Article paru dans le Journal L'Alsace le 18
juillet 1997
Depuis le début du festival Bêtes de Scène, les Internautes du monde
entier peuvent assister aux concerts du Nouma par web interposé. Une première
en France.
LA CONCURRENCE entre les concerts et le cyber-café installé sur la petite
scène du Noumatrouff devient serrée. Il faut dire que ce dernier n'en finit
plus d'épater les foules. De quoi s'agit-il ? De proposer à toute personne
équipée d'un modem de voir, en direct ou en différé, les concerts proposés dans
le cadre du festival Bêtes de scène, dans leur intégralité et avec une qualité
de son exceptionnelle. Vous avez manqué le concert d'Alfredo Rodriguez samedi
soir ? Pas de problème, cliquez là et vous y serez. Et ça marche : un
Internaute américain a remercié les concepteurs du sytème pour avoir passé la
soirée - par web interposé - en compagnie d'Asian Dub Foundation.
PETITE MERVEILLE
Cette petite merveille technologique est le fruit du travail acharné de
Gareth, bidouilleur de génie, qui s'est donné pour mission de développer les
potentialités de la toile d'araignée Internet. D'origine anglaise, aujourd'hui
installé à Colmar, Gareth travaille depuis plus d'un an sur les transferts de
données à distance. Johnatan, son comparse, également ressortissant
britannique, est lui ingénieur informaticien à Soultz. Il profite de son temps
libre pour assister Gareth. Vice-président d'Agora Guebwiller, Jonathan était
en contact avec la fédération Hiéro depuis quelque temps.
MODE D'EMPLOI
« J'ai fait la connexion entre les capacités de Gareth et ce qu'avait
envie de mettre en place Jean-Luc Wertenschlag. Il y a six mois, la technique
était en place. Jean-Luc nous a fait confiance et voilà comment nous sommes
arrivés là », raconte Jonathan. Alors, comment ça marche ? Une caméra
filme en couleur le concert, à raison de 5 à 10 images par seconde. L'image et
le son, numérisés, sont alors digitalisés par l'ordinateur. Les données, en
langage binaire (une suite de 0 et de 1) sont alors prêtes à être envoyées sur
Internet.
QUALITÉ DU SON
La transmission passe par le réseau numérique intégré de service (RNIS de
France Télécom), puis arrive sur le serveur, installé à Strasbourg et est
ensuite redistribué sur Internet. Les pages Hiéro (http:// www.fede-hiero.com)
donnent le mode d'emploi pour accéder aux concerts. « Nous avons
privilégié le son à l'image. Sur Alfredo Rodriguez par exemple, l'image change
toutes les 10 secondes. D'ailleurs, contrairement à l'idée reçue, le son est
beaucoup plus difficile à retransmettre que l'image. Avec ce système de
compression du son, la qualité d'audition est très bonne », souligne Gareth.
Avec un casque stéréo, le son est quasiment celui d'un CD. « Vu les
contraintes auxquelles nous étions confrontés, je crois que nous avons fait du
mieux que nous pouvions. Nous avons atteint notre objectif : élargir les
possibilités d'informer les gens de façon pertinente. Proposer des
divertissements de qualité s'inscrit dans cette logique », conclut
Jonathan.
Anne SCHURRER

Au-dessus de la grande scène, Gareth surveille ses machines. « Ce qu'on
réussi à faire ici, c'est d'effacer les distances et c'est magique ». (Photo
« L'ALSACE » - Darek Szuster)