà… », estime-t-elle. Tout en émettant quelques doutes sur l'adhésion d'une « large majorité » de riverains à une piétonnisation-animation tous les week-ends d'été, Christiane Eckert avance une objection financière : « Le barriérage coûte à chaque fois plus de 1000 euros à la Ville. De plus, les extensions de terrasses des cafés sont gratuites en pareilles circonstances… » Mais l'argument le plus décisif motivant la position municipale est d'un autre ordre.

Desserte du centre

Christiane Eckert : « Il faut voir la question d'un point de vue plus global. Ce qui se passe rue de l'Arsenal ne concerne pas que la rue de l'Arsenal. Cette artère dessert la place de la Concorde, la rue des Fleurs, la rue du Raisin. C'est la raison pour laquelle nous ne l'avons pas piétonnisée complètement. Tous ces secteurs du centre-ville doivent rester accessibles… » Bref, chacun son approche — même si elles n'apparaissent pas totalement inconciliables. Et d'ici le 21 juin prochain…

StS

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photo Jean-Paul Domb

Proposition : fermer la rue de l'Arsenal du 21 juin au 21 septembre le vendredi et le samedi après 19 h ainsi que le dimanche.

mardi 16 septembre 2003

L'Arsenal autrement

Article paru dans le Journal L'Alsace le 16 septembre 2003

Le quartier de l'Arsenal était en fête samedi à l'occasion de la dernière soirée piétonne de l'été. Réactions à chaud.

Guggamusik, rencontre-débat portant sur le tram-train mais aussi projections photos, jongleurs, dégustations de vins bios et concerts, le tout sans circulation automobile, le secteur de l'Arsenal – rues de l'Arsenal, de la Loi, des Franciscains et passage des Augustins – était, pour la troisième fois depuis le mois d'août, en ébullition samedi soir. « Il s'agit de fédérer tout le monde »

« C'est une manière de dynamiser cette partie de l'hyper-centre », glisse Patrick, patron du Galion et président de l'association Arsenal. com, regroupant une partie des commerçants du secteur. « Plutôt que de réaliser chacun à son niveau des petites choses, il s'agit de fédérer tout le monde. Nous ne sommes évidemment qu'au début de notre entreprise. Nous arriverons progressivement à construire des choses lorsque tout le monde jouera le jeu sans retenue... ». Même son de cloche dans une pizzeria voisine : « Ce type d'initiative ne peut être que bénéfique pour l'ensemble des commerçants. Nous avons tout à y gagner. Reste maintenant à être suffisamment inventif en terme d‘animations... ».

« Développer des actions culturelles de rue »

Partie prenante dans l'organisation du rendez-vous, le collectif citoyen du 21 avril et l'association Old School voient, eux, déjà plus loin. Président de cette dernière, Jean-Luc Wertenschlag explique : « Fort de ces premiers tests réussis, nous espérons que, dès l'an prochain, le secteur devienne piéton chaque vendredi et samedi soir après 19 h, ainsi que le dimanche durant toute la période estivale. Si notre action a porté jusqu'aujourd'hui principalement sur ce quartier symbolique de la ville, nous avons pour objectif de rassembler toutes les énergies pour développer des actions culturelles de rue. Nous pourrons très bien, par exemple, nous rapprocher du festival Scènes de rue. C'est pourquoi nous avons choisi de nous constituer officiellement en association. Il s'agit d'arriver à travailler d'un commun accord avec les commerçants, le secteur culturel et la Ville... » Samedi soir d'ailleurs, l'adjoint à la culture Michel Samuel-Weis, en visite-éclair, voyait l'initiative plutôt d'un bon oeil. Si la fermeture totale du quartier à la circulation « n'est pas envisageable », elle est « en revanche possible à certains moments le week-end à partir du moment où elle ne porte pas préjudice aux commerçants... ».

« Une vraie vie nocturne »

Et que les nuisances sonores des différentes animations n'incommodent pas les riverains. Samedi en début de soirée, ils étaient d'ailleurs, pour la plupart, dans la rue ou le nez à la fenêtre. L'un d'eux, la trentaine passée, se réjouissait de la tournure prise par les événements : « J'ai fait justement le choix d'habiter ce secteur du centre, car c'est encore l'un des seuls où il existe un semblant de vie nocturne. Toutes les initiatives sont donc bonnes à prendre et ne peuvent que fonctionner. Déjà qu'il est impossible de boire un verre dans un bar passé une heure du matin ». Un autre débat...

Marc-Antoine Vallori


photo : du monde et de la bonne humeur samedi à l'heure de l'apéro pour l'ouverture des festivités du quartier de l'Arsenal interdit à la circulation.

vendredi 7 juin 2002

Le « Collectif 21 » et la politique citoyenne

Article paru dans les Dernières nouvelles d'Alsace le 7 juin 2002

Bodega del Barrio, ex Masque à Jazz, un jeudi vers 21 h... Dans la salle pleine, le ton monte bien haut et on frôle l'insulte... Un ou deux petits excités s'adressent de façon très peu amène à Pierre Freyburger, unique adjoint au maire encore en lice dans la bataille de la tchatche citoyenne, sans même savoir qui il est...



 En ce soir de café-citoyen du 30 mai, les débats suscités par le Collectif 21 sont désordonnés et « musclés », mais lorsque les échanges se civilisent, le contenu y est... Depuis la « nuit fondatrice » du 22 avril, les actions du Collectif dans les bistrots ont trouvé bon écho, du moins auprès du public... Après la grosse mobilisation du 1er mai, où l'on pu voir côte à côte Jean-Marie Bockel, Francis Hillmeyer ou Bernard Stoessel, les « politiques », eux, ne se sont plus guère montré... Du Montaigne à la Bodega en passant par le Rey, où se sont successivement tenus les café-citoyens, l'on a pu néanmoins apercevoir Arlette Grosskost et, toujours Pierre Freyburger... Les plus « petits » par contre sont bien présents : pour débattre de la discrimination à la Bodega, Henri Metzger (Alternatifs), Jean-Pierre Schellinger ou Auguste Baechler (PCF), Vincent Porro.  Le Collectif 21 entre donc dans sa septième semaine d'existence, et, à quelques jours d'un premier tour que l'on souhaite moins bouleversant que celui de la présidentielle, se dévoile...

Historique, bilan et projets

 Sonnés par les résultats du 21 avril, les pères (et mère !) fondateurs de ce qui n'était pas encore le Collectif 21 trouvent asile chez Jean Luc Wertenschlag... Instituteur, journaliste, fonctionnaire, tous obsédés par ce résultat funeste et tiraillés par l'envie de, cette fois, s'y coller.  Le « Collectif du 21 avril » est né, « pour rapprocher les citoyens de ses représentants élus, pour redonner la parole au peuple, pour interpeller et écouter le politique ». Il se fait les dents sur le 1er mai où, à l'issue de la manifestation, la « mobilisation citoyenne » prend ses quartiers rue de l'Arsenal. La pluie contrarie quelque peu la nouba prévue, mais, dans l'antre humide et enfumé du Greffier, de l'Art'Breuvoir ou du Gallion se noue le dialogue avec les élus. Dialogue entretenu donc, chaque jeudi depuis lors, avec intermèdes musicaux également, comme les joyeuses apparitions des « Craintes » ou des « Enchanteurs ». Sur le Net qui chauffe fort, et dont le Collectif a fait son vecteur essentiel de communication (au risque d'en négliger beaucoup d'autres), circulent projets et informations en tous genres... Et tout ça fait des petits : le « canal artistique » est né la semaine dernière, regroupant divers artistes, qui préparent une « action secrète », sorte de happening citoyen pour le 13 juin. Sandrine, instit-rockeuse a organisé une rencontre sur les sans-papiers. Mais surtout, et Gilles Baum, qui s'y colle en porte-parole le martèle : « du concret, du concret ! ».  Ainsi, plusieurs vraies propositions sont arrivées sur le bureau de Jean-Marie Bockel : « piétonnisation de la rue de l'Arsenal, les vendredis et samedis après 19 h, le dimanche toute la journée, pour un période expérimentale, du 21 juin au 21 septembre ».  Très précise aussi, la proposition de faire de feu le cinéma Gaumont un pôle culturel, où salles de cinéma côtoieraient ateliers d'artistes. L'idée n'est pas nouvelle, certes, et le Bel-Air est sur le coup. Mais le Collectif entend bien peser de tout son poids sur cette option. Difficile de mesurer à une aune quelconque l'écho rencontré à ce jour par les initiatives du Collectif 21 : les cafés-citoyens ont drainé du monde, et la cyber-activité est dense sur le « collectif21 altern.org », mais n'est-ce pas là le fait d'une trop petite minorité ?  Pour les accrocs du Collectif, ces deux mois auront été en tous cas ceux de toutes les rencontres et de toutes les prises de bec.

C.S.-C.




Les actions du collectif se multiplient dans les bistrots.(Photo DNA)

vendredi 3 mai 2002

L'Arsenal de l'anti Front

Article paru dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 3 mai 2002


Après l'imposante manifestation du 1er mai (voir les DNA d'hier), les Mulhousiens, à l'appel du Collectif du 21 avril, ont poursuivi leur mobilisation contre le péril de l'extrême droite, en investissant les bistrots de la rue de l'Arsenal, devenus pour un jour, forums d'une démocratie française à réinventer...  Alors qu'hier soir, Yann Tiersen et les Têtes Raides débarquaient, sans prévenir, mais dans le cadre d'une offensive tournée contre Le Pen, du côté du Noumatrouff, c'est encore les cultures alternatives, et donc les plus mal soutenues, mais aussi les plus rebelles, qui invitaient, mercredi, les Mulhousiens à prendre la parole dans les bistrots de la rue de l'Arsenal. Une tentative, plus ou moins réussie, d'interpellation du politique, de l'élu, et donc d'un certain service après-vente, par les électeurs. Et tant Jean-Marie Bockel, député-maire PS de Mulhouse, que ses adjoints ou conseillers municipaux, tant Francis Hillmeyer, député-maire UDF de Pfastatt, qu'Arlette Grosskost, candidate de la Droite républicaine aux législatives à Mulhouse, se sont prêtés à ce difficile exercice.  Difficile, en effet, d'avouer que cette irrésistible montée de l'extrême-droite était le douloureux symptôme d'un certain échec du politique. De cette politique que tous les élus présents revendiquent comme un engagement total pour défendre des idées et faire bouger des choses. Alors, si mercredi, le « Tous pourris », qui fait le lit de l'extrême-droite, n'était pas de mise, on sentait comme une impuissance, un désespoir de ne pas y arriver malgré tout, une angoisse presque existentielle et ce besoin, affiché ce mercredi (mais pour combien de temps ?) d'enfin écouter ce peuple dont on se gargarise... Ces citoyens, un peu déboussolés, fortement mobilisés, étonnés qu'on les entende et qui, par leur présence, manifestaient le désir, l'espoir, que la Politique, le Politique affirment à nouveau des vrais choix... « Faîtes-nous rêver ! »...

D.C.





Les élus à l'écoute des Mulhousiens.(Photo DNA)

mardi 30 avril 2002

La manifestation du 1er mai

Avec le Collectif du 21 avril :  

« A Mulhouse, comme ailleurs en France, le vote de protestation politique a été entendu. Il témoigne de la souffrance de vivre des situations d'isolement et d'injustice. A celles-ci, nous, citoyens, vous proposons de répondre par une journée pour se rencontrer, se parler, être humain et rechercher des solutions humaines à nos maux.  Mercredi 1er mai, retrouvons-nous à partir de 11 h rue de l'Arsenal à Mulhouse, et partageons un repas tiré du sac, rencontrons nos élus municipaux de droite et de gauche, buvons le verre de l'amitié, offrons un atelier dessin aux enfants, écoutons de la musique, écrivons le cahier de nos propositions politiques et de nos doléances.  Au programme : apéro à partir de 11 h, repas de quartier à midi, débat citoyen à 15 h avec des élus de droite et de gauche, terrasses, musiques, animation enfants, cinéma, stands...  Ceux qui souhaitent participer activement à cette journée peuvent nous contacter par téléphone au 0 676 698 311 ou par e-mail collectif21@altern.org ». 

vendredi 26 avril 2002

La vague anti Le Pen


© Dernières Nouvelles d'Alsace, Vendredi 26 Avril 2002

La mobilisation contre l'extrême-droite a pris de l'ampleur, hier, à Mulhouse. En effet, à l'appel des lycéens et des étudiants, réunis désormais au sein d'un comité, ce sont plus de 4000 personnes qui ont manifesté pour dire « Non » à Jean-Marie Le Pen et à ses idées...

Après une première réaction spontanée des lycéens mulhousiens, au lendemain du « séisme » politique du premier tour des présidentielles, avec une manifestation-marathon et complètement improvisée de plus de 800 personnes (un chiffre record à Mulhouse pour une manif contre l'extrême-droite, puisque toutes celles appelées, précédemment, par des syndicats, des associations ou des partis politiques n'avaient réussi qu'à concerner une poignée de militants), c'est une véritable vague antifasciste qui, hier après-midi, a envahi Mulhouse.

Des adultes, aussi

Après quelques réunions, quelques hésitations aussi (comme cet appel à une manifestation fantôme pour mercredi), lycéens et étudiants ont mis sur pieds la concentration d'hier, avec la volonté de ne plus frayer dans le flou, mais de porter résolument le « Non » franc, massif et angoissé de la jeunesse, mulhousienne, mais pas seulement, et, sans doute, de la grande majorité de la population. C'est donc, avec un certain contentement que les organisateurs ont remarqué la présence de nombreux adultes dans les rangs de la manif. Après un rassemblement sur la Place de la Réunion, le cortège, joyeux, coloré, rebelle et très en colère, s'est ébranlé rapidement vers la zone piétonne aux rythmes de cris rageurs contre l'extrême-droite, d'inventifs et percutants slogans contre le leader du FN, et simplement de hurlements intempestifs faisant monter la pression.

Le Collectif du 21 avril

Au détour d'un trottoir, on aperçoit Pierre Freyburger et Chantal Risser, adjoints PS au Maire de Mulhouse. Ils sourient, mais restent sur le trottoir. Car du côté de la Mairie, on est, paradoxalement, sur la ligne Balladur. Soit, éviter le plus possible toutes manifestations dans la rue, au risque de l'incident donnant du grain à moudre à Le Pen. Ainsi, seule la manifestation du 1er mai, que l'on espère « massive », trouve grâce aux yeux de la Mairie. Le rendez-vous festif, artistique et résistant du 1er mai, appelé par le Collectif du 21 avril, n'est ainsi soutenu que du bout des doigts, voire des lèvres. Pourtant, la manifestation d'hier après-midi, qui a réuni près de 4000 personnes (un nouveau record pour la Cité du Bollwerk), sans grand service de sécurité, et cela durant deux bonnes heures, n'a pas connu le moindre incident. Comme si l'enjeu, peut-être, surtout à Mulhouse, était de ceux qui ne souffre d'aucun dérapage. Hier soir, c'est le Noumatrouff qui invitait à sortir les guitares à l'occasion d'une jam session militante tendance Fuck da fascists. No Pasaran, aussi, ce samedi, à 15h, place de la Réunion, soit une manifestation pour barrer la route à l'extrême-droite, à l'initiative des Alternatifs, de la CGT, du PC ou encore des Verts.

Daniel Carrot
(Voir également en pages Région)



La mobilisation contre l'extrême droite s'est encore amplifiée, hier, à Mulhouse.(Photo DNA-Philip Anstett)


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